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Zenerasion Nou Kapav : Cité Ste Catherine au cœur du développement communautaire

Les activités pour le développement et l’épanouissement des enfants ne manquent pas.

Entraide, engagement civique et détermination. Pour les habitants de Cité Ste Catherine, ces mots n’ont jamais eu autant de sens qu’aujourd’hui. Avec la création de Zenerasion Nou Kapav, plateforme de développement communautaire, ils se sont engagés pour la création d’un meilleur demain.

Prendre sa vie en main et être capable, grâce à une aide bienveillante, de changer son propre destin. S’ils ne s’en croyaient pas capables, les habitants de Cité Ste Catherine vivent désormais avec un nouvel espoir. C’est là l’essence même du programme de développement communautaire qui anime depuis quelques mois cette localité où vivent de nombreuses familles vulnérables. Baptisé Zenerasion Nou Kapav, ce programme – initiative de la plateforme citoyenne de Cité Ste Catherine et soutenu par ENL, Eclosia et Rogers, trois entreprises qui se sont rejointes dans un Joint CSR Committee – a été officiellement lancé il y a quelques jours.  

 

Pour que Ste Catherine, dont 25 % des habitants vivent toujours en dessous du seuil de pauvreté, puisse connaître autonomie et indépendance, un plan stratégique de trois ans a été mis sur pied impliquant au cœur du projet les citoyens eux-mêmes. L’idée ici, explique Marietta Agathe, responsable du projet, c’est d’avoir une approche participative pour un développement communautaire intégré. Un projet, dit-elle, pour la communauté avec la communauté et par la communauté. «Les habitants font partie intégrante de l’implémentation du projet car nous avons voulu mettre la communauté au centre. Personne d’autre ne peut savoir mieux qu’eux leurs problèmes et leurs difficultés. Voilà pourquoi nous travaillons main dans la main pour déterminer les priorités, analyser les besoins et résoudre les problèmes», explique Marietta Agathe. 

 

Pour ce faire, Zenerasion Nou Kapav se décline sous cinq piliers d’intervention : autonomie financière, éducation, logement social, résilience, santé et hygiène. Le but ? Donner les outils nécessaires aux habitants, les soutenir, les encadrer et les accompagner pour qu’ils puissent prendre le contrôle de leur vie et du développement de leur cité. Dans la pratique, de nombreuses activités et petits projets prennent forme. Il y a d’abord les cours d’informatique pour les petits comme pour les grands, le centre d’éveil, l’accompagnement scolaire et l’atelier créatif zenfan sourire qui accueille les enfants entre 6 et 10 ans. 

 

L’art comme une forme de résilience, c’est la mission des animateurs de cet atelier deux fois la semaine. L’art, disent-ils, c’est aussi un moyen pour ces enfants de s’exprimer et de s’épanouir mais aussi de dégager certaines émotions quelquefois enfouies. «Au lieu de rentrer à la maison après l’école et d’être livrés à eux-mêmes parce que les parents travaillent, ils viennent ici. Ils ont une petite collation et sont encadrés par nos animateurs qui sont eux-mêmes des habitants de Ste Catherine. Ils dessinent, colorient, font du collage. Des activités ludiques et amusantes qu’ils ne ratent jamais», souligne la responsable du projet. 

 

Pour leur permettre de s’exprimer au maximum et de développer leur talent, ce ne sont pas les activités qui manquent. Espace de création, de lecture, atelier artistique ou encore de musique, les petits comme les grands y trouvent l’opportunité de s’épanouir. C’est parce qu’il a toujours voulu au plus profond de lui voir sa localité avancer que l’artiste Mike Petite, chanteur et sculpteur, s’est engagé auprès de sa communauté. Après avoir donné des cours de sculpture un peu partout dans le pays, il a monté en 2009 l’école de sculpture de Ste Catherine parce que la connaissance, dit-il, est faite pour être partagée. Aujourd’hui, c’est au centre de Zenerasion Nou Kapav qu’il transmet son art. «Cet engagement social est né parce que je ne voulais plus voir de jeunes égarés. Au cours de ces dernières années, il y a eu un changement dans les mentalités. L’art est devenu un refuge pour ces jeunes. Ça leur permet de se structurer et de donner une direction à leur vie.» 

