• Consommation : les petits business en mal… d’œufs
  • Women Entrepreneur Awards 2024 : le défi de Kirti Sheonarain
  • Jeux olympiques & paralympiques : la France dans les starting-blocks
  • Il a joué dans «Indiana Jones», «The Walking Dead», «Fiasco» et «La Recrue» : les vacances mauriciennes de l’acteur Ethann Isidore
  • Deadpool & Wolverine : les super-héros Marvel s’amusent
  • Il a été jugé coupable du meurtre de Vanessa Lagesse après 23 ans : débats chargés d’émotion autour de la sentence de Bernard Maigrot
  • Jeux olympiques 2024 : nos athlètes en mode conquérant
  • Elle crée une cagnotte en ligne et a recours à l’expertise étrangère pour soigner son enfant gravement malade - Isabel Alves : «Je vais défoncer toutes les portes pour sauver mon fils»
  • La Mauricienne Kamla Beechouk, 62 ans, tuée chez elle à La Réunion - Sa meilleure amie Françoise Virama : «Elle était tout pour moi»
  • Adrien Duval nommé Speaker : analyses autour d’une «stratégie digne d'un jeu d'échec»

Mayotte au rythme des crises

«J'aime mon boulot. Et ce que je fais est passionnant, mais ici, il y a tous les jours des choses à laquelle tu dois faire face», confie notre compatriote Yannick Somauroo qui nous partage quelques clichés d’une scène de vie à Mayotte après une attaque dans un collège.

Le 101e département français a connu ces derniers mois des périodes difficiles avec notamment des barrages routiers installés par des «collectifs citoyens» qui protestent contre l’insécurité et l’immigration incontrôlée. Yannick Somauroo, un Mauricien qui travaille là-bas, nous raconte sa réalité. 

C’est une situation qui interpelle... Depuis quelques mois, une intense crise sociale secoue l’archipel de Mayotte, située entre Madagascar et la côte du Mozambique. Ainsi, des barrages se multiplient dans ce département français, cela  en réaction notamment à l'afflux migratoire continu depuis les Comores et Madagascar. Des collectifs de citoyens  manifestent ainsi contre l’insécurité et l’immigration incontrôlée sur l’île.

 

«En direct deux photos de Mayotte ce matin (ce mercredi 10 avril). Des délinquants ont attaqué et pénétré dans un collège. Obligé de traverser les pluies de lacrymogène pour aller bosser...» C’est ce que nous confie notre compatriote Yannick Somauroo, 32 ans, qui vit et travaille au Mayotte, en nous parlant de sa réalité au rythme des crises. «Je vis en France depuis plus de 12 ans. Je me vois vraiment vivre dans les Outre-mers : en Guadeloupe en Martinique ou encore à La Réunion. Mayotte me rappelle Maurice. Le lagon y est magnifique. Comment j’ai atterri à Mayotte ? En tant que diplômé, on a des opportunités de carrière qu’on n'a nulle part ailleurs en France. Tu as donc des possibilités de carrière et d’avancement dans l’administration française parce que personne ne veut venir travailler ici et tu as aussi droit à un très bon salaire. Aujourd’hui, je suis directeur par intérim d’une structure publique pour l’État Français, dans la fonction publique française. Je suis directeur d’une équipe de 16 personnes. Je pense que je ne trouverais ce poste nulle part ailleurs à 32 ans. C’est comme ça que je me suis retrouvé à travailler et à vivre à Mayotte. Je me construit professionnellement», nous confie Yannick Somauroo en se présentant tout en nous racontant la situation actuelle à Mayotte.

 

«C’est très dur en ce moment. Il y a actuellement une crise sociale, une crise sanitaire et une crise sécuritaire. Il y a depuis peu la présence du choléra dans le pays. À l’hôpital c’est compliqué. Il y a un manque de médecin et le service d’urgence connaît beaucoup de difficultés. Pour ma part, par exemple, pour me faire soigner, je dois me rendre à La Réunion. Puis, il y a une crise sécuritaire qui sévit actuellement. Il y a une montée en délinquance et particulièrement de la part de jeunes Comoriens. Ceux qui viennent à Mayotte, c’est pour fuir chez eux car là-bas,  ils leur manquent beaucoup de choses. Ils viennent donc à Mayotte pour avoir accès aux soins ou encore à la nourriture. Et ceux qui viennent donc ici, viennent avec leurs enfants qui ne partent pas à l’école et qui vivent en tribus dans les forêts et, pour survivre, ils attaquent les gens.  Et selon la loi française, on ne peut pas expulser des mineurs. C’est un gros dilemme», raconte Yannick Somauroo en expliquant la vie ces derniers temps dans le pays où il travaille : «On se fait attaquer et piller. On ne peut pas marcher librement. C’est très dur. Et le pays connaît aussi une crise sociale. Les Mahorais se mobilisent pour demander une tranquillité sauf que c’est très mal coordonné. Il y a une violation de l’État de droit. Par exemple, il y a des barrages, ils barrent les routes et on ne peut pas circuler. Il m’est arrivé à 6 heures du matin d’être poursuivi par quelqu’un qui avait un sabre pour m’attaquer parce que je devais traverser. C’est flippant psychologiquement. Ça laisse des effets. Ça pèse. On ne peut pas sortir librement. Dans les supermarchés, il manque beaucoup de choses. On mange que des pâtes et des sardines. Sans oublier, qu’il y a aussi la crise de l’eau. C’est super dur. Les Mahorais disent que l’État Français les abandonne, or pour moi, j’estime que ce n’est pas le cas du tout. Je n’ai jamais vu autant d’argent public dans un département français.»

 

Malgré les conditions de travail difficiles, c’est son boulot, dit-il, qui l’aide à s’accrocher. «Comme je travaille dans la fonction publique, je me dis que j’ai une mission d’intérêt général. La France m’a formé, je rends donc à la France ce qu’elle m’a donné. J’aime mon boulot. Et ce que je fais est passionnant mais ici, il y a tous les jours des choses à laquelle tu dois faire face», conclut Yannick Somauroo qui nous a raconté la vie à Mayotte... au rythme des crises.