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Après son arrestation et celle de son fils pour trafic de drogue et possession d’armes à feu - Bruneau Laurette : «Sa bann exhibits kinn sezi-la pa pou mwa sa»

Père et fils font l'objet de deux accusations provisoires : «Drug trafficking» et «Possession of firearms».

L’arrestation de Bruneau Laurette et de son fils Ryan pour trafic de drogue et possession d’armes à feu lors d’une opération effectuée par la Special Striking Team (SST) le vendredi 4 novembre a provoqué choc et incompréhension chez beaucoup, ses proches et avocats n’arrêtant pas de clamer son innocence. Et le lendemain, lors de sa comparution devant la Bail & Remand Court (BRC), l’activiste politique et social a lui aussi nié toute implication de lui ou de son fils dans cette affaire et a fait des révélations troublantes. Il crie au complot après la saisie de 46 kg de haschisch d’une valeur marchande de Rs 231 millions, deux armes à feu, des balles et Rs 80 000 dans une maison qu’il loue à Saint-Pierre. Récit.

Il a le visage marqué par la fatigue. Il n’a, semble-t-il, pas eu le temps de se raser et de prendre une douche avant sa comparution devant la Bail & Remand Court en cette matinée du samedi 5 novembre. Il porte d’ailleurs les mêmes vêtements que la veille lorsque la Special Striking Team de la police l’a arrêté ainsi que son fils Ryan, 23 ans, dans une maison de location à Saint-Pierre. Lorsque les journalistes ont enfin accès à la salle d’audience après maintes discussions avec les responsables de la police, celle-ci est déjà bondée d’agents armés jusqu’aux dents. Le constable qui escorte Bruneau Laurette vient de lui enlever son casque. L’activiste social conserve toutefois un gilet anti-balle. Des éléments du Groupe d’intervention de la police mauricienne l’entourent et scrutent chacun de ses mouvements.

 

Les faits et gestes de son fils Ryan sont également surveillés de près. Ce dernier est d’ailleurs le premier à être présenté devant la magistrate Pamela Veerabadren pour entendre les deux accusations provisoires logées par la police contre lui : «Drug trafficking» et «Possession of firearms». La police objecte à sa remise en liberté sous caution. Le Police Prosecutor présente trois motifs pour soutenir cette objection : le risque qu’il se sauve, le risque qu’il commette une nouvelle offense et le risque qu’il interfère avec des témoins dans cette affaire, même s’il a un «clean record». Le jeune homme sera donc reconduit en cellule policière, au poste de Pope Hennessy, jusqu’au 7 novembre. Il a retenu les services des Mes Sanjeev Teeluckdharry, Akil Bissessur et José Moirt pour le défendre dans cette affaire.

 

L’avocat Sanjeev Teeluckdharry passe très vite à l’offensive. Il dénonce les agissements de la SST qui a privé son client de ses droits en empêchant ses avocats de le rencontrer après son arrestation. Un inspecteur de la Major Crime Investigation Team est ensuite appelé à la barre. Il explique que cette unité est désormais responsable de l’enquête et affirme qu’il ne sait pas pourquoi la SST a privé Ryan Laurette de son droit à parler à ses avocats la veille. Sanjeev Teeluckdharry dit aussi regretter la présence de plusieurs policiers armés en cour pour cette séance.

 

Quelques minutes plus tard, Bruneau Laurette fait son entrée dans le box des accusés. Un élément du GIPM vient de lui enlever ses menottes. L’activiste est représenté par Mes Shakeel Mohammed, Anoup Goodary et Nilkant Dulloo. L’avocat-parlementaire demande directement à faire un statement on record avant la lecture des motifs du Police Prosecutor pour objecter à la remise en liberté conditionnelle de son client. Il dénonce alors l’excès de zèle dont la police fait preuve dans la salle d’audience. À ce moment-là, au moins une trentaine de policiers y sont présents. Et selon Shakeel Mohammed, la moitié – soit les éléments du GIPM – est armée jusqu’aux dents, avec des fusils d’assaut et des révolvers. Des éléments de la Special Supporting Unit sont, eux, armés de shot guns et des tonfa batons. «Ce n’est pas possible d’avoir autant d’hommes armés dans une pièce aussi restreinte, surtout une salle d’audience. C’est un effectif abusif. Une seule étincelle peut causer un véritable bain de sang. C’est la première fois en 31 ans de carrière que je vois autant de policiers armés en cour», déclare l’homme de loi. La magistrate Pamela Veerabadren appelle alors le DCP Beekun à la barre. Le haut gradé confirme que «this is not the usual force». Suite à cela, tous les policiers en uniforme sont priés d’évacuer la salle.

