• Désir de maternité, problème de fertilité : comment faire face au mois de mai
  • Ebony Forest : protecteur de la nature
  • Un trentenaire agresse son épouse et leur fille de 4 ans au couteau - Ses beaux-parents : «Nou tifi inn pas boukou mizer depi linn marye»
  • Jasodah Boodhun, une centenaire bien dans sa peau
  • La flamme olympique en France : effervescence autour du feu sacré
  • Thyroïde : une petite glande, de grandes implications…
  • «Furiosa : une Saga Mad Max»  : encore de la fureur et de la ferraille
  • Enquête judiciaire au tribunal de Souillac - Rama Valayden : «Lapolis inn kwi vide ek lanket lor lamor Kanakiah»
  • Aurally Handicapped Persons Sports Federation : ne pas confondre athlètes sourds et para-athlètes
  • Journée internationale du thé : la Chartreuse, entre célébration et engagement pour une industrie équitable et durable

Shree Ji Association : créer des femmes leaders pour construire un monde meilleur

Preetila Jumungall s'est entourée de plusieurs partenaires pour pouvoir proposer une formation taillée sur mesure aux 126 bénéficiaires du programme.

Aider les femmes à se mettre debout sur leurs pieds, à prendre la place qui leur est due au sein de la société et à devenir des leaders de demain, c’est l’objectif de l’association Shree Ji, qui a récemment complété un an de formation destiné à 126 femmes. 

Autonomiser les femmes et en faire des leaders afin qu’elles puissent agir à leur tour contre la pauvreté et ainsi briser les barrières qui emprisonnent chaque jour de nombreuses familles. C’est l’une des missions de l’association Shree Ji, qui œuvre pour l’autonomisation des femmes et des enfants vivant dans la région de Baie-du-Tombeau en proposant une palette d’activités pour les enfants, les femmes et les parents. L’ONG, qui opère depuis bientôt 10 ans, a récemment complété un programme de formation d’un an qui était destiné aux femmes issues des banlieues de Port-Louis. 126 femmes, explique Preetila Jumungall, co-fondatrice et responsable de l’association, ont participé à ce cours qui était axé sur le leadership, la communauté et les compétences politiques. «Nous avons ciblé des femmes marginalisées, au chômage et vulnérables, des femmes qui vivent une vie de détresse avec leurs enfants afin de leur donner une vraie arme pour s’élever contre la précarité et devenir des leaders», souligne Preetila Jumungall.

 

Ce programme, qui s’est déroulé en plusieurs sessions, a principalement ciblé les femmes issues de quartiers vulnérables, dont Ste-Croix, Batterie-Cassée, Cité-la-Cure, Plaine-Verte et Camp-Chapelon. «Notre programme de formation, qui a été financé par l’ambassade du Canada en Afrique du Sud, a duré un an, car nous pensons que les personnes marginalisées et vulnérables peuvent devenir des membres actifs et des leaders luttant pour les droits des femmes, tout comme Malala. Nous avons renouvelé notre engagement à faire des femmes des leaders à succès qui font du monde un endroit plus sûr et meilleur pour tous. De nombreuses femmes ont été responsabilisées grâce à ce programme et elles se portent très bien.»

 

Pour mener à bien ce projet, la Shree Ji Association a pu compter sur la collaboration de plusieurs autres ONG dont Future Hope, Fam Unie Fondation, M-Kids et Mouvement Solidarité Féminine. «Je dois dire que nous avons sollicité plusieurs femmes politiques dirigeantes pour partager leur expérience et que seule le Dr Kalyanee Juggoo, présidente du Mouvement solidarité féminin, a répondu positivement à notre demande. Elle est venue volontairement pour parler du leadership féminin et des compétences requises à cet effet. Les bénéficiaires étaient très heureuses et responsabilisées grâce à son expérience puissante et motivante en tant que femme dirigeante à succès à Maurice.»

 

Briser les barrières

 

Si Preetila Jumungall est aussi convaincue de l’efficacité d’une telle action, c’est que ce genre de programme a su faire ses preuves pour un vrai changement malgré les nombreux défis de notre société pour faciliter la création de femmes leaders. «Ce cours affirme que l'une des raisons de la stagnation du rythme d'intégration des femmes en tant que dirigeantes réussies dans leur communauté et en politique à Maurice est due à l'incapacité d'inclure les femmes dans le processus d'intégration régionale. Avec ce programme de formation, nous avons voulu contribuer au changement du statut des femmes dans leur région, à l'échelle nationale à Maurice et en même temps, l'intégration en Afrique en tant que dirigeantes réussies», lance-t-elle.

 

En effet, dans une société patriarcale où les hommes sont majoritaires à plusieurs niveaux, souligne notre interlocutrice, trouver sa place n’est pas toujours facile. Pourtant, lance Preetila Jumungall, les femmes mauriciennes participent au commerce et sont des agents de développement dans les secteurs formels et informels. «Les femmes constituent la moitié de la population mondiale, et plus de 70% du commerce transfrontalier est réalisé par des femmes. Celles-ci ne constituent pas un groupe homogène et vivent des expériences différentes. Il est donc essentiel que les femmes, en tant que sujets leaders et politiques, soient le fer de lance de l’intégration régionale en Afrique.»

 

Et pour amener ce vent de changement, avoir des femmes leaders est indispensable. «Nous pensons que les femmes et les filles en bonne santé, instruites et autonomes sont des agents de changement. Lorsque les femmes et les filles reçoivent un soutien, elles ont la possibilité de défendre leurs droits et de défendre leurs communautés. Ils sont également capables d’élever leur statut social et peuvent en faire profiter les générations futures. Au cours des dernières décennies, des appels ont été lancés en faveur d’une plus grande égalité entre les sexes, tout en soulignant la nécessité de réduire l’écart salarial entre les sexes. Même si d’énormes progrès ont été réalisés dans ce domaine, il existe toujours un manque fondamental de femmes aux postes de direction et dans la politique.»

 

Pour briser ces barrières, tout le monde, estime notre interlocutrice, a sa part à jouer. «Les organisations ont la responsabilité de créer de meilleures politiques et opportunités pour les femmes. Mais dans le même temps, elles ont également besoin de soutien pour avancer et surmonter les habitudes qui les freinent.» L’autre élément à prendre en considération, poursuit Preetila Jumungall, c’est l’état d’esprit des femmes elles-mêmes qui bien souvent pensent qu’elles n’ont pas le potentiel requis pour y arriver. «Ce qui est triste pour beaucoup de femmes, c’est que leurs attentes peuvent souvent être réduites. Ce que je veux dire aux femmes, c’est qu’il faut changer votre vision et réaliser qu’il est plus facile de dépasser vos objectifs et de montrer pourquoi vous ne devriez pas être négligés.» C’est là tout ce que l’équipe de la Shree Ji Association a voulu faire avec ce programme d’éducation et de soutien aux femmes marginalisées et vulnérables afin de les rendre plus fortes.