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Edito

Les (nouveaux) caméléons

Comme si retourner sa veste est une démarche banale, normale. Comme s’il n’y avait aucune pudeur à flatter ceux qu’on combattait il y a à peine quelques mois. Les nouveaux transfuges ont même l’outrecuidance de se présenter en héros, font des conférences de presse pour afficher leur nouvelle aventure politique, insultent notre intelligence en se cachant derrière l’immense ombrelle qu’est devenu l’intérêt supérieur du pays.

 

Avant que Sorefan (qui n’a pas arrêté de faire la cour publiquement au MSM) ne crie son nouvel amour pour Pravind Jugnauth, nous avons dû subir les récentes (re)ardeurs orange de Joe Lesjongard qui annonçait fièrement son retour à lakaz mama MSM. Sans oublier le coup de foudre qu’avait eu Zouberr Joomye rien qu’en regardant candidement le nouveau Premier ministre lire son discours à la télévision. On pourrait choisir de rire devant tant d’absurdités, on pourrait choisir de ne pas s’arrêter sur ces députés qui, sans scrupule, passent avec arme et bagages dans le camp adverse. Hier, c’était les Martin, Seetaram et Bholah. Aujourd’hui, le comportement des Wong, Monty, Sorefan, Lesjongard et Joomye illustre l’attirance qu’exerce le pouvoir.

 

Mais ne pas s’arrêter pour dénoncer ces actes ferait croire que leur geste est anodin. Or, ce n’est pas le cas. Non seulement les transfuges contribuent à fausser le jeu démocratique mais il s’agit là aussi d’un abus du citoyen, d’une trahison de son vote, d’une décision prise souvent pour satisfaire des intérêts individuels et non collectifs de l’électorat qui n’a pas voté pour que l’élu change de couleur politique en cours de route. À l’heure où nous assistons jour après jour à une crise de confiance entre la classe politique et les citoyens, à l’heure où les politiciens sont complètement décrédibilisés, à l’heure où l’idéologie politique ne signifie rien, cette attitude façon caméléon des uns et des autres n’est que la représentation du système dont profitent tous les partis traditionnels et leur leader.

 

À l’exemple du MSM qui nous a bluffés avec une promesse de loi anti-transfuge et qui, par stratégie, ouvre grand la porte du Sun Trust pour accueillir ses détracteurs d’hier. Avec le marchandage, le débauchage et la demande d’adhésion de quelques députés qui intègrent le parti soleil, le MSM n’entrevoit que des dividendes et fait un choix stratégique pour consolider sa position après le départ du PMSD. Comme d’autres partis au pouvoir l’ont fait avant lui.

 

Aujourd’hui, l’ironie veut que c’est Ramgoolam – faut-il en rire ? – qui réclame une loi anti-transfuge, tout en affirmant des Seetaram, Bholah et Martin, qui avaient quitté le MSM pour se joindre à son parti en 2011, que «zot ti ena prinsip». Surréaliste ? Non, lalang pena lezo ! Tout simplement. Quand on sait que cette promesse de loi anti-transfuge figurait déjà dans le programme gouvernemental de l’alliance PTr-MMM en 96, qu’en 2000, un gouvernement MMM-MSM se proposait d’amender la Constitution en faveur d’une pareille loi, que tous les autres partis ont à un moment ou à un autre pris cet engagement, sans succès, le citoyen ne peut qu’asseoir l’opinion qu’il avait déjà : les responsables politiques se foutent de nous !

 

Au fond, cette manière de faire n’est qu’une image plus nette du politicien auquel on nous habitue de plus en plus :  absence de conviction, de sincérité, aucune valeur morale. Il n’y a plus de cause, plus de principe. Et Pravind Jugnauth a beau être présenté comme «jeune leader» par ses nouveaux admirateurs, il n’en demeure pas moins que sa décision de grossir ses rangs par des transfuges démontre que sa pratique politique n’est qu’une continuité de ce que l’on connaît déjà. Aucune vision, aucune réinvention. La feuille de route se résume à une question tactique. Et retourner sa veste est applaudi, encouragé. Alors que non, ce n’est pas une démarche banale. Mais plutôt une trahison du vœu de l’électorat…

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