 

Valeurs et dignité

 

Avec Dean Rungen, travailleur social chez Zenerasion Nou Kapav, et quelques jeunes de la plateforme, ils ont même lancé Zenes Cité Sainte Catherine, un CD avec deux titres, Skilpte Nou Lavenir et Fer Moris Vibre, qui ne manquent pas de révéler le talent de ces jeunes. Les accompagner au quotidien est pour lui une mission chère à son cœur. «Ces jeunes-là ont énormément de talent. Mon rôle, c’est de les écouter, de les conseiller mais aussi de les informer de leur droit car beaucoup ne connaissent pas leurs droits. Je travaille aussi sur comment les aider à retrouver leurs valeurs et leur dignité, leur faire comprendre que nous avons envie de les voir réussir, de les voir saisir leur chance et de les voir marcher la tête haute.»

 

Comme les jeunes, les adultes sont eux aussi pris en main. Sandra Fineau, Field Worker et habitante de Cité Ste Catherine, a toujours voulu voir les habitants de sa localité se tenir debout sur leurs pieds et gagner en autonomie. Cette plateforme de développement communautaire est donc porteuse d’une nouvelle ère au cœur de la cité. L’avenir, dit-elle, s’annonce plein d’espoir. Et les habitants, premiers acteurs de ce projet, en sont pleinement conscients. 

 

En ce moment, les parents sont d’ailleurs en formation avec un naturopathe pour apprendre comment préparer un repas équilibré même lorsque les moyens font défaut et comment s’adapter face à un petit budget. De précieux conseils qui seront sans aucun doute utiles pour les 60 familles vivant en dessous du seuil de pauvreté.«Nous n’avons pas besoin d’être riches pour bien manger, voilà ce qu’ils apprennent dans cet atelier. Il faut qu’ils arrivent à s’adapter au contexte et à utiliser les ressources qui leur sont déjà accessibles», confirme Marietta Agathe. 

 

Une fois cette formation finie, les habitants auront droit à plusieurs autres séances de travail, toutes basées sur le développement humain. Les projets en tout cas ne manquent pas. Alors que l’équipe travaille actuellement sur un nouveau plan de logement social, la création d’une salle d’étude pour les étudiants de la localité sera bientôt mise sur pied. Beaucoup d’écoliers, souligne Marietta Agathe, ne peuvent pas étudier une fois à la maison, soit parce que l’environnement n’y est pas propice, soit parce qu’il n’y a simplement pas d’électricité. Cette salle leur serait alors accessible à tout moment pour qu’ils puissent étudier en toute quiétude. Une étape cruciale dans la création de ce nouveau demain. 

 

Témoignages

 

Anaïs Rousseau, 21 ans, entrepreneure : «L’union fait la force»

 

«En faisant partie de la plateforme communautaire, j’ai compris que l’union fait la force. Quand toutes les générations, les petits et grands de la cité, vont unir leurs forces dans un même but – celui d’amener le développement de la cité –, il y aura une amélioration certaine, pour un avenir meilleur. C’est bien pour cela que je soutiens le programme. Cité Ste Catherine, c’est avant tout ma cité, mon vécu.»

 

Marie-Noel Désirée, 69 ans, retraitée : «Nous allons de l’avant» 

 

«Avant, il n’y avait rien dans la cité. Les enfants et les jeunes passaient beaucoup de temps dans la rue. Aujourd’hui, ça s’est beaucoup amélioré, surtout pour la nouvelle génération et nos enfants. C’est sûr, rien n’est parfait mais grâce à ce programme et à notre détermination, nous allons de l’avant.» 

 

Léa Louise, 13 ans, étudiante : «Participer au progrès» 

 

«C’est ma maman et mon frère qui m’ont encouragée à rejoindre la plateforme communautaire. J’ai vraiment envie de voir l’avancement de ma cité. Ce qui est intéressant dans ce programme, c’est que les habitants eux-mêmes peuvent se rencontrer et participer au progrès de leur localité.» 

 

Romain Edouard, 35 ans, fossoyeur :«Travailler ensemble» 

 

«Ce projet va amener des changements positifs à Cité Ste Catherine. En tant que membre de cette communauté, mon objectif est de travailler ensemble avec le comité pour que Ste Catherine soit un endroit où il fait bon vivre. Nous allons tous contribuer pour que notre localité ainsi que les jeunes puissent avancer.»