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Football power

Un Mondial qui témoigne de la puissance d'une discipline sportive. À partir d'aujourd'hui et pendant un mois, la planète entière aura les yeux rivés sur le Qatar à l'occasion de la Coupe du monde de football organisée par la FIFA chaque quatre ans. Des millions de téléspectateurs, supporteurs et footeux, contaminés par la fièvre du Mondial 2022, regarderont 32 pays se battre pour remporter LA coupe tant convoitée.

Quelque 3,2 milliards de téléspectateurs devraient suivre ce qui est considéré comme le plus grand événement sportif du monde après les Jeux olympiques.Ce sport sera encore plus au centre des discussions et va peut-être même faire oublier momentanément les multiples problèmes qui affectent notre  monde. Bien que cette discipline tienne en haleine les amateurs tout au long de l'année grâce au football anglais et européen, certains vont (après quatre ans) le redécouvrir. Le football sera donc à toutes les sauces pendant un mois et ce sera difficile de le rater.

 

Comme ce sport est devenu au fil des années une véritable entreprise et un outil puissant de marketing, certains l'ont aussi détourné à d'autres fins. Il s’est glissé subtilement dans le jeu des politiques à travers le concept de soft power, défini par la capacité d’un État à influencer et orienter les relations internationales en sa faveur par un ensemble de moyens autres que coercitifs (menace ou emploi de la force).

 

La preuve avec l'intérêt de l’Arabie saoudite pour le football anglais à travers le rachat de Newcastle Utd l’année dernière, pour suivre les pas d’Abu Dhabi avec Manchester City ou du Qatar qui a investi massivement dans le PSG. Bref, des États qui ne sont pas des grandes pointures sur l'échiquier footballistique mais qui ont trouvé un moyen avec leurs fonds illimités d’être sur le rectangle vert, tout en tirant des bénéfices politiques et en ayant une influence relationnelle sur des pays dits grandes puissances.

 

C’est donc le Qatar qui va abriter cette grande fête du ballon rond et, pour cela, la plus haute instance mondiale du football a dérogé à une règle en organisant cette compétition durant une période inhabituelle. Avec une population d’environ 2,8 millions d’habitants, le Qatar n’est pas une référence footballistique et participe pour la première fois de son histoire à une phase finale de la Coupe du monde en sa capacité de pays hôte.

 

Si d’ordinaire, les Coupes du monde se déroulent entre juin et juillet, cette fois, elle a lieu en fin d’année puisqu’en été, la température dans cette partie du monde peut atteindre les 50°C, alors qu'en hiver, elle tourne autour de 18°C à 24°C. La situation est d'autant plus inédite que ce Mondial 2022 se déroule en pleine saison de football et que cela force tous les pays participants à mettre en pause leur compétition, par exemple, la Premier League en Angleterre et la Liga en Espagne, parmi bien d’autres ; ce qui a fait grincer bien des dents.

 

En plus, depuis que le Qatar a été désigné, il y a 12 ans, comme organisateur du Mondial 2022, des polémiques ont rythmé toute la préparation. Il y a eu des soupçons de corruption sur ce choix surprenant, ainsi que la dénonciation du mépris des droits de l’homme et des conditions de travail sur les chantiers. Certains font aussi prendre une tournure politique à l'événement pour militer pour leurs causes.

 

Mais ce n’est pas pendant la Coupe du monde qu’on va résoudre les problèmes sérieux auxquels est confrontée la planète depuis des décennies, comme le non-respect de l'environnement et le changement climatique, même si le Qatar aurait mis des millions de chameaux à disposition pour le transport de ses invités (équipes participantes, dirigeants, sponsors et spectateurs). Les décideurs du monde auraient dû depuis longtemps prendre des mesures drastiques pour protéger la couche d’ozone, réduire la dépendance mondiale à l’essence et au diesel, et atténuer les bouleversements climatiques. C’est donc à eux que les cartons rouges devraient être montrés.

 

Un mouvement de boycott a été enclenché à l’approche de cet événement mais cela ne semble nullement influencer le démarrage des compétitions. Tout comme cela n’avait pas empêché la tenue des Jeux des îles de l'océan Indien (JIOI) 2019 sur notre sol dans la ferveur populaire après le décès malheureux de trois travailleurs étrangers sur le site de construction du complexe sportif de Côte d’Or. Personne n’avait parlé de boycott des JIOI 2019 et organisé des manifestations, même si ces décès avaient fait l'objet de questions au Parlement.

 

Bref, aujourd'hui, c’est le pays hôte qui ouvrira le bal sur le terrain pour affronter l’Équateur, en espérant célébrer, dans un mois, un sacre historique en remportant la finale le 18 décembre, jour de la fête nationale du pays. Mais les autres nations participantes ne sont pas venues faire du tourisme et vont jouer crânement leurs chances. Que la fête du foot soit, malgré tout !