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Quand la classification ethnique remporte les elections

Regardons les choses en face. L’obligation de dévoiler son ethnicité et le rejet des candidatures des membres de Rezistans ek Alternativ et des citoyens qui n’ont pu s’inscrire comme mauriciens, les obligeant du coup à un recours aux pétitions électorales en Cour suprême, ne font que démontrer la volonté politique de maintenir le système de classification ethnique à Maurice.

 

La lecture est simple : le Premier ministre sortant n’a tout simplement pas voulu que les candidats s’inscrivent comme étant des Mauriciens. Une démarche antidémocratique de Pravind Jugnauth qui condamne notre pays à un retour vers le passé. L’histoire le retiendra car ce faisant, le leader du MSM efface d’un coup toute la lutte entreprise depuis 2005 par Rezistans ek Alternativ avec tous les épisodes que l’on connaît : jugement de Balancy, recours au Privy Council et ruling (soulageant) de l’ONU en 2012. Qui débouche alors sur le mini-amendement de 2014, permettant ainsi aux candidats des dernières législatives de ne pas se classifier ethniquement.

 

Faut-il faire ressortir que Pravind Jugnauth, alors dans l’opposition, avait pris la décision – geste plutôt progressif – de ne pas déclarer sa communauté ? S’il faut souligner cette évidence, c’est parce qu’il est clair que le leader du MSM, en toute connaissance de cause, pour des raisons qui lui sont propres, a sciemment dissous l’Assemblée nationale à une date qui lui convient, en sachant pertinemment bien que les candidats aux législatives devraient obligatoirement déclarer leur communauté.

 

Voyons les faits. Une séance parlementaire était déjà convoquée pour le mardi 8 octobre, suivie d’ailleurs de l’agenda rendu public, comme pour mieux endormir les soupçons sur une éventuelle dissolution. Sauf que, deux jours plus tôt, soit le dimanche 6 octobre, le chef du gouvernement décide de dissoudre l’Assemblée nationale. Pravind Jugnauth ne s’était pas levé ce jour-là en décidant soudainement de mettre fin à la présente législature. Non ! Lui seul connaissait la date des élections ainsi que les rendez-vous de l’agenda politique de Maurice.

 

Il pouvait donc, à n’importe quel moment, convoquer l’Assemblée nationale pour la présentation d’un mini-amendement qui aurait reçu un accueil positif de tous les parlementaires, toutes couleurs confondues. Pravind Jugnauth avait ce choix-là ! Il aurait pu apporter sa contribution concrètement à une cause nationale, permettant à l’identité mauricienne d’avoir préséance sur la catégorisation communautaire. Mais il a préféré la classification ethnique. L’histoire retiendra la préférence du leader du MSM qui opte pour le recul et non l’avancement. Aujourd’hui, on ne sait plus s’il faut en pleurer ou rire quand Pravind Jugnauth tente d’insulter notre intelligence en déclarant que c’est la faute à l’opposition si on en est là, parce qu’elle n’était pas favorable à sa proposition de réforme électorale.

 

Qu’on le sache, en 2014, il n’y avait pas non plus de réforme mais un mini-amendement qui a malgré tout permis un début d’espoir avec la possibilité des candidats de s’enregistrer comme mauriciens lors des législatives. Et dire que ce même Pravind Jugnauth était à cette époque un fervent défenseur des droits des citoyens. «On ne peut interdire à un Mauricien qui souhaite se porter candidat aux élections de ne pas décliner sa communauté (…) C’est une avancée fondamentale pour le pays et la démocratie», disait alors le leader du MSM. Illustration d’un leader modulant sa position en fonction du côté où il se trouve à l’Assemblée nationale.

 

D’où l’importance de se poser les bonnes questions : pourquoi est-ce que Pravind Jugnauth veut volontairement nourrir la classification communale lors de ces prochaines législatives ? Pour quelle raison, alors qu’une majorité de citoyens réclament la «décommunalisation» du système, le leader du MSM fait-il le choix contraire ? Qu’a-t-il donc à gagner et qu’avait-il à perdre s’il avait eu recours à un mini-amendement ? 

 

Regardons les choses en face et interrogeons-nous sur les vraies motivations de Pravind Jugnauth qui inscrit son nom dans l’histoire comme étant celui qui préfère la régression du repli identitaire à l’avancement de l’identité mauricienne…
 

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