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Les Salines de Yemen : Une belle aventure salée

Des découvertes, un super panorama : what else ?

Cet endroit est le dernier de l’île. Et on peut désormais le visiter. C’est la jolie découverte à faire. En plus, avec toutes les choses apprises, vous pourrez briller en société… comme les cristaux !

La surface lisse de l'eau scintille. Le soleil s'agrippe aux cristaux de sel en devenir. Ses rayons caressent les bâtisses en pierre, typiques de ces lieux qui touchent l'âme. La journée est belle, pas de courses de nuages dans le ciel bleu de l'Ouest. Le temps idéal pour une découverte. Un bond dans le temps, dans l'univers du sel qui se crée de façon artisanale. Pour ça, direction Tamarin. Arrêt aux Salines de Yemen qui, depuis cette semaine, ouvrent leurs portes aux visiteurs. «C'est une façon d'inviter les Mauriciens et les touristes à découvrir cette technique artisanale et les dernières salines de l'île», explique Pascale Montocchio qui sera notre guide du jour. L'occasion de s'offrir une aventure dans les derniers vestiges d'une époque qui s'en va comme les grains de sable sous l'effleurement de la brise.

 

D’ailleurs, le vent se lève et fait naître des ridules à la surface de l'eau, là où le produit n'a pas encore pris ses aises. Dans l'air, pas de parfum d'iode pour autant. Dans les oreilles, la mélodie de la circulation qui finira par s'estomper – mais jamais tout à fait – plus on s'enfonce dans ce monde salty. Avec notre guide du jour (ce service n'est pas proposé ; néanmoins, les panneaux explicatifs sont très clairs et les demoiselles de l'accueil vous feront un sympathique briefing), nous découvrons des espaces aménagés qui facilitent le déplacement, un univers rustique, une ambiance nature. Et le débit ultra-speed de Pascale Montocchio. Mais aussi son amour pour ce lieu. Sa passion pour ce produit naturel, qui vit en elle : elle en parle et est à fleur (de sel) de peau. On y croise aussi Raj Isram, contremaître et habitué des salines depuis 30 ans, qui veille au grain de sel.

 

Respect

 

Première étape : Pascale Montocchio nous parle des chauffoirs, de la fonction essentielle de ces bassins faits de glaise (afin que l'eau ne parte pas vers la terre). Du besoin de niveler et de ces personnes qui marchent dans ces bacs, pensant qu'il s'agit de bassins «morts» : «Pourtant, la fonction de ces bassins est essentielle. Ce sont des pièces maîtresses du système. Alors, il faut les respecter.» C'est de là que tout part, que l'eau qui est pompée de la mer (qui est conservée dans un grand réservoir) descend en serpentin – grâce aux chicanes, pour allonger le temps de descente et augmenter la température et le phénomène d'évaporation – afin de rejoindre les bacs nourrices, là où le sel naît et, enfin, les cristallisoirs, où il s'épanouit. Deux personnes, les alimenteurs, vérifient la densité de l'eau – grâce au degré baumé, une vieille unité de mesure – à l'aide d'un petit instrument en bambou.

 

On y apprend l'utilisation des vannes, ce dispositif mobile qui régule le débit d'eau ; on entend parler de disel tapi (le sel qui se cristallise sur un tapis et non directement sur la roche) et de disel ros (qui peut contenir parfois des «impuretés»). Lors de cette balade, vous découvrirez des foules d'informations, la complexité du processus, ces gestes connus, partagés et répétés tous les matins par les 15 employés des Salines. Sur les pas des ramasseuses de sel, qui arrivent bien plus tôt, vous apprendrez l'importance de l'entretien et du fait main (et vous pourrez même les croiser, si vous avez de la chance). Vous vous extasierez devant les tas de sable d'une blancheur absolue.

 

Relaxant

 

Pour tout ressentir, pour tout vivre, il faut prendre son temps, ne plus compter ses pas, admirer les différents panoramas (il y a le sel, la montagne et la mer…), écouter le dialogue des pierres. Mais aussi la symphonie du vent dans les fatak, qui berce la découverte. Laisser monter en soi, une douce sensation de bien-être. «C'est relaxant, ici», s’extasie Pascale qui ne se lasse visiblement pas de cette baz. S'asseoir sur des hautes pierres, donner la chance aux minutes de s'égrener sans les brusquer, ne plus retenir le temps. Cette torpeur sur la route du sel vous mènera à l'Old Salt Pan qui, comme son nom l'indique, est la partie la plus ancienne de ces Salines. Face à vous, vous découvrirez une imposante bâtisse en roches bien sûr (il s'agit d'un store), aux volets en bois et aux histoires murmurées. Entourée de cristallières et d'un sol parsemé de cristaux… comme des éclats de diamants. Pour un instant d'éternité.  Là, Pascale Montocchio nous parle de la récolte de la fleur de sel, l'or blanc prisé par les chefs de cuisine : «C'est une technique qui demande de la patience et du temps. Elle se cueille délicatement avec une spatule en bois. Un mouvement brusque et nous perdons la fleur de sel.»

 

Plus loin, un four à chaux, une forêt d'acacias : ombre et fraîcheur. Des tables pour se poser, des bancs pour rêvasser. Et toujours, cette vue en dualité ; d'un côté le cœur de Tamarin (ses commerces, son brouhaha, son passage incessant, sa croix) et de l'autre sa magie (les bouts d'océan, les Salines et les bâtiments d'époque). Et la surface lisse de l'eau qui scintille….

 


 

Au début

 

…Il y a, une bâtisse en roches où s'engouffrent les courants d'air et les bruits de l'ailleurs. Avec sa lumière tamisée, sa charpente de bois et de tôle, elle accroche le cœur. C'est là que vous commencerez votre visite ; vous y toucherez du sel incrusté depuis des années dans les murs en pierre, vous trouverez les paniers utilisés par les ramasseuses de sel, vous apercevrez la beauté de ce qui vous attend à travers une porte qui ouvre vers la lumière.

 

Vous y trouverez aussi une partie boutique avec des sels de bain, des sels de cuisine aromatisés, de la fleur de sel et du gros sel dans des logements très sympathiques. Il y a même ceux qui reproduisent les bâtisses en roches.

 

Pratique

 

Les Salines de Yemen sont ouvertes au public de 8h30 à 16 heures, du lundi au vendredi. Et de 8h30 à 11h30, les samedis.

 

Les tarifs pour les Mauriciens (il faut présenter sa carte d'identité) sont les suivants : Rs 150 par adulte, Rs 100 par enfant de plus de 4 ans, Rs 50 par élève dans le cadre d'une sortie scolaire, Rs 80 par senior citizen et Rs 30 par personne souffrant d'un handicap (mais contactez les Salines au préalable pour vous assurer que la visite pourra se faire).