 

Deux accusations provisoires

 

Peu après, Bruneau Laurette apprend qu’il fait lui aussi l’objet de deux accusations provisoires – «Drug trafficking» et «Possession of firearms» – et que la police objecte à sa remise en liberté sous caution. Il est «remanded to police cell» jusqu’au lundi 7 novembre, jour où il doit comparaître devant le tribunal de Moka. Pour expliquer cette objection, le Police Prosecutor présente les mêmes raisons que celles avancées pour son fils.

 

Par la suite, Me Mohammed interroge le même inspecteur de la MCIT qui a témoigné à la barre quelques minutes plus tôt. L’avocat-parlementaire lui demande si la police a des vidéos ou des photos de la descente de la SST dans la maison de location de Bruneau Laurette à Saint-Pierre. Le policier réplique qu’il ne sait pas. Il devra toutefois fournir des réponses à cette question lors de la prochaine comparution des deux suspects devant le tribunal de Moka le lundi 7 novembre. Shakeel Mohammed lui demande ensuite s’il y a un lien entre les sacs saisis dans la voiture de son client à Saint-Pierre et ceux déterrés à Pointe-aux-Canonniers il y a un an, dans le cadre de l’enquête policière sur les frères Gurroby. L’avocat est persuadé que les colis sont identiques. Le policier lui répond alors : «I am not aware as I was not the inquiring officer in that case». Il promet de faire une déclaration en cour à ce sujet ce lundi.

 

Peu après, Bruneau Laurette fait à son tour des révélations troublantes en cour après avoir obtenu la permission de la magistrate Veerabadren de parler. La voix cassée, il clame son innocence. Il commence par dire qu’il avait reçu des informations 48 heures avant son arrestation qu’il était dans le collimateur de la police. Il a notamment évoqué la diffusion d’une vidéo sur TikTok. Dans celle-ci, dit-il, on voit les photos de plusieurs colis de drogue. «Sa bann sak lamem ki la polis pe dir zot inn sezi dan mo loto», précise Bruneau Laurette. L’activiste avance qu’il avait sauvegardé cette vidéo sur son portable personnel mais qu’il craint de ne pouvoir le produire. «Monn trouv bann polisie-la manipil mo portab apre mo arestasyon. Mo pa kone si zot pann fini efas sa», déclare l’activiste. Il raconte ensuite qu’en ce vendredi 4 novembre, il dormait dans sa chambre lorsqu’il a entendu du bruit : «Mo trouv 2 polisie rant dan lasam par lafenet. Zot dir mwa pa bouze. Enn ti moman apre, lezot la polis inn rantre. Ti ena o mwin 30 parla.  Zot dir mwa zot pe “secure locus”.»

 

Bruneau Laurette allègue que des policiers présents auraient ensuite «pas legan nwar» sous son T-shirt et sur son visage, avant de lui lancer : «Nou finn gagn to ADN aster.» Peu après, l’ASP Jagai, responsable de la SST, serait entré dans la pièce, aurait enlevé son masque et lui aurait dit : «Mo mem Jagai-la. Monn vinn pou twa parski mo fou. To kontan koz boukou twa. To kontan koz koze ki pa bizin», avant de lui faire passer les menottes. Bruneau Laurette évoque également devant la magistrate des choses louches qui se seraient produites : «Mo ti ena enn kouto ranger kot mwa, enn kouto traditionel masai ek enn bat baseball. Mo pann trouv sa ditou dan la list exhibits ki lapolis pe dir inn sezi kot mwa.»

 

«La verite pou sorti»

 

Il est persuadé, dit-il, que les éléments saisis ont été plantés chez lui : «Sa bann exhibits kinn sezi-la pa pou mwa sa. Pa ti ena fizi ni bal ni sak ladrog kot mwa.» Il avance également que les éléments de la SST ont «met sa bann sak ladrog-la dan mo loto» : «Enn madam lapolis ti fini pran mo lakle loto. Mo loto ti ferme avan sa. Ek kan bann la polis-la inn amenn mwa pou fer la fouy, li ti deza ouver. Ti ena trwa sak dan box. Zame mo pann trouv sa avan. Kouma ouver box-la, enn polisie parmi dir “haschisch sa”. Mo ti anvi kone kouma linn fini kone haschisch sa, alor ki bann sak-la ti ferme dan box», s’insurge Bruneau Laurette. Il dit pouvoir identifier les policiers présents lors de la descente à son domicile. Avant la tenue de la séance du jour, l’activiste avait déjà donné le ton en lançant à tous ceux présents en cour : «Mo kone kinn pase. Mo kone kinn arive. Kan la verite pou sorti, sistem-la pou sanze. Sanzma-la pou koumanse dan la polis.»

