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Edito

Pravind se fait une place au soleil !

Une victoire personnelle. Un prénom acquis. Un défi relevé et un Premier ministre qui obtient les clés de la Clarisse House en toute légitimité après le verdict des urnes. Adieu l’imposte, bonjour la grande porte. Pravind Jugnauth quitte ainsi l’ombre de son père pour prendre pleinement le soleil. Ceux qui ont voté contre l’Alliance Morisien auront beau dire que le MSM gouverne alors qu’il ne gagne que par 37,68 %, d’autres, noyés sous l’émotion, s’en prennent à l’électorat qui, selon eux, aurait mal voté, d’autres encore continueront à faire une lecture des résultats en regardant à travers la loupe sociologique du pays, après l’analyse des votes entre régions rurales et urbaines. Puis, il y a les quelque 6 800 personnes qui n’ont pu se rendre aux urnes et nombre d’entre eux se demandent si leurs votes auraient fait une différence dans certaines circonscriptions.

 

Mais au-delà de ces sentiments multiples qu’une élection peut provoquer, au-delà de toutes ces opinions, qu’elles soient raisonnées ou irrationnelles, au-delà des attentes des uns qui voyaient Ramgoolam faire son come-back ou, d’autres qui rêvaient à l’accession de Bérenger au poste suprême, le fait demeure que Pravind Jugnauth a gagné, que son succès est incontestable et qu’il devient aujourd’hui Premier ministre par la force d’une stratégie se révélant payante et qui n’a pas commencé un mois avant la campagne électorale.

 

 

Car les grandes manœuvres du leader du MSM ont débuté au moment même où son père lui a fait cadeau du passage de flambeau au fauteuil de Premier ministre. Tout a commencé avec la fabrication d’une image dont le but était de projeter la vision d’un homme de proximité, bon père de famille, travailleur qui mène une vie saine, comme pour bien faire la différence avec son opposant Navin Ramgoolam, vilipendé à chaque occasion donnée pour ses frasques personnelles. Une tactique utilisée pour que, malgré les scandales qui ont émaillé son gouvernement, l’électorat retienne la personnalité de Pravind Jugnauth contre celle du leader du PTr.

 

Aujourd’hui, si force est de constater que Ramgoolam demeure la plus grande faiblesse de son parti, devenant le seul leader d’un bloc traditionnel qui n’arrive même pas à se faire élire et ce, lors de deux législatives successives, le MSM, lui, peut s’enorgueillir de la force de Pravind Jugnauth qui a porté sa stratégie gagnante sur ses épaules. En se servant de tous les leviers disponibles. C’est ainsi que détenant le pouvoir de l’agenda politique, le chef du gouvernement n’a pas hésité à placer ses pions, sachant pouvoir compter sur le soutien d’une MBC complaisante ne ratant aucune occasion de le montrer sous tous les angles : de l’organisation des Jeux des îles au lancement du Metro Express, en passant par la visite bienvenue du pape dont le timing ne pouvait le desservir !

 

La suite aussi a été sciemment calculée : l’annonce de la dissolution du Parlement un dimanche pour provoquer un effet surprise, la courte campagne – dont le but fut de priver ses adversaires du temps de réaction –, la décision de se débarrasser de ces députés et ministres traînant des casseroles qui ne se retrouvent pas sur la liste des candidats sans que la colère de ceux-là n’affecte la campagne électorale du chef du MSM. Ajoutons aussi le choix des nouveaux venus, tels ces néophytes à la bonne réputation qui, quelques jours avant le Nomination Day, ne savaient même pas qu’ils avaient la fibre politique. Doit-on rappeler cette démission collective de militants de longue date, à l’exemple d’Ahmad Jeewah et Prakash Meenowa, l’accord avec ces anciens MMM, dont le terme transfuge leur colle à la peau comme un sparadrap, sans que cela – à l’exception de Françoise Labelle – ne les ait privés de leur élection. Ganoo, Obeegadoo – qui prennent place désormais aux côtés du Premier ministre – et Ramano sont venus conforter des sièges à un MSM n’ayant pas d’assises dans les circonscriptions où ces candidats ont leur poids. 

 

C’est dire que tout a été bien étudié avec une stratégie réfléchie, un plan organisé pour s’assurer le maximum d’élus, et ce, sans contracter une alliance avec le MMM, éliminant ainsi le risque du même sort que les travaillistes en 2014.

 

Aujourd’hui, quoiqu’on en dise, que Pravind Jugnauth ait utilisé outrancièrement tous les arguments inimaginables, qu’il ait annoncé une pension de vieillesse à Rs 9 000 aux aînés, entre autres promesses (ses adversaires n’ont pas fait le contraire), qu’il ait eu besoin du soutien de sir Anerood et de Lady Jugnauth, comme pour venir à sa rescousse pendant les derniers jours de campagne, le but est atteint. Car l’objectif était de vaincre ses adversaires et surtout de se mesurer à son challenger Ramgoolam.

 

La lourde chute du lion qui, du coup, ne rugit plus, donne une dimension d’exploit personnel à la victoire de Pravind Jugnauth !

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