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Met pavion Moris…

Au-delà de tous les dysfonctionnements révélés par l’affaire Wakashio, allant de la facilité désarmante pour pénétrer nos eaux territoriales à l’impréparation d’un gouvernement médiocre, ce naufrage, malgré l’immense chagrin qu’il occasionne, aura eu le mérite de nous faire redécouvrir une partie négligée de nous-mêmes : notre fameux génie mauricien.

 

Cette réaction rapide d’une société civile qui s’organise, qui trouve elle-même des solutions face à une catastrophe environnementale, en répondant spontanément à l’appel des ONG professionnelles, et cette chaîne d’âmes vaillantes n’hésitant pas à mettre leurs petites mains dans le mazout de l’incompétence de nos dirigeants, méritent le respect. D’autant que toute cette énergie fait partie d’un mouvement plus large illustrant une conscience citoyenne responsable face à une classe politique décevante.

 

Si en juillet, la marche pacifique du 11, organisée par le Kolektif Konversasion Solider après le vote des projets de loi liés à la Covid-19, était en quelque sorte les prémices d’un réveil, aujourd’hui, la manifestation de la colère entourant la mauvaise gestion du Wakashio cristallise un incroyable sursaut citoyen. Qu’il s’appelle Bruneau Laurette, dont l’exaspération se traduit par une private prosecution en cour (l’affaire est prise au sérieux par le DPP qui a demandé un rapport du commissaire de police avant de se prononcer) et réussissant à envoyer deux ministres sur le banc des accusés. Qu’il s’agisse du courageux Vinod Ramdonee, racontant sur une vidéo son bras de fer musclé avec l’entourage du Premier ministre parce qu’il voulait brandir une pancarte dont le message est «I love my country. I’m ashamed of my government» – slogan repris sur une multitude de posts. Que l’on parle de ces milliers de voix qui chaque jour s’expriment sur les réseaux sociaux, dénonçant les travers de nos dirigeants dans de multiples groupes dont le plus populaire est actuellement Sel Solution Revolution. Toutes ces émancipations ne sont que la représentation du ras-le-bol d’une rue qui veut se faire entendre. N’est-ce pas à une forme de résistance à laquelle nous assistons avec toutes ces voix citoyennes sonores libérées de la peur et applaudies par une majorité de personnes, partageant le même ressenti et dont le soutien solidaire traduit un dégoût de la politique traditionnelle ?

 

Même si nous ne pouvons prétendre être à la veille d’un printemps mauricien, même si l’exemple de l’ancien gouvernement démissionnaire du Liban n’inspirera pas nos dirigeants qui continueront à s’asseoir tranquillement dans leur siège confortable, force est de reconnaître que la prise de conscience collective se transforme en un acte de pression sur le pouvoir en place. Une ambiance qui confirme une crise de confiance entre un gouvernement sourd et des citoyens réclamant en toute légitimité des comptes et à qui l’on veut nier une participation démocratique.

 

Face à ceux voulant lui confisquer ses droits, voilà donc une opinion publique qui prend sa liberté, qui revendique sa destinée commune en participant à la marche pacifique de juillet, en mettant son coeur dans la fabrication des bouées, quitte à se faire traiter de volontaires nuisibles pour sauver notre patrimoine après le passage du Wakashio, et qui bientôt assistera à la manifestation pacifique du 29 août dans les rues de Port-Louis.

 

Une démonstration de force citoyenne dont l’objectif est de faire savoir à qui de droit que lepep admirab n’est pas si moutonnier qu’on le croit et que le pays n’appartient pas qu’à une élite politique. Une élite qui, d’ailleurs, fait plutôt honte à la politique quand on voit l’utilisation de la répression ou encore l’instrumentalisation de groupuscules extrémistes aux propos puant le communalisme, venant soudainement au-devant de la scène en jouant encore une fois sur la corde sensible de l’ethnicité pour essayer de diviser le pays quand d’autres n’essayent pas d’attaquer la crédibilité d'esprits téméraires qui osent faire front au pouvoir !

 

Faut-il aussi rappeler la présence de ceux qui se sont ridiculisés aux abords du tribunal de Grand-Port avec leur banderole pour soutenir les ministres Kamano et Maudhoo ? Face à cette tentative de récupération, c’est une autre voix citoyenne raisonnée et sincère mais non dénuée de colère qui se faisait entendre : celle de Dominique Veerasamy, habitante de Mahébourg, dont la vidéo a été vue une multitude de fois, tant son cri du coeur fait écho : «Pa melanz politik avek seki fin arive, lager pou nou liberte, lager pou nou drwa sitwayen, pena politik isi. Met pavion Moris, sa ki bizin mete…»

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