 

Reprenant la parole après le statement de Bruneau Laurette, Shakeel Mohammed a vite haussé le ton, affirmant que son client est victime d’une machination et qu’il a été piégé. Il demande à ce que la SST n’enquête plus dans cette affaire. L’inspecteur de la MCIT réaffirme alors en cour que c’est désormais son unité qui mène l’enquête. Plusieurs membres de cette unité et des éléments du SSU ont d’ailleurs fait une nouvelle descente dans la maison de location de Bruneau Laurette à Saint-Pierre après la comparution des suspects devant la BRC.

 

Lorsque la séance à la Bail and Remand Court prend fin, Dominique Raya, la compagne de Bruneau Laurette, et les autres membres de la famille, ne sont plus présents devant la New Court House. Ils étaient là avant le début de l’audition. «Mo fatige», nous avait d’ailleurs déclaré, en ce samedi matin, Dominique Raya, dont la maison dans le Nord avait aussi été fouillée la veille par les policiers. Rien de compromettant n’a été retrouvé sur place. Après la séance du jour au tribunal, la jeune femme a profité que les avocats faisaient leur déclaration à la presse pour disparaître dans la petite foule présente aux abords du bâtiment – les suspects, eux, étaient par la porte de derrière. À ce moment-là, une bonne centaine de personnes sont là en signe de solidarité avec Bruneau Laurette. Il y a des visages connus, notamment ceux d’Ivan Bibi et Ingrid Charoux. «Li deranz boukou dimounn dan gouvernman. Zot inn piez li», martèle Ingrid Charoux. Ivan Bibi est, lui, d’avis que Bruneau est «victime d’un complot au plus haut niveau de l’État». Selon lui, toujours, «le pouvoir a peur de lui» car il est «un patriote qui a ouvert les yeux de nombreuses personnes avec des révélations».

 

La présence de Georgette de Rose-Hill et Keshwanee de Terre-Rouge ne passe pas non plus inaperçue. Ces deux dames, qui se présentent comme des activistes sociales, brandissent un drapeau de Maurice et clament, elles aussi, que «la polis inn piez Bruneau». Un peu plus tôt, d’autres sympathisants criaient, eux, «Bruneau inosan» et «aret fer dominer». La police avait déployé un nombre important de policiers pour contrôler la foule. Des handrails avaient, entre autres, été placées dans des endroits stratégiques pour empêcher des débordements qui n’ont finalement pas eu lieu…

 

Jean Marie Gangaram

 


 

Un vendredi mouvementé

 

Les réseaux sociaux en ébullition, les fils d’actualité pris d’assaut, des live qui s’enchaînent, des instantanés qui se multiplient sur les radios. La journée du vendredi 4 novembre a été riche en événements et en émotions ; c’est le moins que l’on puisse dire. Elle a été éprouvante surtout pour l’activiste Bruneau Laurette qui s’est retrouvé au cœur d’une saga qui promet de tenir en haleine le pays au cours des prochaines semaines. C’est à la mi-journée que les Mauriciens ont découvert avec stupeur l’arrestation de Bruneau Laurette par la Police Head Quarters Special Striking Team, menée par le désormais célèbre inspecteur Jagai, avec une grosse quantité de drogue.

 

Le leader de Linion Sitwayin se trouvait chez lui, à Petit-Verger, Saint-Pierre, en compagnie de son fils Lucas Ryan, 23 ans, lorsque les policiers ont débarqué en force. Dans sa voiture, une BMW immatriculée JR 12, les policiers auraient retrouvé 46 kg de haschisch répartis en sacs d’un kilo, 700 grammes d’une substance blanche soupçonnée d’être de la drogue synthétique, deux armes à feu et des munitions. Ont aussi été saisis sur place, un téléphone satellitaire et une somme de Rs 81 200.

 

Arrêtés par la suite, Bruneau Laurette et son fils, menottes aux poignets, sont conduits aux Casernes centrales dans la voiture de l’activiste, conduite par un policier et suivie par des véhicules banalisés. Sur place, les dispositions prises sont importantes. Les membres de la SSU sont sur le pied de guerre, munis de fusils et de boucliers.

