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Projet Employabilité Jeunes : Pour un bon départ dans la vie

Padmini Ramkissoon ne pouvait pas être plus fière de son fils Luv Veer.

Les prendre en main, leur redonner confiance en eux, faire naître en eux l’envie d’apprendre et de se surpasser pour qu’ils puissent trouver un emploi stable et faire carrière. C’est la mission du Projet Employabilité Jeunes (PEJ), le programme d’intégration de la Fondation Espoir Développement Beachcomber (FED). Cette année, 230 jeunes ont obtenu leur certificat. Jeremy, Annabelle, Luv Veer et Azmad sont remplis d’espoir face à l’avenir.

Une émotion particulière brille dans leurs yeux. Il y a encore quelques minutes, Cindy et Patrick Antonio n’ont pu retenir leurs larmes au moment où leur fils, Jeremy, 17 ans, montait les marches de l’Auditorium Octave Wiehe à Réduit il y a quelques jours, à l’occasion de la remise des certificats du PEJ (Projet Employabilité Jeunes). Ce moment, ils l’avaient souvent imaginé mais n’avaient jamais vraiment osé y croire. Ces dernières années n’ont pas toujours été simples. «Il était assez turbulent, ne prenait jamais rien au sérieux. Il avait l’air de vivre dans un autre monde. Académiquement, c’était souvent la catastrophe. On se faisait beaucoup de soucis pour son avenir», confie son père. Pour l’adolescent, qui avait décidé de ne plus retourner sur les bancs de l’école après avoir raté ses examens de Form V, il fallait trouver quelque chose à faire, une direction à prendre. 

 

C’était donc tout trouvé lorsqu’il a entendu parler des cours du PEJ, le programme d’intégration de la Fondation Espoir Développement Beachcomber (FED). Comme lui, 230 autres jeunes exclus du système scolaire ont eu l’opportunité de suivre cette formation aux métiers de l’hôtellerie pour ensuite se lancer sur le marché du travail. Travailler dans l’hôtellerie ? Pourquoi pas, s’est dit Jeremy. Ainsi, pendant six mois et contre toute attente, le jeune homme s’est appliqué, donnant le meilleur de lui-même pour réussir. Alors, au moment de recevoir ce précieux bout de papier, la joie et la fierté étaient au rendez-vous. «Je suis content et fier de moi. L’école, ça ne me plaisait pas trop. En suivant cette formation, j’ai énormément appris. J’ai un petit carnet dans lequel je note toutes les procédures à suivre.» 

 

Pendant les six mois d’apprentissage, Jeremy comme tous les autres bénéficiaires, ont été suivis par des parrains et des marraines, des professionnels de l’hôtellerie, dont la mission était de les encadrer et de les accompagner. Comme Jeremy, Yvon Eleonore, Front Officer Manager au Dinarobin, a commencé, dit-il, au bas de l’échelle pour petit à petit gravir les échelons. Donner l’envie d’apprendre et de se surpasser au jeune homme, le booster et répondre présent dans les moments difficiles, c’était sa mission auprès de celui qui n’a pas manqué de lui prouver qu’il avait l’amour du métier. «Jeremy n’est pas timide. Il peut même être impressionnant. Il a la tchatche facile, est très à l’aise, veut apprendre et pose des questions sans arrêt. C’est ce qu’il faut lorsqu’on veut faire carrière dans l’hôtellerie, particulièrement à la réception.» 

 

Aller de l'avant

 

Et la bonne volonté de Jeremy a fini par payer. Après son stage au Dinarobin Beachcomber, il y a été employé comme assistant réceptionniste, une consécration après son dur labeur. Aujourd’hui, le jeune homme ne pense qu’à aller de l’avant. «Je veux continuer à apprendre, à progresser. Je suis prêt à me donner à fond.» Devant de telles paroles, ses parents ne peuvent qu’être remplis d’espoir concernant son avenir. «Je suis plus tranquille maintenant. Je sais qu’il a trouvé sa vocation. Il est épanoui et heureux, et nous sommes plus que jamais fiers de lui», confie sa maman. 

 

Cette fierté, Padmini Ramkissoon la ressent aussi. Son fils, Luv Veer, 17 ans également, a complété avec brio sa formation dans le housekeeping. Atteint d’un handicap physique, l’adolescent vient de loin. Après avoir échoué aux examens du CPE, il a poursuivi sa scolarité dans le prévocationnel avant de suivre une formation à la MITD. Lorsque Padmini, employée dans la restauration à l’hôtel Le Canonnier Beachcomber, a appris que la formation allait bientôt débuter, elle a immédiatement vu que c’était la voie toute tracée pour son fils. «Malgré son handicap, nous ne l’avons pas élevé en le faisant sentir qu’il était différent et qu’il ne pouvait pas réussir. Aujourd’hui, il a prouvé qu’il est tout aussi capable que les autres. Il fait ma fierté», souligne-t-elle. Motivé à bloc, Luv Veer ne s’est jamais senti différent malgré les contraintes que sa condition physique lui impose. «Je peux le faire et j’ai envie d’apprendre. Je ne suis jamais resté à ne rien faire. C’est grâce à mes parents que j’en suis là aujourd’hui. Je suis heureux de leur faire honneur.» 

