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Parfums de campagne

Ce qui change avec le scrutin du 7 novembre 2019 ? La lutte à trois aura vraisemblablement lieu. Pour la première fois depuis 1976, les Mauriciens pourront mesurer les forces individuelles de ces partis traditionnels qui, jusqu’ici, ont toujours fait des alliances préélectorales, forçant les citoyens à choisir entre deux blocs. Une situation qui provoque un duel pour le poste de Premier ministre entre Pravind Jugnauth et Navin Ramgoolam, avec Paul Bérenger pouvant devenir éventuellement le joker, dépendant du nombre d’élus obtenus par les Mauves. Est-ce que nous nous dirigeons vers un accord post-électoral, avec le MMM dans le rôle de faiseur de roi ? Est-ce que les vainqueurs des législatives auront une majorité confortable leur permettant de gouverner sans alliance après le 8 novembre ?

 

À ce jour, et eu égard à la leçon reçue aux élections de 2014, personne ne veut s’avancer en donnant des pronostics sur le poids réel des uns et des autres, si ce n’est que les partisans de tous les blocs croient que leur parti respectif va gagner. Si à ce niveau-là, c’est l’incertitude, en revanche, cette campagne ne diffère d’aucune autre avec tous les ingrédients auxquels les Mauriciens sont habitués : la guerre des clips, les coups en dessous de la ceinture, à l’exemple des propos de Pravind Jugnauth n’hésitant pas à parler de la vie privée de son rival, les amitiés conjoncturelles en politique. Ici, les soi-disant friends sur les réseaux sociaux s’insultent. Là, c’est la rose du Mouvement patriotique – on devrait plutôt dire l’épine – qui divise les anciens compagnons d’armes d’hier, tous attirés par les sirènes opportunistes d’une place dans les prochaines allées du pouvoir et qui devront, au final, se contenter d’une petite salade de fruits, l’un obtenant deux cerises et l’autre une poire !

 

Là encore, c’est l’amertume d’un ancien ministre qui profère des menaces, en laissant éclater sa colère après avoir été privé d’un ticket. Seesungkur, l’écarté de la circonscription no 10, se montre du coup méprisant envers les nouveaux venus, s’en prenant principalement aux artistes et animateurs sur la liste du MSM et n’hésitant même pas à faire écho à l’opposition en critiquant vertement le slogan de son parti.

 

Parfois, il y a ceux qui, à l’instar de Tulsiraj Benydin, se «laissant porter par les émotions», laissent exploser une colère après que leur direction de parti leur a demandé de changer de circonscription. Au-delà de tous ces détails qui épicent une campagne électorale, il y aura surtout ces grandes et inévitables promesses. Le camp du gouvernement annonce les Rs 13 500 pour les aînés ? Voilà que le Parti travailliste fait mieux. Nos vieux n’auront pas à attendre si Ramgoolam revient au pouvoir. L’augmentation aura lieu dès novembre/décembre.

 

Un autre exemple ? Pravind Jugnauth annonce une promotion automatique au statut d’inspecteur de police pour les sergents comptant plus de 20 années de service. Réponse du berger à la bergère : Ramgoolam promet une promotion après cinq ans seulement et, frappé par une amnésie de son passage à la tête du pays, il déplore le transfert punitif au sein de la force policière.

 

Mais ce n’est pas là la plus grosse annonce, celle-ci étant le projet Safe City. Le leader rouge déclare qu’une fois au pouvoir, «kamera pou deor» avant qu’Assirvaden ne vienne à sa rescousse et fasse quelques précisions. Doit-on s’étonner que chaque cinq ans, l’alternance au pouvoir s’annonce aussi avec sa série de «kas tou refer» sur le dos des citoyens qui n’ont pas leur mot à dire, mais contribuent à des projets qui naissent pour mieux mourir d’un gouvernement à l’autre. Alors qu’au final, des milliards de roupies ont été déboursées. Hier, c’était le permis à points, aujourd’hui, ce sont les caméras de Safe City.

 

Et c’est ainsi que ces annonces ne nous étonnent plus. Mais s’il y a une incroyable hypocrisie qu’il faut absolument dénoncer, c’est bien celle du gouvernement qui n’a rien trouvé de mieux que d’enregistrer le bloc MSM-ML sous le nom de l’Alliance Morisien. Alors que ce gouvernement n’a pas jugé utile de présenter un mini-amendement, alors que le Premier ministre, en proposant la dissolution de l’Assemblée nationale, deux jours avant une séance parlementaire, rend obligatoire la classification ethnique… Quelle régression de la part de celui qui n’avait pas déclaré son appartenance ethnique en 2014 ! Alliance Morisien, dit-il ! Faut-il en rire ?

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