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Edito

Le moins qu’on puisse faire pour honorer la triste mémoire d’Ayaan...

Au-delà de l’immense chagrin collectif suscité par la mort du petit Ayaan, au-delà de nos coeurs broyés, de nos larmes, au-delà de l’indignation justifiée de tout un pays secoué par tant d’atrocités commises sur un tout petit être vulnérable, sans défense, dont la courte vie n’aura été qu’une tragédie… Que nous dit cette inqualifiable histoire, si ce n’est qu’elle nous renvoie à nos dysfonctionnements ?

 

Et parce que tous nos profonds regrets ne ramèneront aucun souffle de vie au petit corps meurtri désormais enterré, le moins qu’on puisse faire pour honorer la triste mémoire d’Ayaan est de regarder nos failles en face, d’en saisir les signaux, de faire notre mea-culpa et de tenter solidairement de protéger tous les autres petits des mains agressives de leurs parents tortionnaires.

 

D’abord, comment être plus attentif dans l’environnement immédiat ? Il aura fallu qu’il rende l’âme pour que des photos d’Ayaan vivant circulent, le montrant avec des traces de coups. L’auteur des photos – qui a eu un sursaut à la mort du petit, ce qui a certainement contribué à ce que la cruelle vérité soit révélée sans que l’enfant ne subisse une nouvelle injustice : celle de mourir dans l’anonymat – n’a donc pas réalisé que ces marques-là traduisaient des actes de violence ?

 

Est-ce que les cris et les pleurs d’un enfant de 2 ans – qui n’a pas d’autre moyen de s’exprimer – n’a pas attiré l’attention, hormis celle de ses parents bourreaux ? Est-ce que des brutalités faites aux enfants finissent par devenir ordinaires, au point de ne provoquer aucune réaction ni dénonciation auprès des autorités concernées ? 

 

Ce manque de vigilance et ce silence inacceptable ont contribué au douloureux sort d’Ayaan, enfant martyr, battu à mort, qu’on n’a pas su protéger et dont les droits n’ont pas été respectés. N’est-ce pas là une faute partagée par des adultes de son entourage qui n’ont ni vu ses ecchymoses, ni entendu sa grande détresse ? 

 

Comment ensuite comprendre la réaction d’un policier censé faire respecter la loi et qui, étant posté dans un hôpital, sait mieux que quiconque qu’il y a une procédure à respecter, d’autant qu’il s’agissait-là de la mort d’un petit de 2 ans ? On veut bien croire qu’il n’a pu rester insensible face aux larmes de la mère comme il le dit, mais que fait-il du respect de la loi et ne se pose-t-il pas de questions quand, à l’hôpital, on affirme qu’il faut pratiquer une autopsie ? Ne sait-il pas qu’une mort est suspecte quand on suggère un examen post-mortem ?

 

Finalement, que dire du médecin qui, sans même examiner le corps du petit, conclut à une mort naturelle ? Qu’on le sache, il ne s’agit pas ici d’une personne âgée décédée de vieillesse dans son lit et pour qui on demande un certificat de décès mais d’un enfant de 2 ans ! Est-ce à dire que la doctoresse ne s’est pas demandé pourquoi les parents la sollicitent au lieu d’aller à l’hôpital ? Serait-ce une pratique courante de délivrer des certificats de décès de cette manière ? Y a-t-il eu maldonne dans d’autres cas avec la complicité de certains médecins véreux ? Ne devrait-on pas revoir cette règle-là ?

 

Toutes ces défaillances, toutes ces interrogations légitimes, ne devraient pas cacher les maux profonds de notre société que cette tragédie traîne dans son sillage : l’impréparation à devenir parents, le manque d’accompagnement aux mamans vulnérables, le cercle vicieux de la drogue, les difficultés provoquées par le manque d’indépendance économique des femmes sans emploi, l’accès à un logement décent pour des mamans éprouvées. Bien évidemment, toutes ces circonstances n’atténuent en rien la cruauté commise sur le petit Aayan, de qui il ne reste désormais que des sourires figés à jamais sur des photos et quelques vidéos de ses derniers moments de vie.

 

Est-ce que le très attendu Children’s Bill aidera à protéger ces enfants menacés à l’intérieur même de leur cellule familiale ? En avril, c’est la petite Farida, 9 ans – dont le parcours était connu de la CDU – qui n’en pouvait plus de subir des coups. Elle a été battue à mort en plein confinement. Sept mois plus tard, l’histoire d’Ayaan est venue bouleverser notre quotidien. Parallèlement, plusieurs enfants ont dénoncé leur proche au courant de la semaine. Qui sera la prochaine victime dont nous n’entendrons pas les cris, ni ne verrons les marques de coups ?

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