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Disparition du vol Malaysia Airlines MH 370 : c’était il y a 10 ans...

10 ans ce sont écoulés depuis la disparition de l’avion et les nombreuses interrogations empêchent les proches des victimes de faire leur deuil.

Le 8 mars 2014, le Boeing 777 de la Malaysia Airlines disparaissait définitivement des radars, avec à son bord 239 personnes. Le drame considéré comme sans précédent est encore, aujourd’hui, un mystère. Une décennie après, les nombreuses questions des proches autour des circonstances du drame restent toujours sans réponse...

8 mars 2014. Dans le hall d’embarquement de l’aéroport malaisien de Kuala Lumpur, des pères, des mères, des époux, des enfants, des familles... Les formalités complétés, ils s’apprêtent tous à embarquer pour se rendre à Pékin retrouver des proches, passer des vacances ou encore dans le cadre d’obligations professionnelles ou personnelles. À Pékin, d’autres personnes attendent et comptent les heures, ayant hâte de revoir des êtres chers qui vont débarquer dans pas longtemps.

 

00h42 (heure locale), le vol MH370 de la Malaysia Airlines décolle. Les conditions météo sont optimales. 01h20 : le Boeing 777 disparaît subitement des radars avec, à son bord, 239 personnes (comprenant le personnel navigant), la plupart des Chinois. Depuis, silence radio... Cette disparition a provoqué un immense choc en Malaysie et dans tous les pays concernés, plus particulièrement dans les familles des passagers anéanties de n’avoir pu retrouver un ou plusieurs des leurs qui, en ce triste jour, ont disparu avec le MH370. Ce drame a aussi suscité de nombreuses questions et diverses théories.

 

10 ans ce sont écoulés depuis la tragédie et les nombreuses interrogations demeurent, empêchant les proches des victimes de faire leur deuil. Malgré les nombreuses recherches, les enquêtes et les différentes thèses qui s’affrontent, le mystère n’a toujours pas été résolu une décennie plus tard. Que s’est-il passé ? Où est l’avion ? La vie des familles des disparus est rythmée par ces questions car il est impossible pour elles de retrouver une vie plus ou moins normale sans savoir ce qui est arrivé et ce qui a provoqué ce drame inexpliqué. La disparition du MH370 demeure, selon plusieurs experts de l’avion, l’un des plus grands mystères de l’histoire de l’aviation civile, avec un mystère persistant autour des circonstances du drame ; de nombreuses théories ont été étudiées mais sans résultat jusqu’à présent. Parmi les hypothèses qui ont rythmé les enquêtes pour expliquer ce drame qui a suscité un intérêt mondial : un problème technique, une tentative de détournement, un acte terroriste, le suicide du pilote ou une intervention militaire. En 2018, un rapport final a été rendu par les autorités malaisiennes pour tenter de donner des réponses. L’enquête a révélé un élément clé : avant sa disparition, l’avion a fait demi-tour. Mais à ce jour, il n’y a toujours aucune trace de l’épave, ni des corps des passagers, ce qui a davantage épaissi le mystère. Si au fil des mois suivant la tragédie, des débris échoués sur des plages des côtes est-africaines et dans l’océan Indien, dont La Réunion et Rodrigues, ont été retrouvés, les précieuses «boîtes noires» de l’appareil qui auraient pu lever le voile sur ce qui s’est passé sont restées introuvables.

 

En effet, les nombreuses recherches sous-marines des gouvernements australien, malaisien et chinois sur près de 120 000 km² dans l’océan Indien n’ont pu apporter d’éléments de réponse et ont finalement été suspendues en janvier 2017. Un document de 1 500 pages dans le cadre des recherches officielles autour du drame l’atteste d’ailleurs dans une conclusion  sans appel : l’enquête n’a pas été capable d’établir la véritable cause de la disparition du MH370. Mais 10 ans après le mystérieux drame, la tristesse est omniprésente dans les coeurs des familles touchées. «Les recherches doivent se poursuivre», a déclaré à l’AFP Liu Shuangfong, 67 ans, originaire de la province chinoise du Hebei, qui a perdu son fils de 28 ans, Li Yanlin, avec la disparition du MH37O.

