• Jane Constance & Mickaël Pouvin : deux belles voix pour faire vibrer le Caudan Arts Centre
  • Sport Automobile : La Motors Formula Team en piste le 14 avril
  • Emilie Duval : «On doit tous, que ce soit l’Église catholique ou autre, se sentir concernés par les abus sexuels sur mineurs»
  • Agression mortelle de Shobanand Bhoyroo, 61 ans, par son voisin | Son neveu : «Ce n’était pas la première fois qu’il était brutalisé»
  • Fête de l’Indépendance : Le fabuleux 12 mars du constable Damien Céline
  • Un Mauricien parmi les disparus après l’attentat contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande | Anwar, le frère de Moosid Mohammed Hossen : «C’est un choc»
  • Coupe du monde féminine 2019 : Sous l’œil attentif de Queency Victoire
  • Dengue : Vallée-des-Prêtres en alerte, Maurice sur le qui-vive
  • Captain Marvel : On y va, on n’y va pas ?
  • Décès tragique de Dia Dookhit | Ses parents : «Nous voulons connaître la vérité…»

La cuisine du cœur : Un repas au nom de la solidarité

Victoria Duval, Meritess Beeharry, Nathan Julie et Elodie Legalant espèrent renouveler très vite cette expérience.

Ils sont plusieurs à s’être engagés pour rendre un service désintéressé aux plus démunis. Ensemble, plusieurs volontaires se sont unis afin d’offrir des repas chauds aux sans-abri et aux enfants issus de milieux difficiles.

Tout est parti d’une envie, d’un besoin de faire quelque chose pour les autres. Quelque chose de vrai, de simple et d’essentiel, qui ne peut que soulager ceux qui sont dans l’impasse. Ces deux derniers samedis, de nombreux sans-abri et enfants issus de milieux difficiles ont été touchés par un geste qui venait du cœur : bénéficier d’un repas chaud gratuit. Quand on n’a rien à manger, cela ne peut que faire du bien. Et c’est justement ce que la Holdem Foundation et ses partenaires ont voulu faire. Pour créer leur La Cuisine du Cœur, il a fallu quelques mains bénévoles et dévouées afin de les transformer en repas chauds, et une bonne dose d’amour pour les distribuer aux personnes dans le besoin.

 

Cet élan de solidarité et de générosité, ils sont plus d’une trentaine à l’avoir réalisé au cours de ces deux derniers samedis. Pour tout mettre en place, la mobilisation a été grande. Il a fallu récolter les dons, acheter les ingrédients, tout cuisiner, avant de les distribuer par la suite aux personnes dans les foyers et ailleurs. Cette idée d’avoir une La Cuisine du Cœur un peu dans l’esprit des Restos du Cœur, en France, a d’abord germé dans l’esprit d’un homme.

 

Nathan Julie est derrière la page Facebook Partaz Nou Savoir, un groupe qui comprend les amoureux de la cuisine et qui permet d’interagir autour du sujet. Ce véritable passionné a eu le déclic en janvier, lorsque le cyclone Berguitta a frappé de plein fouet de nombreuses familles. «Avec Meritess Beeharry de la Holdem Foundation, son équipe et des amis, nous avons préparé plus de 2 000 repas que nous avons partagés pour les soulager un peu dans ces moments difficiles», explique-t-il. Un événement qui lui a ouvert les yeux sur la misère qui l’entoure et qui l’a poussé à s’engager.

 

Nathan Julie s’inspire alors des Restos du Cœur et rassemble des volontaires pour préparer des repas chauds et les distribuer à ceux qui sont dans le besoin. Lorsqu’il en parle à Meritess Beeharry, cette dernière est tout de suite séduite par le projet. «À la fondation, nous avions déjà un projet de petit déjeuner pour les enfants mais lorsque Nathan nous a parlé de son idée, nous avons immédiatement dit oui. En une semaine, nous avons cherché des sponsors et tout s’est fait rapidement», souligne celle qui est à la tête de la Holdem Foundation.