 

Une fois dans la cour des Casernes, l’activiste reste de longues minutes dans sa voiture. C’est peu après 15 heures qu’il en sort finalement. Devant lui et face aux caméras, les policiers ouvrent le coffre de sa BMW où étaient disposés des sacs noirs. À un moment donné, alors qu’il essaie de s’adresser à la presse, Bruneau Laurette est subitement poussé à l’intérieur des bureaux. Plus tard, la presse sera invitée à filmer les exhibits disposés sur une table, dont la valeur est estimée à Rs 231 millions.

 

Très vite, les avocats Anoup Goodary et Sanjeev Teeluckdharry font leur entrée après avoir fait face à l’opposition de la police qui avait bloqué l’accès aux Casernes centrales. Interdits d’approcher leur client, les avocats résistent et refusent de quitter les lieux, accusant la police de ne pas respecter la loi. «Pena pou vinn fer sinema dan sa pei-la. Nou finn trap trafikan, nou pou fer nou laket», hurle l’ASP Jagai à Me Sanjeev Teeluckdharry, tout en lui précisant qu’il sera lui aussi interrogé dans cette affaire.

 

Il faudra attendre l’arrivée de Shakeel Mohamed pour avoir des nouvelles de Bruneau Laurette. À son avocat, l’activiste affirme qu’il n’a rien à voir avec ce qui s’est passé. Face aux caméras, Me Shakeel Mohamed évoque les éléments «troublants» de cette affaire. «Il dit que sa voiture était dehors, accessible à n’importe qui. La police lui a dit de prendre ses clés et de venir dehors. Ils ont ouvert le coffre, il a vu les sacs. Pendant ce temps, alors qu’il était à l’extérieur, ils ont dit qu’ils avaient trouvé des armes sous son matelas, ce qui l’a aussi choqué car ça ne lui appartient pas.»

 

Quelques heures plus tard, Bruneau Laurette et son fils sont conduits au Line Barracks Detention Centre où ils passeront la nuit. Au même moment, une équipe fait une descente à Calodyne, dans la maison de Dominique Raya, compagne de l’activiste. Interrogée, elle affirme que Bruneau Laurette est innocent et savait que ça allait arriver. Me Sanjeev Teeluckdharry, présent lors de cette perquisition, affirme que les personnes qui osent élever la voix sont victimes de répression. Pour lui, Bruneau Laurette a la «flamme patriotique» et a à cœur «l’intérêt du pays».

 

Au sein de la population, c’est le choc et l’incompréhension. Beaucoup, à cause des soupçons qui pèsent sur les méthodes de la police au vu des événements passés, mettent en doute la véracité de cette saisie.

 

L’Attorney General Maneesh Gobin : «Laissons la police et les institutions faire leur travail»

 

L’actualité oblige, la conférence de presse hebdomadaire du gouvernement a été entièrement consacrée au dossier drogue. S’agissant de l’affaire qui monopolise l’attention des Mauriciens depuis deux jours, l’Attorney General Maneesh Gobin a réitéré l’engagement du Premier ministre et du gouvernement à combattre les trafiquants de drogue. «Nous combattons tous les jours sans relâche. Ce n’est pas une question de timing. Je dis bon courage et félicitations aux policiers et aux officiers qui travaillent nuit et jour dans ce combat-là.»

 

Maneesh Gobin a ainsi lancé un appel aux Mauriciens pour qu’ils ne se laissent pas piéger. «Je dénonce les personnes qui jettent de la boue sur les institutions et celles qui se prennent pour des magistrats, qui décident qui sont les coupables et les innocents. Laissons la police et les institutions faire leur travail. Nous laissons la population juger les personnes qui passent pour des anges mais derrière leur maquillage, il y a leur vrai visage. Le trafiquant, il est là pour finir la jeunesse et l’économie de ce pays. Nous, nous sommes là pour combattre cette mafia sans relâche.»

 

Le ministre Kailesh Jagutpal a abondé dans le même sens, rappelant la volonté du gouvernement d’éradiquer ce fléau, notamment en faisant tout pour implémenter les recommandations faites dans le rapport Lam Shang Leen et le National Drug Control Master Plan publié en 2019. Le ministre a aussi annoncé des amendements au Dangerous Drugs Act. «Cette loi a fait son temps et nous devons voir comment la rendre plus sévère envers les trafiquants de drogue. Il y a aussi des provisions pour une simple victime pour mieux l’accompagner et l’encadrer.» Kailesh Jagutpal a annoncé la mise sur pied d’un Drug Users Administrative Panel. «Rien ne sera mis sur son certificat de moralité.»

