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Edito

Ces (gros) bras tendus à Sawmynaden !

Sommes-nous dans une République de voyous ? Si les tireurs d’élite avaient déserté les rues de Port-Louis mardi dernier, c’était pour mieux laisser la place à des bandits, venus apporter leur soutien à Sawmynaden tout en tentant le jeu de l’intimidation, s’en prenant à la presse et menaçant particulièrement une journaliste du Defi Media Group qui leur a tenu tête en continuant de faire son live sur les réseaux sociaux. Jusqu’où ira cette clique proche du pouvoir qui pense que tout leur est permis ? Jusqu’où ira la tolérance des citoyens qui, en sus, doivent assister à ces provocations, sans compter certaines postures inadmissibles de la part de certains (prétendus) honorables ?

 

Comment qualifier la réplique du député Nuckcheddy – celui-là même qui avait traité les sympathisants de la veuve Kistnen d’ingrats et d’insignifiants – qui, interrogé sur la journaliste malmenée par des gros bras, répondit ainsi :«La nou pe konsentre lor main course. Pa koz starter» ? Ainsi est la réponse ridicule, voire indigne, d’un élu de la majorité qui, à chaque fois qu’il ouvre la bouche, nous en apprend un peu plus sur la mentalité de ceux censés représenter le peuple à l’Assemblée nationale.

 

Mais personne n’est dupe. Toutes ces agitations récentes – allant de la conférence de presse des élus du no 9 (pour commenter le retrait de la pétition de Baichoo) à la pénible interview d’un SAJ venu désespérément à la rescousse de son fils, en passant par la sortie du fils lui-même contre la presse qu’il ne «menace» pas, dit-il, mais à qui il promet de «pran zot enn kont» – s’apparentent à un exercice de communication du MSM qui sait que le boulet Sawmynaden creuse progressivement le trou d’impopularité du gouvernement.

 

Mais pour des raisons que beaucoup ignorent, le Premier ministre ne fléchit pas sur le soutien apporté à son ministre du Commerce qui, pour l’heure, ne connaît pas le même sort qu’un Yerrigadoo ou un Collendavelloo. C’est ainsi que le remarquable appui du chef contraint le Cabinet orange à une indécente solidarité envers leur camarade au centre, actuellement, de quatre enquêtes simultanées.

 

Exemple : la tentative du ministre Teeluck, sur les ondes de Radio Plus vendredi dernier, de prendre la défense de son collègue Sawmynaden, en expliquant qu’un ministre ne peut démissionner sur la base de spéculations et qu’il faudrait «atann gete», tout en laissant «letan fer so travay».

 

C’est dans la même journée de vendredi que l’on a aussi assisté à deux autres formes de soutien – et pas des moindres, ceux des Jugnauth – envers l’élu de la circonscription no 8. À Providence, lors de l’inauguration d’un gymnase, le Premier ministre s’en est pris à la presse et à ses adversaires sur un ton hostile, en critiquant ce qui est qualifié comme étant les «Kistnen Papers», sans qu’il dise toutefois si les dépenses électorales mentionnées dans ces fameux documents sont vraies ou fausses.

 

Question pertinente qui a provoqué une démarche salutaire du groupe Rezistans ek Alternativ, réclamant une enquête auprès de la Commission électorale – l’affaire a été référée à la police – pour rechercher des éclaircissements sur des montants utilisés dans la circonscription de Moka lors des dernières élections. La tactique du Premier ministre est claire : attaquer ceux qui lui réclament des comptes, tenter de faire peur en brandissant la voie judiciaire (pendant que les admirateurs de Sawmynaden terrorisent les journalistes devant une cour de justice) et riposter en choisissant son moment.

 

À Providence toujours, le voilà qui lâche une phrase, faisant écho à une actualité des plus bouillonnantes en guise de stratégie : «Nou pe konstrir nou, nou batiser, nou pa la pou touy dimounn nou.» Ce, en présence de son camarade Sawmynaden (dont le discours a été censuré par la MBC vendredi soir !) qui, quelques minutes plus tôt, dénonçait une catégorie de personnes qui «met baton dan larou (…) mont enn konplo…», sans juger utile de répondre à la seule question qui intéresse l’opinion publique : pourquoi est-ce que Simla Kistnen affirme qu’elle est considérée comme sa Constituency Clerk alors qu’elle dit n’avoir jamais obtenu cet emploi ?

 

Mais le ministre Sawmynaden peut dormir tranquille. Du moins en ce moment. Non seulement peut-il compter sur différents bras pour le soutenir mais aussi, cette fois, sur un SAJ visiblement affaibli, les yeux fixés sur des notes déjà écrites, venu lui donner son appui en nous faisant un petit discours sur la présomption d’innocence. La manifestation de SAJ dans le débat public avait aussi cet autre objectif : «Pravind enn bon leader», «Bizin dir li enn gran mersi» !