 

«Journée du souvenir»

 

Avec les différentes pages Facebook en lien sur l’affaire qui continuent de rendre hommage aux victimes et les différentes initiatives en leur mémoire, impossible pour les proches de reprendre le cours de leur vie. Dans le cadre des 10 ans du triste drame, quelque 500 personnes s’étaient réunies le dimanche 3 mars près de Kuala Lumpur pour une «journée du souvenir» en mémoire des victimes du vol et elles réclament de nouvelles recherches. Il y a quelques jours, le Premier ministre  malaisien, Anwar Ibrahim, a aussi eu une pensée pour les personnes disparues et leurs proches, et a ravivé une petite lueur d’espoir chez les familles en déclarant qu’il serait «heureux de relancer» les recherches pour le vol MH370 en cas de preuves «convaincantes». Cette triste affaire a également suscité beaucoup d’attention à Maurice, notamment parce que quelques familles des victimes avaient fait le déplacement chez nous après la découvertes de potentiels débris de l’avion dans la région. En 2016, nous avions ainsi rencontré Grace Nathan, qui a perdu sa mère Anne. «En l’absence de réponses, en ne sachant pas ce qui s’est passé, c’est difficile de commencer un travail de deuil», nous avait déclaré la jeune femme, originaire de la Malaisie, qui avait foi dans le fait que les débris découverts dans la région pourraient aider à faire la lumière sur cette affaire, d’où son déplacement à Maurice, à l’époque.

 

«Find the plane. Ease our pain. Find MH370.» C’est regroupés sous l’association Voice370 que Grace et les autres étaient venue dans notre île. «On ne veut pas que nos proches tombent dans l’oubli. En leur mémoire, il faut qu’on sache ce qui s’est passé, que le monde découvre comment l’avion a pu finir au fond de l’océan», avait martelé Grace Nathan qui, dans sa quête de la vérité, avait aussi fait de nombreux déplacements dans d’autres pays de l’océan Indien. Le 7 mars 2016, les autorités mozambicaines avaient remis aux experts malaisiens un débris d’avion échoué sur leur côte. En juillet 2015, un morceau d’aile retrouvé à La Réunion avait été identifié avec certitude par les experts. Parmi ceux qui s’étaient déplacés à Maurice, il y avait également Hui Jiang, 44 ans, dont la mère se trouvait à bord du MH370. «Elle s’appelait Cui Yen Jiang. Elle avait 73 ans», nous avait confié ce fils tourmenté par l’absence de réponses autour du drame. L’ombre de l’avion disparu plane définitivement sur notre région. Rodrigues s’était aussi retrouvée sous le feu des projecteurs dans des articles de presse internationaux quand des débris suspects y avaient été découverts le 30 mars 2016. «Suspected debris from missing flight MH370 found by holidaymakers after being washed up on island east of Mauritius», faisait état le Daily Mail en date du 2 avril 2016. «Malaysia’s government said that two more pieces of debris, discovered in South Africa and Rodrigues Island off Mauritius, are “almost certainly” from Flight 370», relevait, pour sa part, France 24 dans son édition du 12 mai 2016.

 

À Rodrigues, cette actualité n’était pas passée inaperçue. Le débris retrouvé là-bas le mercredi 30 mars 2016 avait été acheminé à Maurice et la pièce avait été examinée par un représentant du ministère malaisien des Transports, responsable de l’enquête. Le Rodriguais Rosaire Perrine avait aussi découvert, le lundi 4 avril 2016, des «objets étranges» sur la plage de Var-Brulé, à Rodrigues. «On espère que ces nouvelles découvertes aideront à faire la lumière sur cette étrange disparition. On suit de près l’analyse des experts», nous avait-il confié à l’époque.

 

Des années plus tard, il suit toujours cette affaire qui n’a pas révélé ses secrets.  «Cette triste histoire est un peu liée avec Rodrigues car il y avait des débris d’avion qui avaient été retrouvés à Rodrigues à l’époque. J’avais moi-même ramassé des débris sur la plage de Var Brûlé et je pense que ces pièces à conviction sont toujours là. Parmi les théories qui ont circulé, celle qui dit que l’avion aurait été abattu est, pour moi, la plus plausible. Beaucoup de personnes pensent cela. J’ai continué à suivre cette triste actualité mais, malheureusement, il semblerait que les informations ont été classées secret d’État. C’est triste qu’il n’y ait toujours pas de réponses autour de ce drame. Surtout pour les familles qui n’ont pu faire leur deuil. C’est très triste. Après dix ans, il y a plusieurs thèses et on n’a jamais pu mettre en avant une théorie. C’est une grande souffrance pour les familles des victimes. On n’a pas pu avoir les corps mais comment se fait-il qu’on n’ait pas retrouvé au moins une valise ?» nous confie Rosaire Perrine qui, en ce triste anniversaire de la disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines, pense surtout à toutes ces familles qui n’ont pu enterrer leurs proches et qui, une décennie plus tard, attendent toujours des réponses à leurs nombreuses questions...