 

Soodesh Callichurn, ministre du Travail et du Commerce, est, lui, revenu sur la question parlementaire après la saisie de Rs 22 millions de papiers à rouler dont l’importation avait été autorisée par son ministère. Selon lui, ses propos ont été mal rapportés par une section de la presse. «C’est illégal de vendre ces petits papiers à Maurice. La compagnie avait dit que c’était pour un personal storage. Il y a une enquête de la police en cours.»

 

Amy Kamanah-Murday

 

Dominique Raya, compagne de l’activiste : «Je le dis haut et fort, il est innocent»

 

«Je remercie l’équipe de la police, ki pa finn fer dezord ; ils ont fouillé en ma présence. Je demande à la population de rester calme. Bruneau a toujours voulu faire les choses dans le calme. Laissons l’équipe des avocats travailler mais je peux le dire haut et fort : il est innocent. Je comprends qu’il y a la répression, je comprends que le travail qu’il fait ne plaît pas à tout le monde (…) Le combat continue. Bruneau m’avait aussi prévenue que ça allait arriver et maintenant, c’est arrivé.»

 

L’inspecteur Shiva Coothen : «Une grosse saisie venant d’informations crédibles»

 

Pour lui, c’est «une grosse saisie». L’inspecteur Shiva Coothen, responsable de la cellule de communication de la police, s’est adressé à la presse après l’arrestation de Bruneau Laurette et de son fils le vendredi 4 novembre. C’est lui qui a annoncé que plusieurs kilos de drogue avaient été saisis dans la voiture de l’activiste et dans la maison qu’il loue à St-Pierre, ainsi que deux armes à feu, des balles et une somme d’argent de Rs 80 000. Shiva Coothen a précisé que Bruneau Laurette n’a pas fait de résistance lors de l’arrestation.

 

Suite à une question de la presse, il a également expliqué pourquoi l’activiste avait été placé incommunicado après son arrestation ; ce qui voulait dire que pendant 36 heures, il n’allait pas être assisté de ses avocats ni être présenté en cour (ce qui a changé par la suite) : «Cela peut se faire sous le Dangerous Drugs Act. On ne peut alors pas compromettre l’enquête et donner le champ libre à d’autres personnes impliquées qui pourraient détruire des preuves ou fuir la justice.»

 

Shiva Coothen a aussi demandé de ne pas «croire les rumeurs en circulation et de faire confiance à la police».

 

Roshi Bhadain : «J’attends la version de Laurette»

 

«La population est choquée, perplexe, désorientée. Effrayée aussi. J’attends surtout la version de Laurette, je suis sûr qu’il donnera beaucoup d’infos. Je ferai plus de commentaires après. Mais on peut quand même faire un constat d’après la chronologie des événements : une arrestation qui se fait une semaine après la manifestation à Port-Louis. Juste avant celle-ci, il y a eu la perquisition chez la belle-famille de l’avocat Teeluckdharry, et entre-temps, on parle de l’acquisition de 22 millions de ti papye, autorisée par ceux qui disent lutter contre la drogue. En tout cas, il y a un climat dangereux, avec des conséquences énormes. Ce n’est pas étonnant que des jeunes veulent quitter et quittent le pays.»

 

Stephane Chinnapen

 

Xavier-Luc Duval : «L'Espoir suit toute l'enquête...»

 

L’Entente de l’Espoir a commenté, lors de sa conférence de presse hebdomadaire ce samedi 5 novembre, l’arrestation de Bruneau Laurette et de son fils Ryan Laurette. «L’Espoir suit toute l'enquête. Nou pe gete kouma li deroule me mo panse ousi ki bann premye dimounn ki bizin koze, se bann dimounn kinn al dan meeting. Mo ekout zot avan, apre mo va fer mo konklizion», a déclaré Xavier-Luc Duval.

 

Nando Bodha, commentant la situation de la drogue dans le pays, a, lui, fait la déclaration suivante : «Komie stok ladrog ena dan Moris ? Ki manyer sa ladrog-la inn rantre ? Nou kone ena laeropor, lepor ek lakot. Azordi pe fer bann sezi ladrog kinn fini rant dan pei ! Komie ladrog kinn fini rant dan pei ek ki pa finn detere ankor ? Bizin miltiplie par 5 ? Par 10 ? La situation fait vraiment frissonner (...) Il faut avoir une volonté politique et se donner les moyens de nettoyer le pays du fléau de la drogue...»

 

Christophe Karghoo