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Désir de maternité, problème de fertilité : comment faire face au mois de mai

Allumer la télé, se connecter sur ses réseaux. Écouter nonchalamment une émission radio alors qu’on est en route. Feuilleter un journal ou un magazine…Des gestes du quotidien qui peuvent avoir l’air anodin, mais qui éveillent des douleurs pendant ce mois de mai, mois de la fête des Mères, pour celles qui ont un désir d’enfant et qui ont des difficultés à concevoir. Mais pour leur partenaire également. Les rappels de cette célébration, de ce bonheur d’être une mamidou, il y en a zis partou ! Et ce sont, pour certaines, comme des uppercuts au cœur. Anjum Heera Durgahee, Clinical Psychologist, l’explique : «Ces femmes vivent une douleur émotionnelle. Et le chagrin est particulièrement aigu le jour de la fête des Mères ; c’est un rappel douloureux de leur manque. Car c’est à ce moment-là que les mamans du monde entier reçoivent des fleurs, un petit-déjeuner au lit et d’autres expressions d’amour de la part de leurs enfants.»

 

Voir les autres mamans vivre ces moments de bonheur peut-être «un rappel très réel du chagrin et de la déception que les femmes peuvent ressentir lorsqu’elles souffrent d’infertilité». Néanmoins, la psychologue est d’avis qu’il est possible d’y faire face et de ne pas se laisser prendre par les énergies négatives et la rumination : «N’oubliez pas que vous n’êtes pas seul.e - Trouvez du soutien en ligne ou chez des amis.es/de la famille - Évitez les célébrations autour de la fête des Mères si vous vous sentez vulnérable - Reconnaissez vos émotions et parlez-en même si c’est douloureux - Essayez la méditation et l’exercice - Prenez soin de vous - Envisagez d’autres façons d’utiliser votre énergie maternelle - La maternité naît de l’âme. Il existe de nombreuses façons d’être mère. Les animaux domestiques peuvent également apporter beaucoup de réconfort.»

 

La psychologue rappelle également la difficulté émotionnelle qu’est la route vers l’enfantement pour ces mamans qui ont des difficultés à concevoir :  «Que faire si vous essayez d’avoir un enfant, mais que vous vous sentez désespérée face au cycle sans fin d’espoir, de questionnements, d’imagination, de symptômes fantômes (qui vous poussent à vous demander si vous êtes enceinte ou pas) et face à ces tests négatifs redoutés qui vous ramènent à la case départ ? Plongez-vous dans la tristesse, allez-vous de l’avant et ou acceptez-vous de réessayer ?» Pour aider celles qui rêvent d’être mamidou, ainsi que leur partenaire, elle a fait une liste de conseils que vous pouvez découvrir dans les prochaines lignes…

 

Acceptez son anxiété. «Lorsque vous essayez de repousser agressivement l’anxiété, elle a tendance à pousser plus fort. C’est pourquoi accepter que vous êtes anxieux.se peut vous permettre d’atténuer cette émotion. L’anxiété a un objectif ; c’est de nous forcer à être à l’affût du danger. C’est un système d’hypervigilance. Si nous pouvions facilement éteindre l’anxiété ou nous distraire avec des pensées positives, l’anxiété ne serait pas aussi utile. C’est EUSTRESS - «bon stress». Par exemple, si vous avez un examen et vous vous sentez anxieux.se, cette anxiété vous aidera à étudier et vous orientera vers vos objectifs. Cette émotion vous rappelle que vous faites quelque chose d’important pour vous.»

 

Freinez vos lectures. «Qu’importe le degré de l’anxiété ressentie, qu’importe sa forme, elle pousse les gens à adopter des comportements compulsifs de vérification et de recherche de réconfort. Et si vous et votre partenaire, vous tentez d’avoir un enfant, la recherche d’informations sur la grossesse sur les moteurs de recherche peut vite virer au comportement compulsif. Parfois, vous trouverez des informations utiles. Mais souvent, cela vous rendra plus inquiet.ète ou confus.e. Essayez de trouver le juste milieu. Si vous avez l’impression que lire sur la grossesse ou sur tout ce qui entoure les tentatives de conception vous rend plus anxieux.se, faites une pause.»

 

Demandez une seconde opinion. «Il y a beaucoup d’aide disponible pour ceux.celles qui essaient de concevoir. Si vous souhaitez faire plus de tests que ceux que vous propose votre obstétricien ou votre médecin de famille, allez voir un Reproductive Endocrinologist.»

 

Débarrassez-vous de la honte. «Certaines personnes peuvent ressentir un sentiment de honte parce qu’ils.elles ont besoin de temps ou d’aide pour concevoir. Soyez gentil.le et indulgent.e avec vous-même ; toute cette honte que vous ressentez n’a pas lieu d’exister. Ne pas tomber enceinte tout de suite ou avoir besoin d’aide à la fertilité ne vous rend pas moins féminine (ou viril, si vous êtes un homme).»

 

Comprenez votre besoin de noter vos symptômes.  «Vous faites, peut-être, du symptom spotting pendant les deux semaines d’attente entre l’ovulation et les règles, vous êtes hyper consciente de tout signe indiquant que vous êtes enceinte ou non. N’oubliez pas que l’anxiété est conçue comme un système d’hypervigilance. Cela vous met à l’affût. Lorsqu’une personne souffre d’anxiété liée à la santé, cette hypervigilance s’étend généralement à la surveillance étroite de son propre corps. Vous remarquerez beaucoup de sensations que vous ne remarqueriez pas normalement. Quoi que vous notiez pendant les deux semaines d’attente, qu’il s’agisse de signes qui vous donnent l’espoir d’être enceinte ou l’absence de symptômes qui vous découragent, prenez tout cela à la légère. Plus vous pouvez reconnaître que tout ce que vous remarquez peut ou non avoir un sens, moins les deux semaines d’attente seront des montagnes russes émotionnelles.»

 

N’oubliez pas qu’il y a bien d’autres choses. «Essayez d’avoir quelque chose d’autre d’excitant et de positif dans votre vie, en plus d’essayer de concevoir. Gardez un équilibre ! Et assurez-vous d’avoir au moins un autre projet en cours qui vous enthousiasme.»

 

Ne mettez pas de côté les «basics». «La plupart des personnes anxieuses passent en mode hypervigilance. Il y a quelques personnes qui passent en mode évitement et réagissent à l’anxiété en "improvisant". Cela se produit parce que se concentrer sur la source de leur anxiété la fait grimper. Alors, pour éviter que le stress monte, la personne peut décider de contourner les gestes importants qui aident la conception tels que le fait de surveiller sa glaire cervicale, d’utiliser des ovulation predictor kits et de suivre ses cycles chaque mois.»

 

Vous pouvez la contacter

Membre de l’Allied Health Professionals Council of Mauritius (AHPC), Anjum Heera Durgahee est psychologue clinicienne. Elle offre des consultations privées à Curepipe. Vous pouvez la contacter au numéro suivant : 5794 1339.