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Sistem-la bizin sanze…

La résistance du ministre du Commerce a fini par expirer ! Ainsi, l’histoire retiendra que le chef du gouvernement a soutenu Sawmynaden jusqu’au bout de l’indéfendable, avant de consentir à le sacrifier au sein de son cabinet.

 

Que ne nous a pas dit Pravind Jugnauth pour rester aux côtés de son colistier dès les premières salves d’attaques qui visaient celui-ci dans l’affaire Kistnen ? Doit-on rappeler que le Premier ministre avait déclaré avoir fait sa propre enquête, qu’il accordait sa «confiance» à son ministre, victime de «cabale», pendant que celui-ci assistait, sans décence, à des activités comme si de rien n’était ! Ce, sans jamais daigner répondre aux questions d’emploi fictif dont l’accusait Simla Kistnen depuis plusieurs semaines.

 

Malgré l’incompréhensible soutien indéfectible envers son ministre, Pravind Jugnauth a fini (tardivement) par trancher la tête ministérielle de Sawmynaden pour mieux préserver la sienne. À un moment où le parti Soleil vient de faire les frais d’un tremblement du Sun Trust avec la démission fracassante de Nando Bodha qui explique son départ par «une culture du pouvoir et le fonctionnement d’un MSM ne correspondant plus» à ses «valeurs et principes» ; dans une semaine où l’on a découvert, grâce à une enquête judiciaire, à quel point le copinage politique pouvait fructifier des contrats juteux par centaines de millions de roupies sur le dos des contribuables, le Premier ministre a réalisé que le lâchage de Sawmynaden lui permettrait de limiter le feu qui se propage progressivement dans la maison MSM. Voulait-il préserver son amitié ou l’amour-propre de Sawmynaden en lui épargnant une révocation, laissant à ce dernier la liberté de maquiller son départ en un congé politique pour éviter de dire publiquement qu’il démissionnait de son portefeuille au Commerce ?

 

Le timing du départ de Sawmynaden, qui aura bu la coupe du pouvoir jusqu’à ce qu’on la lui arrache, a aussi pour mission de calmer les ardeurs d’une opposition pour qui l’affaire Kistnen est une bombe à retardement pouvant cristalliser la colère d’une population autour d’une plateforme voulant incarner l’alternative.

 

La première initiative de la marche plutôt réussie du samedi 13 février 2021, même si elle a provoqué diverses polémiques, étant une initiative politique de la part de leaders traditionnels qui, de leur temps, ne furent pas des exemples de bonne gouvernance, revêt un caractère particulier. Car elle augure une nouvelle façon de faire, avec un partenariat politiciens-citoyens. Une manière de faire non négligeable qui mérite d’être soulignée, d’autant qu’elle a forcé les leaders à cosigner un document avec des représentants de la société civile. Ce qui n’est pas anodin, quand l’on sait que cet accord a aussi contraint tous les chefs de parti au silence, privilégiant seulement deux interlocuteurs : Boolell et Laurette.

 

C’est dire que, pour la première fois, des représentants des mouvements citoyens se sont attablés avec des politiciens et ont regardé au-delà de leurs désaccords pour mêler ensemble leurs voix dans un seul but avoué : faire partir le gouvernement Jugnauth ! 

 

Si les partis d’opposition ont réalisé qu’ils ont besoin de cheminer ensemble «main dans la main» (dixit Boolell) avec le peuple, en revanche, ceux qui étaient dans la rue ou ceux qui ont refusé de marcher aux côtés des politiciens continuent à faire entendre le discernement : le ras-le-bol n’est pas seulement envers le gouvernement mais contre toute une classe politique dont l’opposition fait aussi partie.

 

Car les citoyens ne sont pas naïfs : ce n’est pas parce que Jugnauth est impopulaire que Ramgoolam et ses pairs deviennent subitement crédibles ! Le message véhiculé dans les différentes marches est connu de tous : c’est le rejet de tout le système de gouvernance connu jusqu’ici, indépendamment des partis politiques. C’est ce non-là, ce changement-là, qu’il faut écouter ! Et c’est le brillant Blakkayo qui nous le rappelle dans sa remarquable chanson Kontrole, l’un des titres de Soz Serye, son excellent dernier album : «Sistem-la bizin sanze… Ankor komie tan nou pou pietine…»