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Conférence constitutionnelle de Rezistans ek Alternativ : pourquoi j’y ai assisté, moi, citoyen engagé

Malenn Oodiah, Nalini Burn et Lindley Couronne sont pour des moments de dialogues comme celui-ci.

Des discussions, mais surtout des propositions. Hier, samedi 30 mars, s’est tenue la conférence constitutionnelle organisée par Rezistans ek Alternativ. Plusieurs partis de l’opposition ont étés invités à proposer quels amendements ils estiments importants dans notre Constitution. En plus des partis de l’opposition parlementaires et extra parlementaires, des ONGs et des citoyens engagés étaient aussi invités. Ils nous parlent du pourquoi de leur présence. 

Que faut-il faire pour l’avenir de ce pays ? C’est ce qui a motivé Rezistans ek Alternativ, qui a proposé cette conférence constitutionnelle depuis un certain temps. La conférence s’est concrétisée, hier, samedi 30 mars, de 13h à 16h30, à l'Unity House à Beau-Bassin.Rezistans ek Alternativ, a réuni quasiment tous les partis de l’opposition parlementaire et extraparlementaire, et cela après bien des rencontres. Et tous portés par cette grande question fondamentale : dans ce contexte tendu avec le gouvernement en place, et avec les législatives qui approchent, que peut-on amender dans la Constitution pour proposer un avenir meilleur à l’île Maurice ?

 

Programme étoffé à coup sûr : chaque parti politique a eu dix minutes pour intervenir sur deux points : Quels sont les cinq amendements importants à la Constitution que votre parti proposerait dans le contexte des élections générales à venir ? Et de quelle façon proposerez-vous ces amendements pour être introduits dans la Constitution? Puis, place à 45 minutes d’échanges avec des citoyens engagés et des représentants de divers ONG invités. Le tout était modéré par deux autres citoyens engagés, la sociologue, économiste et écologiste Nalini Burn et l’ancien Directeur des Poursuites Publiques (DPP) Satyajit Boolell (voir le hors-texte).

 

Justement, ce sont ces citoyens engagés qui ont accepté l’invitation de Rezistans ek Alternativ, qui nous intéressent. À l’exemple de Lindley Couronne, directeur général de l’Organisation Non-Gouvernementale Internationale (IONG) DisMoi, qui milite pour les droits humains dans l’océan Indien : «Tout citoyen devrait fortement s’intéresser à ce genre de conférence, puisque l’on parle de l’avenir du pays, en espérant qu’il y aura un bon suivi après la conférence. Pour ma part, je pense qu’il y a énormément d’éléments à changer dans la Constitution, car nous parlons souvent de lois et règlements qui datent de près de 50 ans. Il en va de notre démocratie, car la Constitution n’est pas qu’un bout de papier, il y a tout un esprit démocratique derrière. Le souci, c’est que les hommes politiques agissent en démocrate lorsqu’ils sont dans l’opposition, et jouent avec la démocratie de façon cynique lorsqu’ils sont au pouvoir (….), pour ce qui est des changements que je trouve primordiaux, je pense qu’il faudrait des droits économiques, sociaux et culturels pour les personnes dans l’extrême pauvreté et ceux qui sont en marge de la société. Ensuite, je suis pour qu’on mette l’abolition de la peine de mort dans la Constitution.» 

 

Autre citoyen engagé, le sociologue Malenn Oodiah,  aussi invité pour l’occasion, qui déclare : «Il faut comprendre que c’est une conférence qui se fait dans un cadre bien précis, avec les législatives qui arrivent très bientôt. Je pense qu’il est toujours bon d’échanger, de discuter, de découvrir des idées, et puis bien sûr, d'identifier quels points nous rassemblent pour faire cause commune, surtout avec de tels enjeux.»

 

Et si plusieurs de ces citoyens étaient dans l’assistance, il y a ceux aussi qui étaient devant. On pense ici aux deux chairpersons de la conférence, Nalini Burn et l’ancien DPP Satyajit Boolell. Ainsi, si l’ancien DPP apportait des éclairages sur des points complexes de la Constitution, si besoin est, Nalini Burn s’occupait plus de la partie technique avec slides sur écran par exemple, mais elle tient quand même à nous dire que «tout d’abord, c’est bien de voir tous ces partis politiques donner le ton pour ce qui va suivre dans cette année d’élections générales, comme une sorte de baromètre. Et puis, je tiens à saluer cette initiative de Rezistans ek Alternativ. D’habitude, il y a des débats sur la Constitution, et d’autres sujets importants pour le pays, mais tout se discute à huis clos. J’espère juste que cette conférence deviendra une habitude, un genre d’évènement plus récurrent, de belles occasions de favoriser le dialogue.»

 

La «Loi Suprême» du pays en questions et propositions 

 

Top chrono. Les choses ont bougé vite, hier, avec la conférence constitutionnelle de Rezistans ek Alternativ. Dans le contexte des élections générales à venir, les Partis ont chacun proposé cinq amendements à la Constitution et suggéré leur methode d'implémentation. Les orateurs et oratrices etaient comme suit:  Géraldine Hennequin-Joulia d'Idéal Démocrate, François-Gaël Sarah d'En Avant Moris, Ashok Subron de Rezistans ek Alternativ, Kailash Trilochurn du Reform Party, Ivor Tan Yan de Linion Moris, Khushal Lobine du PMSD, Ritesh Ramphul du Labour Party et Veda Baloomoody du MMM.

 

Plusieurs invités, citoyens engagés et représentants de divers ONG ont marqué ce débat de leur présence. Et pour débat d’idées, il y a eu débat d’idées. Certains éléments et souhaits convergents en sont ressortis, comme le fait qu’un Premier ministre ne devrait avoir que deux mandats; la fin de la concentration du pouvoir entre les mains du Premier ministre; l’élection du président de la République - qui ne doit pas être un nominé politique; le droit à la Nature et à l’Histoire - qui doit être ancré dans la Constitution; les digital rights, où le citoyen doit avoir des droits sur ses données biométriques et numériques; une démocratie plus participative et aussi régionale, avec aussi le peuple plus impliqué dans les prises de décisions. La Constitution elle-même, pour beaucoup, devrait être adaptée à la société mauricienne, comme l’a souligné en premier Satyajit Boolell, qui l’a décrite comme «la Loi Suprême d’un pays».

 

La tranche de questions-réponses a aussi accouché de plusieurs autres idées et débats : représentations des femmes et  detoutes les couches de la société mauricienne au Parlement, l’éventualité d’une Cour constitutionnelle, l’implémentation claire de la Liberté de la presse dans la Constitution, la chose politique expliquée dès l’école aux enfants. Il a été plusieurs fois aussi question de référendums qui doivent se tenir à chaque décision importante qui serait prise par le gouvernement, comme les accords signés avec d’autres pays et institutions non-mauriciennes. L’enregistrement de programmes électoraux des partis politiques, et l'annonce de dates précises pour les élections générales connues à l’avance, ont aussi été évoqués.

 

Plus de discussions, avec d’autres parties de la société civile sont prévues après cette première conférence, annonce Ashok Subron, qui dit aussi que, dans le futur, une autre conférence se focalisera sur les élections générales. Rezistans ek Alternativ compte aussi rendre toutes les idées publiques ainsi que les amendements discutés lors de cette conférence.