 

Ludovic Smith, qui a lancé la page Ki Pou Cuit Tanto, groupe qui rassemble plus 273 000 Mauriciens sur Facebook, a aussi voulu faire partie de cet élan de solidarité. «Quand Nathan Julie m’a approché pour ce projet, je n’ai pas pris beaucoup de temps avant de dire oui. J’ai toujours voulu faire quelque chose comme ça mais je ne savais pas comment me lancer. Il m’a ensuite mis en contact avec la Holdem Foundation et ensemble, nous avons pu faire La Cuisine du Cœur.»

 

Combat contre la pauvreté

 

Ensemble, les trois partenaires ont réuni une trentaine de volontaires avec qui ils ont tout préparé de A à Z. La première journée de La Cuisine du Cœur a donc eu lieu le samedi 10 novembre à Rose-Hill et dans un centre de Caritas qui accueille les sans-abri. «Nous avons d’abord tout préparé chez moi. Ensuite, nous nous sommes rendus à Port-Louis pour offrir à manger aux SDF et puis à Rose-Hill avec les enfants de Trèfles et du Foyer Père Laval que nous avons réunis à Rose-Hill», souligne Nathan Julie.

 

Au menu : riz blanc, daube de poulet, kutcha de mangue et salade de carotte. Sur place, tous ont été touchés par l’accueil qui leur a été réservé. Face au succès de cette journée, l’équipe a décidé d’en faire un rendez-vous régulier. D’ailleurs, une deuxième journée a eu lieu le samedi 17 novembre, cette fois à Bambous. «Je suis extrêmement touché de les voir heureux lorsque nous leur offrons à manger. On sent qu’on leur fait du bien et ça nous pousse à continuer et aller encore plus loin», lance Nathan Julie.

 

Pour Meritess Beeharry, l’idée de faire La Cuisine du Cœur est de propager de l’amour mais aussi d’aller au-delà de la donation de repas. Motivé à bloc, Nathan Julie rêve déjà d’une Cantine du Cœur qui pourrait accueillir ceux dans le besoin pour des repas. À travers leurs actions, affirme Meritess Beeharry, le but est d’amener une pierre de plus dans le combat contre la pauvreté. «Nous voulons en faire un projet sur le long terme. Lors de nos visites sur le terrain, nous voyons bien à quel point les gens se nourrissent mal parce qu’ils sont dans le besoin. Certains enfants ne peuvent même pas aller à l’école parce qu’ils n’ont rien sur l’estomac. Nous voulons aider ces personnes, voir comment nous pouvons leur permettre de se remettre sur pied pour réintégrer la société et sortir de la misère.»

 

Pour ce faire, ils travaillent en collaboration avec Victoria Duval, thérapeute, qui devrait mettre sur place des plans de travail afin de venir en aide à ces personnes. Bientôt, un soutien psychologique sera offert aux bénéficiaires. «Nous avons pu comprendre, en discutant avec les sans-abri, qu’il y a de nombreuses blessures derrière le fait qu’ils vivent dans la rue. Nous allons mettre en place des programmes pour les aider à dépasser leurs peurs, à avoir de nouveau confiance en eux et en la vie. Tout passera par le soutien et l’accompagnement», annonce-t-elle.

 

Pour le moment, ils se concentrent sur d’autres dates afin de toucher le plus de personnes possible. D’autres vont suivre prochainement. Il s’agit aussi de trouver des partenaires supplémentaires qui pourraient aussi contribuer à cette action caritative. «Nous allons contacter les hôtels et les centres commerciaux pour voir s’ils seraient d’accord de nous laisser les produits qui restent et qu’ils n’utiliseront pas. Nous allons les récupérer et préparer des repas que nous pourrons ensuite distribuer. Tous ceux qui souhaitent participer, d’une manière ou d’une autre, peuvent nous contacter.»

 

C’est l’appel lancé par Meritess Beeharry et ses acolytes pour qu’ils puissent continuer à partager des repas chauds et propager de l’amour.