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Shree Ji Association : la solidarité pour briser les barrières

Preetila Jumungall veut aider à la création d'une meilleure île Maurice.

Rattrapage scolaire, football, cours entrepreneurials… La Shree Ji Association multiplie les activités auprès des familles vulnérables de Baie-du-Tombeau pour vaincre la pauvreté et aider les femmes et enfants à s’en sortir. 

Oeuvrer pour une meilleure île Maurice. Donner de son temps et de l’amour pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin. Voilà ce que fait, depuis six ans maintenant, l’équipe de la Shree Ji Association. C’est principalement dans la région de Baie-du-Tombeau que cette ONG a décidé de concentrer ses activités. Le déclic, raconte Preetila Jumungall, cofondatrice et responsable de l’association, s’est fait il y a quelques années, alors qu’elle effectuait une visite sur le terrain. «À cette époque, j’étais bénévole dans plusieurs associations. Lorsque je suis arrivée dans le quartier appelé Cité Longère, j’ai été choquée de voir les conditions de vie des habitants. Leur misère et les problèmes sociaux auxquels ils faisaient face m’ont frappée de plein fouet. J’ai été particulièrement touchée par les conditions des enfants. Ce que j’ai vu là-bas m’a poussée à agir sans perdre une minute.»

 

Décidée à ne pas rester les bras croisés, la jeune femme embarque avec elle trois collègues et ensemble, ils commencent à donner des cours de rattrapage scolaire aux enfants trois fois la semaine. Muni d’une volonté de bien faire, le petit groupe de volontaires se heurte toutefois à la méfiance et à la réticence des habitants de la localité. «La prise de contact n’a pas été facile. Au début, les parents avaient du mal à faire confiance et à croire dans le projet mais nous avons persévéré et ils ont commencé à s’ouvrir à nous. Petit à petit, le nombre d’enfants a commencé à grandir. De 18, nous sommes passés à 40, puis à 80 un mois seulement après le début du programme d’accompagnement scolaire.» Une fois une relation de confiance et de solidarité établie, la collaboration entre les habitants et le groupe de bénévoles est devenue naturelle.

 

En 2017, le groupe de volontaires devient officiellement une association enregistrée sous le nom de Shree Ji Association, une appellation qui rend hommage à deux femmes ayant marqué Preetila Jumungall lors de son parcours social. Aujourd’hui, entourée d’une équipe dévouée et solide, elle espère apporter un vrai changement dans la vie de ceux qui ont besoin d’un coup de pouce pour pouvoir avancer. Il y a notamment Rakesh Rothianaiko, président et thérapeute, Joëlle Malecaut et Cheriejane Mathieu, éducatrices, Marie Margerite et Priscilla Leopold, Fieldworkers, ainsi que six volontaires qui offrent des cours de zumba et de football, entre autres. «Toutes les personnes au sein de la Shree Ji Association sont animées par la même passion et la même motivation pour l’engagement social. Nous croyons qu’aider les nécessiteux peut apporter un changement. Notre pays peut être meilleur si nous investissons dans l’avenir des enfants qui ont besoin de notre aide.»

 

L’autonomisation des jeunes et des femmes

 

À ce jour, l’association s’occupe de 126 garçons et filles âgés entre 5 et 17 ans. «Nous aidons principalement ceux qui sont hors du circuit scolaire, qui vivent dans des conditions vulnérables et dont la famille fait face à divers problèmes sociaux. Il y a aussi les enfants qui vont à l’école mais qui ne savent pas écrire, lire ou compter.»

 

Outre les cours de rattrapage, Preetila Jumungall et son équipe travaillent sur l’autonomisation des jeunes et des femmes. En ce moment, plusieurs jeunes participent à un programme de responsabilisation à travers le football. De plus, souligne la responsable de l’association, depuis l’année dernière, 80 femmes suivent un programme d’autonomisation et bénéficient à cet effet de plusieurs cours. «À force d’écouter les femmes et leurs problèmes, nous avons organisé une rencontre avec les autorités locales et les forces vives pour mettre en place un projet de women empowerment. Ce projet est financé par l’ambassade du Canada. Les femmes bénéficient de plusieurs formations comme le maquillage, la coiffure, le Nail Art ou encore la fabrication de sacs et de bijoux. Il y a d’autres cours qui seront bientôt dispensés dont la cuisine et la pâtisserie. L’agriculture aussi, pour promouvoir l’autosuffisance alimentaire. Le but est de leur donner tous les outils nécessaires pour qu’elles puissent développer un savoir-faire et devenir des entrepreneures. Une fois les cours finis, elles décrocheront leur certificat et travailleront en collaboration avec le National Women Council et la SMEDA pour lancer leur affaire. Ainsi, elles seront plus indépendantes et autonomes financièrement.»

 

En ce moment, Preetila Jumungall et les autres membres de l’ONG travaillent sur plusieurs projets qui devraient bientôt être lancés. La Shree Ji Association est donc à la recherche de personnes qui souhaiteraient s’engager socialement en intégrant l’équipe. «Nous recherchons actuellement un travailleur social qui suivra de près les activités des entrepreneurs, leur fournira des services de conseil et les aidera à réintégrer la société. Nous avons aussi besoin d’un professeur de musique pour travailler avec des enfants ayant des difficultés d’apprentissage et des problèmes familiaux. La musique est un excellent vecteur et a de grands avantages thérapeutiques.» Car c’est en s’entraidant tous, souligne Preetila Jumungall, que nous dessinerons une île Maurice meilleure.