 

Gertrude Laurent et Annabelle Mashoull partagent une relation très forte.

 

Cette remise de certificat restera à jamais gravée dans sa mémoire. Jamais, dit-il, il n’aurait imaginé un jour monter sur un podium et entendre derrière lui cette vague d’applaudissements.«Ça fait chaud au cœur.» Désormais, tous deux n’ont plus qu’un souhait : que Luv Veer décroche au plus vite un emploi et puisse débuter sa vie d’adulte. Foncer pour pouvoir dépasser sa timidité. Annabelle Mashoull, 20 ans, l’a appris à force de travail. Avec sa marraine de formation, Gertrude Laurent, Sports & Leisure Officer au Victoria Beachcomber depuis 16 ans, elle, qui est de nature introvertie, a appris à briser la glace pour toujours mieux se mettre au service du client. 

 

Au fil des mois est né, entre les deux jeunes femmes, un lien très fort. «J’ai essayé de l’encadrer comme une mère le ferait avec sa fille. J’ai voulu l’encourager à foncer et à aller de l’avant. Dans l’animation, on doit toujours aller vers les autres», souligne Gertrude. Annabelle, elle, a absorbé chacun des conseils de sa marraine qui lui a permis d’avoir plus confiance en elle. Sa première expérience professionnelle a été, confie-t-elle, au-delà de ses espérances. «J’ai beaucoup appris. J’ai découvert pour la première fois le monde du travail. Il y a des choses que je ne me croyais pas capable de faire. Aujourd’hui, je veux me débrouiller par moi-même.»

 

Azmad Lallmohammed et sa maman tout heureux et tout sourire lors de la cérémonie de remise de certificats.

 

Pouvoir être autonome et indépendant financièrement, c’est aussi le rêve d’Azmad Lallmohammed, 19 ans. Lui qui a arrêté l’école alors qu’il n’était qu’un enfant s’est accroché malgré toutes les difficultés qui se sont présentées sur sa route. Bien sûr, ça n’a pas toujours été évident, principalement lorsqu’on ne sait ni lire ni écrire mais Azmad a voulu prouver que, malgré cela, il pouvait réussir. «Je suis content de moi. J’ai pu me débrouiller malgré le fait que ce n’était pas toujours facile. Aujourd’hui, je pense que ma famille est fière de moi.» Toujours en stage de stewarding au Paradis Hotel, il espère désormais pouvoir faire ses preuves et décrocher ainsi un contrat de travail. Ce sera alors pour lui le début d’une toute nouvelle vie. 

 


 

Fondation Espoir Développement Beachcomber : 18 ans d’engagement

 

Face au décrochage scolaire, ils ont choisi la formation. Apprendre un métier d’hôtellerie à un jeune exclu du système scolaire pour qu’il puisse travailler, être indépendant et ainsi mieux s’intégrer à la société. C’est là la mission du Projet Employabilité Jeunes qui a célébré ses 16 ans d’existence. Ce programme d’intégration a été lancé en 2001 par la Fondation Espoir Développement Beachcomber (FED) qui a, elle, fêté ses 18 ans d’existence. Depuis, 2 700 jeunes ont été formés. Avec le PEJ, la fondation a voulu prendre par la main les jeunes âgés entre 16 et 22 ans, déscolarisés et issus de milieux vulnérables, pour leur permettre de se faire une place sur le marché du travail. «J’aime dire que nous les déprogrammons pour les reprogrammer. Plusieurs d’entre eux font aujourd’hui carrière dans l’hôtellerie.  L’objectif du PEJ est d’aller au-delà de l’employabilité pour assurer l’intégration professionnelle des jeunes. Notre but n’est pas seulement de rendre le jeune employable. Il s’agit aussi de l’aider à grandir et à s’épanouir dans son milieu professionnel», a déclaré Malenn Oodiah, président de la FED. Le cursus, théorique et pratique, a pour objectif de permettre aux étudiants de faire l’apprentissage des langues française et anglaise, à avoir des notions de base des mathématiques mais aussi de se valoriser, de reprendre confiance en eux, et d’acquérir des valeurs sociales comme la courtoisie, le respect de l’autre et la ponctualité, entre autres. À travers cette formation à un métier, le PEJ souhaite aussi aider ces jeunes à un nouvel avenir.