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La place l’emporte sur la vision !

Le coup politique réalisé par le MSM avec l’augmentation de la pension de vieillesse et celle des veuves, des invalides et des orphelins oblige les partis de l’opposition à accélérer le mouvement sur l’échiquier politique ! Surpris par ce cadeau inattendu que Jugnauth offre en tentant de séduire une tranche non négligeable de la population (quelque 250 000 personnes), le trio Ramgoolam-Bérenger-Duval n’a pu, du coup, s’en prendre à cette mesure populaire du gouvernement !

 

Duval partagera même le sentiment d’une opposition «extrememan ere ki bann dimounn ki finn kontribie pou le progre du pei (...) zot pe gagne enn ti kas». Avant de s’en prendre à «l’illusion monétaire» érigée par le gouvernement, que dénonce également son partenaire Ramgoolam !

 

Si le leader des Rouges s’est montré critique devant la dévaluation de la roupie, le taux élevé d’inflation, tout en affirmant qu’il faudrait rétablir le pouvoir d’achat et gérer «lekonomi kouma bizin», Ramgoolam, comme à son habitude, ne nous dit toujours pas comment lui et ses camarades comptent faire pour redorer le blason de cette économie largement critiquée !

 

Quelle est la vision de l’équipe alternative qui se prépare déjà pour l’appel aux urnes, alors que le trio Ramgoolam-Bérenger-Duval croit savoir que «eleksion kapav vinn pli vit ki prevu…» ? Quelles sont leurs grandes idées et les changements qui permettront une transformation du pays sur plusieurs plans ? Quelle position l’opposition adoptera sur Agaléga ? Quelle garantie concrète avons-nous sur une nouvelle politique qui mettra fin au copinage – qui a aussi eu ses jours de gloire sous le primeministership de Ramgoolam – pour privilégier la compétence et la méritocratie ? À l’heure où le secteur éducatif subit d’énormes critiques (des manuels scolaires sont toujours manquants à la veille de la fin du premier trimestre), que compte proposer l’alliance de l’opposition pour redonner confiance et sérénité à ce milieu ?

 

Pour l’heure, il semblerait que c’est la place des uns et des autres qui l’emporte sur les interrogations essentielles ! Depuis qu’une première option d’un partage des tickets (PTr 35 - MMM 17 - PMSD 8) est sur la place publique, les spéculations vont bon train concernant les postes hiérarchiques, les compromis obligatoires (qui finiront par éventuellement briser des dynamiques) ainsi que sur le choix délicat des éventuels candidats qui jouent déjà des coudes pour trouver grâce aux yeux de leurs leaders respectifs.

 

Alors qu’on attendra longtemps pour trouver des visions neuves de notre pays venant de l’opposition traditionnelle, en revanche, l’initiative louable vient de la plateforme Resistans ek Alternativ, qui appelle à une réflexion collective au travers d’une conférence constitutionnelle le samedi 30 mars prochain. Cette rencontre, qui réunira plusieurs représentants des partis parlementaires et extra-parlementaires de l’opposition, appelle à des propositions sur des points majeurs pour des amendements à notre Constitution. Une première étape encourageante à l’heure où un gouvernement autocratique abuse de ses pouvoirs pour mieux torpiller notre démocratie, à l’exemple de la surréaliste crise DPP-police qui se joue en plusieurs épisodes actuellement !

 

S’il y a une urgence à engager une profonde réflexion sur notre Constitution, c’est aussi parce que l’une des principales institutions du pays qu’est le Parlement a perdu depuis longtemps sa signification de temple de la démocratie ! Alors que rouvrent ses portes ce mardi, après trois longs mois de congés, alors que nous humons déjà le parfum des législatives dans l’air, nous pouvons deviner les rôles qui s'y joueront, particulièrement celui du Speaker ! Quand on connaît la finesse du personnage, sa posture partisane, sa tendance à expulser de l’hémicycle toute voix discordante qui ose réclamer des comptes au Premier ministre, on peut d’ores et déjà deviner à quoi ressembleront les séances futures… La reprise parlementaire ? Business as usual !