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Edito

Derrière l’illusion du tout va bien…

Ne pas créer de psychose, ne pas dramatiser la situation, ne pas arrêter de dire que la majorité des cas de Covid-19 reste asymptomatique, tout en louant les bienfaits des vaccins… Tel est l’objectif du gouvernement dont le message ne change pas : qu’il faut continuer à vivre avec le virus, «que l’économie doit fonctionner (…)», que les «frontières vont s’ouvrir complètement» pour faciliter la réapparition des «revenus et devises», comme l’a encore martelé le Premier ministre vendredi dernier lors de la fête Ganesh Chaturthi. Personne ne conteste le fait qu’il faut impérativement trouver l’équilibre entre la nécessaire relance des affaires et l’importance de la santé publique.

 

Sauf qu’avec une explosion de porteurs du virus – qui place Maurice en première position du taux de croissance des cas de Covid-19 en Afrique – et surtout en enregistrant des décès de manière presque quotidienne actuellement, l’inquiétude gagne les Mauriciens tandis que le gouvernement donne l’illusion que tout va bien. Ce, à travers une communication réduisant nos malades et nos morts à des statistiques qui les déshumanisent. 

 

Et la question qui est sur toutes les lèvres demeure, elle, sans réponse claire : est-ce que ceux décédés ont eu les soins médicaux attendus ? Aussi, avons-nous suffisamment de respirateurs – non défaillants, pas comme ceux achetés et inutilisables l’an dernier sur le dos des contribuables via le copinage politique – pour répondre à l’appel de nos malades ? Est-ce que la croissance de nos chiffres morbides illustre des difficultés dans la prise en charge de nos patients ? C’est le Dr Satish Boolell qui (dans les colonnes de Week-End) affirme qu’au «nom de la transparence, le ministère devrait autoriser un groupe de personnes indépendantes à visiter l’hôpital ENT afin de rassurer les Mauriciens sur la qualité et la quantité de matériel disponible pour soigner, selon les normes internationales, les malades de la Covid. La situation est trop grave pour se fier aux chiffres du ministère de la Santé».

 

Ces paroles venant d’un membre du parti MMM aurait pu ne pas avoir de résonance si le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, n’avait pas fait part d’une expérience personnelle choquante, après avoir tenté de trouver une place avec un respirateur pour un de ses amis proches, cardiaque et atteint de Covid. «Nous avons cherché à Jeetoo, à l’hôpital Victoria, ils ont pris contact avec l’hôpital de Rose-Belle. Toujours la même réponse, il n’y avait pas de place disponible.» Au leader du PMSD d’affirmer que «si on continue à avoir des cas, ce qui semble inévitable, on pourrait arriver à une situation où le système hospitalier aura à choisir qui garder en vie, qui sauver. Ce qui est la chose la plus horrible qui puisse être».

 

Serait-ce pour ces raisons que Navin Ramgoolam, malade de Covid, a décidé de se rendre en Inde après avoir affrété un avion-ambulance ? Même si le leader des Rouges a tout à fait le droit de choisir l’endroit où il veut se faire soigner, même si à l’heure actuelle, il est primordial que l’ex-chef du gouvernement se rétablisse et qu’il obtienne les égards nécessaires attachés à la fonction d’une personnalité qui a dirigé  son pays, il n’empêche que sa décision de rechercher des soins hors de Maurice ne devrait pas nous priver de certains questionnements légitimes. Est-ce que nos services de santé ne sont pas à la hauteur de manière générale pour chaque citoyen ou ne répondent-ils pas aux normes d’une catégorie de personnes ? Ce départ de l'ancien Premier ministre pour la grande Péninsule ne s’apparente-t-il pas à une forme d’hypocrisie de nos politiques qui, souvent, défendent un système qui est bon pour le petit peuple et non pour eux ?

 

La coïncidence veut que, dans la même semaine où un politicien a eu la chance de pouvoir affréter un avion en direction de l’un des meilleurs centres hospitaliers de l’Inde, une petite fille de 15 mois (Keira Esther) est morte à l’hôpital Jeetoo, laissant derrière elle des êtres déchirés par le chagrin mais entraînant aussi une série de questions auxquelles les autorités doivent répondre. Quand l’on sait que les tests du bébé (admis pour vomissements) s’étant révélés négatifs à la Covid, sa mère, qui avait contracté le virus, avait expressément demandé que sa fille soit placée dans une salle autre (sous la garde d’une proche) que celle où il y avait des patients de la Covid-19 pour la préserver du virus, en vain ; quand l’on sait que deux certificats de décès furent émis pour cette enfant après de révoltantes tribulations, l’on est en droit de se demander si seuls les nantis ont le privilège d’obtenir les soins ici, voire ailleurs, pendant que d’autres ont juste leurs larmes pour pleurer leurs morts…

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