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Edito

François, porte-parole des Mauriciens !

Les réactions positives, le feel-good factor et les émotions provoqués par les différents discours du pape François chez nous, ont donné à sa visite, qui dépasse le cadre religieux, une espérance pour réclamer des engagements d’avenir. Car François, comme prévu, n’est pas venu parler uniquement aux catholiques de Maurice, mais à tout un peuple qui a comme un urgent besoin d’être écouté et de se faire entendre. Sa tournée qui a une forte valeur dans notre pays pétri de religiosité, ne pouvait mieux tomber. Car à quelques mois des élections, le pape vient livrer plusieurs messages, un peu comme le porte-parole de toute une population, lasse de ne pas être prise en compte par des politiques qui, le temps d’une campagne électorale, nous promettent tout et son contraire.

 

Au-delà de la leçon d’humilité qu’il donne en prenant place à côté du chauffeur dans une Renault dont la simplicité tranche avec ces grosses cylindrées luxueuses aux vitres montées – qui traduisent une distance d’avec le citoyen lambda –, François se distingue en parlant le langage du peuple. Ce, à travers des discours qui ressemblent à des échos aux préoccupations des citoyens, que ce soit sur le plan politique, économique ou social. Peut-on ne pas tendre l’oreille quand il donne à la jeunesse mauricienne toute sa place ? «Qu’il est dur de constater que, malgré la croissance économique que votre pays a connue ces dernières décennies, ce sont les jeunes qui souffrent le plus, ce sont eux qui ressentent le plus le chômage qui cause non seulement un avenir incertain mais qui leur enlève aussi la possibilité de se sentir acteurs privilégiés de leur histoire commune.»

 

Peut-on mieux résumer le ressenti de la nouvelle génération qui, diplôme en main ou après le cycle secondaire, n’arrivent toujours pas à trouver un emploi décent ? Comment ne pas voir la justesse d’autres propos de notre remarquable visiteur quand il affirme que «la croissance économique ne profite pas toujours à tout le monde», avant de nous encourager à «élaborer une politique économique axée sur les citoyens et privilégiant une meilleure répartition des revenus, la création d’emplois et la promotion intégrale des plus démunis» ? Un constat qui nous renvoie directement à tous les gouvernements confondus qui promettent dans l’opposition une démocratisation de l’économie, alors qu’une fois au pouvoir, leur mission est de faire profiter uniquement au clan familial et aux copains l’intégralité des parts du gâteau national.

 

Et c’est ainsi qu’en cette année électorale, si nos politiciens avaient un tant soit peu de décence, ils comprendraient le signal que le pape François leur a envoyé de manière directe au Réduit : «Par votre comportement et par votre volonté de combattre toutes les formes de corruption, puissiez-vous manifester la valeur de l’engagement au service du bien commun et être toujours dignes de la confiance de vos concitoyens.» Le peuple ne pouvait rêver de meilleur porte-parole ! 

 

Il y a urgence, sauvons les autres…

 

- Comment s’appellera la prochaine victime ? Quatre femmes sont mortes en l’espace de quelques semaines, sous les coups de leur conjoint. Tiannecela, Stephanie, Shabneez et Joyce ont vécu une indicible souffrance, avant de voir venir une mort atroce, provoquée par l’homme qui partageait leur vie. Qu’attend-on pour faire de la lutte contre les violences conjugales une cause nationale ? Il y a urgence ! Arrêtons ce massacre, combattons ensemble ce fléau. Si plusieurs questions sont liées à cette problématique, dans l’immédiat, nous avons le devoir d’interpeller toutes ces institutions censées protéger les victimes afin  d’épargner d’autres meurtres.

 

Ne faut-il pas former impérativement l’ensemble des policiers quand l’on sait que des hommes en uniforme n’ont pas su appréhender le danger auquel faisaient face au moins deux des quatre victimes décédées ? La semaine dernière, ce sont les proches de Stephanie qui dénonçaient avec raison les conseils des policiers qui avaient demandé à la victime de rentrer chez elle et de régler ses problèmes de couple. Il y a quelques jours, ce sont les enfants de Shabneez qui ont témoigné du cruel accueil reçu au poste de police où ils s’étaient rendus pour trouver secours. L’indifférente réaction de ces hommes en uniforme, face à des enfants traumatisés et démunis, témoigne de la banalité avec laquelle on traite une situation de violence domestique.

 

Pendant que Shabneez luttait vainement de toutes ses forces pour garder son dernier souffle de vie, les policiers faisaient tranquillement la causette, restant sourds au SOS de deux fils qui pleureront leur mère à jamais. Que la police soit consciente de ses responsabilités ! Que la ministre de la Femme arrête de se ridiculiser avec ses discours stéréotypés car, quand elle demande aux victimes de «vinn de lavan denonse», on pourrait lui répondre que deux mères de famille ou leurs proches sont en effet venus de l’avant et qu’elles sont mortes pour n’avoir pas trouvé de l’aide auprès de la police !

 

Peut-on sauver la prochaine victime ?  

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