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Edito

Et cinq ans plus tard, rien n’a changé…

Cette autre île Maurice-là existe. Ne détournons pas les yeux, regardons-la en face et bousculons nos consciences. Une agression sexuelle d’une petite fille de 3 ans, qui révèle une autre sordide histoire : des attouchements sur sa grande sœur de 9 ans, des aveux de l’agresseur de celle-ci et, depuis le vendredi 3 juillet, l’arrestation de la maman des fillettes. Un drame qui raconte aussi l’histoire de plusieurs familles vivant dans une précarité insoutenable à Résidence Anoska, aussi connue comme Cité Anoska. Qui ne se souvient pas de l’indignation collective après le viol et le meurtre impunis de la petite Eleana Gentil en 2015 ? Beaucoup d’entre nous étaient alors choqués devant les scènes quotidiennes de cette région engluée dans la misère et témoignant concrètement de l’envers de l’île carte postale.

 

Voici ce qu’on écrivait dans ces mêmes colonnes quelques jours après la révoltante agression mortelle de la petite Éléana : «De Cité Anoska, notre équipe, qui y a passé des journées entières cette semaine, témoigne du même récit : le cercle vicieux de la pauvreté, des familles nombreuses, une promiscuité dérangeante à l’intérieur des cases en tôle, des enfants vulnérables laissés à leur propre sort, quelques adolescents qui semblent être sous l’effet de substances nocives, des grossesses précoces… C’est dire que le coup de projecteur est urgent sur cette cité. Le travail doit commencer maintenant et Cité Anoska n’est qu’une parmi tant d’autres poches de pauvreté qui méritent un encadrement social.» Bien évidemment, la conclusion serait hâtive que d’associer la pauvreté aux agressions sexuelles. Et l’actualité de cette semaine témoigne d’ailleurs de nombreux cas de violeurs d’enfants indépendamment des régions.

 

Mais ceux qui fréquentent Cité Anoska peuvent témoigner de cette cohabitation malsaine ici et là, dans laquelle ne devraient pas vivre des enfants vulnérables. Ces situations-là, malheureusement, contribuent à mettre nos petits en danger. Dans une société où le machisme est présent, dans des communautés où certains hommes estiment que femmes et enfants sont des êtres inférieurs qui leur doivent soumission, dans ces bicoques où l’on vit l’un sur l’autre à plusieurs, des sadiques n’hésitent pas à blesser les âmes et les corps de nos jeunes êtres sans défense. C’est une aînée de cette localité qui, dans notre reportage en page 10, met en exergue cette promiscuité indécente : «Bann lakaz-la enn lor lot isi. Papa, mama, frer, ser belfi, zann, bofrer, belser, zot tou res ansam.»

 

En 2015, ce sont ces mêmes scènes de misère qui étaient pourtant dénoncées. Que s’est-il passé, alors qu’on avait annoncé tout un plan pour combattre ces maux ? La réponse vient de l’ancienne députée de cette circonscription, Malini Seewocksing : «Le plan Marshall n’a jamais abouti. Il est resté dans un tiroir par manque de volonté politique de venir en aide aux habitants de ce quartier. J’avais également demandé un abribus pour eux car il pleut très souvent là-bas. Le matin, les enfants doivent prendre le bus pour aller à l’école Sainte-Thérèse RCA, à Forest-Side, ou celle du gouvernement, à Midlands. Ce projet ne s’est jamais concrétisé. »

 

Dans les colonnes de l’express, il y a quelques jours, c’est la travailleuse sociale Anooradah Poorun, présidente de l’Association pour l’éducation des enfants défavorisés, qui se rend à Cité Anoska chaque semaine, qui faisait part du manque d’encadrement des habitants. «Quelque 300 familles vivent ici dans la pauvreté absolue et plusieurs fléaux sociaux y sont condensés. Cité Anoska se trouve dans une circonscription avec quatre députés, y compris ceux de l’opposition. Pendant la campagne, ils sont omniprésents. Après, l’endroit est laissé pour compte. Ce n’est pas quelques causeries qui aideront ces familles. Il est temps de traiter le problème dans le fond.» 

 

Cinq ans plus tard, la vérité est que rien n’a changé à Cité Anoska, si ce n’est qu’elle s’enfonce davantage dans le dénuement. À l’heure où l’on se retrouve pour la première fois sur la liste des pays à revenus élevés, Anoska ainsi que les autres poches de pauvreté continuent de subir une absence cruelle d’accompagnement et de soutien, malgré les grands discours, dont celui de la ministre de l’Égalité du genre qui est montée au créneau, le samedi 4 juillet, pour annoncer un plan d’action pour ceux vivant dans la précarité.

 

Entre-temps, cette question lancinante demeure : pour deux cas d’agression découverts un peu par hasard, combien de nos enfants, à Anoska ou ailleurs, souffrent, à l’abri des regards, dans leur chair et dans leur cœur ? Ne détournons pas les yeux, regardons cette île Maurice-là en face et bousculons nos consciences… 

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