• Pauline Verner : «Nous ressentons un manque d’intérêt pour les droits des personnes LGBT»
  • Fitness : Se réconcilier avec le sport
  • Reena Rungloll assassinée : La sœur du principal suspect arrêtée
  • Une «success story» nommée Kurvin Nourdine
  • Kabir Khan : un magicien à la conquête des Mauriciens
  • Lupus : le combat d’une vie
  • Yash Bhoyroo, gymnaste émérite
  • La version locale de «À travers vos yeux» disponible : Pour se bercer de la voix de Jane Constance
  • Meurtre de Sylvio Lamoureux : son partenaire de beuverie passe aux aveux
  • Philippe Pokun et Yovanie Marimootoo : La pâtisserie, une histoire de famille et de cœur

Edito

Assumez vos responsabilités !

La pression a fini par payer. Elle était autant populaire que politique. C’est la raison pour laquelle le Premier ministre n’avait d’autre choix que de faire des propositions concrètes aux grévistes hier après-midi, avant que ces derniers ne mettent fin à la grève dans la soirée. Délai d’un mois, demande de financement à l’Inde, proposition de paiement en une seule tranche : pratique et réaliste ! Enfin ! Contrairement à la première réunion où Pravind Jugnauth n’avait rien à offrir aux victimes du Super Cash Back Gold et de la Bramer Asset Management, ce samedi, il a été obligé de revoir sa copie. 

 

Pravind Jugnauth a-t-il fini par comprendre que, si cette grève-là était maintenue, elle risquait de provoquer sa perte ? Tant cette grosse épine que le gouvernement s’est lui-même enfoncée dans le pied a pris le chemin politique, devenant un instrument efficace pour l’opposition et ses partisans. Sous le couvert d’une solidarité (sincère ou feinte), ceux-là ont utilisé les grévistes/victimes de la fermeture de la BAI comme de la chair à canon contre le Premier ministre et les siens. Ainsi, l’électoraliste Ramgoolam, après avoir défendu la BAI qui, selon lui, n’était pas un modèle de Ponzi, incitait déjà à «desann lor sime si par malsans enn dimounn mor».

 

Démagogie, indécence, malhonnêteté ? Qu’importe ! Seuls comptent les dividendes visés en se montrant aux côtés des victimes malheureuses qui, elles, font tristement et réellement face à l’un des plus grands drames de leur vie. Tout en regardant une poignée d’opportunistes faire de la récupération politique sur leur souffrance. Comment qualifier sinon les commentaires du leader de l’opposition qui découvre aujourd’hui que «depuis le début, cela a été une pagaille généralisée (…) Un jour, l’histoire reconnaîtra que la liquidation de la BAI a été faite avec beaucoup d’abus de pouvoir. Il y a eu une mauvaise gestion, du copinage».

 

Est-ce que Xavier-Luc Duval pense réellement qu’il est crédible avec pareils propos, alors que toutes ces décisions sur la BAI furent prises au moment où il était non seulement ministre du gouvernement mais aussi vice-Premier ministre ? À l’heure où l’on réclame une rupture avec la politique telle qu’elle est pratiquée jusqu’ici, il faudrait que nos élus, payés des fonds publics, assument leurs responsabilités avec des positions claires et une éthique sérieuse. Il est trop facile de se montrer complice en participant à la prise de décision dans un gouvernement qu’on critiquera ensuite uniquement parce qu’on a décidé de se retrouver dans l’opposition. Mais il y a malheureusement pire que Duval. Et la scène est incroyablement grotesque. Ainsi donc, Bhadain, celui-là même dont on n’oublie pas les meetings télévisés pour justifier le démantèlement de la BAI, quand il était au pouvoir, s’en est allé tranquillement s’asseoir avec les grévistes en proposant de les défendre gratuitement en Cour. Et a fait son laïus habituel pour fustiger ses anciens collègues. Et, bien évidemment, sans piper mot sur une quelconque responsabilité  collégiale de sa part. Tout le drame est là.

 

Aujourd’hui, personne ne veut assumer ses responsabilités dans la chute provoquée de la BAI. Il est scandaleux d’entendre maintenant le Premier ministre affirmer que Bhadain l’a induit en erreur et qu’il est le premier responsable de la situation, alors que tout un gouvernement a pris une décision collective pour dissoudre la BAI.

 

Ce faisant, Pravind Jugnauth donne raison à tous ceux qui pensent depuis longtemps que toute cette affaire, gérée dès le départ de manière catastrophique, n’est qu’une vengeance politique à l’encontre des Rawat. Les conditions de la révocation de la licence de la Bramer Bank, les aveux de l’ancien Premier ministre qui, jouissant de sa position privilégiée, avait eu des informations confidentielles lui permettant de faire des retraits d’argent pour «sov mo la po», alors que Bhadain avait concédé avoir retiré Rs 700 000 de cette banque, la précipitation de la vente des entreprises appartenant à la BAI, et les récentes charges rayées contre les filles et gendres de Dawood Rawat, sèment le  doute sur le management de ce gouvernement.

 

Maintenant que la grève de la faim est derrière nous, saluons la témérité de tous ces grévistes qui, grâce à leur courage, ont forcé le Premier ministre à leur donner des réponses concrètes. Tant mieux car il faut obliger ce gouvernement et ceux qui en faisaient partie à assumer leurs responsabilités…