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PSYCHO - Pour un mieux-être : apprendre à se connecter à ses émotions

Leur donner de la place. De l’espace pour qu’ils puissent s’exprimer. Pour qu'ils puissent vous passer les messages qui sommeillent en eux. Les émotions nous accompagnent à chaque instant. Elles nous font du bien, souvent. Joie,bonheur, plénitude, excitation positive.…Mais, parfois, elles nous font perdre le contrôle, frôler la colère ou y aller carrément, en mode kraz partou...

«Faire face à des sentiments comme la tristesse, la colère ou l’anxiété pourrait être la dernière chose que vous voulez faire, parce qu’ils sont inconfortables et lourds, parce que prendre ce temps, ça fait mal, parce que vous vous sentez ridicule. Parce que vous êtes déjà frustré/e. Vous êtes fatigué/e de la tristesse. Parce que vous ne savez pas comment. Vous avez l’impression qu’il n’y a pas d’issue», explique la Life Coach Pallavi Jagessur.

 

Alors le plus simple, souvent et pour beaucoup d’entre nous, c’est de taire ces émotions négatives, explique la professionnelle. De les enfouir. De les ignorer : «Beaucoup d’entre nous ne savent pas par où commencer. Nous ne savons pas à quoi cela ressemble de ressentir une émotion. Certaines personnes s’engourdissent par choix ou inconsciemment. Certaines personnes répriment leurs émotions. Mais, malheureusement, cela a son lot de conséquences.» (voir hors-texte).

 

La bonne nouvelle, dit Pallavi Jagessur, c’est qu’il y a différentes façons pour apprendre à se connecter à ses émotions. Elle parle de quelques techniques ci-dessous. Et elle partage un message d’espoir : «Vous avez le pouvoir de faire face aux différentes situations. Vous pouvez libérer vos émotions. Vos sentiments ont du sens, ils sont valables. C’est normal de ne pas être ok. Il est normal d’être imperfectly perfect. Personne n’est parfait.»

 

Faites une liste. «Notez toutes ces émotions que vous ressentez. Essayez de ne pas les juger/de ne pas vous juger. Notez simplement ce que vous vivez. Essayez d’identifier l’émotion spécifique du mieux que vous pouvez. »

 

Par exemple : «Je me sens gelé/e. Je ressens une oppression dans ma poitrine, un bourdonnement dans ma tête. De la tension dans mes épaules. Mes mains sont moites et tremblantes. J’ai une boule dans ma gorge. Mon cœur palpite. Mes oreilles sont brûlantes…»

 

Cela peut vous aider : branchez vos écouteurs et laissez jouer de la musique classique ou toute chanson qui peut vous aider à vous connecter à vous-même. De la Healing Music est disponible sur YouTube. Elle aide à calmer le système nerveux.

 

Si vous n’arrivez pas à faire le point, faites un scan de votre corps en vous posant ces questions : «Qu’est-ce que je ressens dans ma tête,  au niveau de mon cou, de mes épaules, de mes bras, de mes doigts, de ma poitrine, de mon ventre, de mes jambes, de mes pieds ?» Notez tout.

 

Dessinez ! Oui, votre corps. Ou du moins, pour ceux et celles qui n’ont pas la fibre artistique, le contour de votre corps. Ensuite, suivez les conseils de Pallavi Jagessur : «Mettez un X là où vous ressentez l’émotion. Vous pouvez également utiliser des crayons pour colorier la zone que vous avez délimitée. Vous pouvez utiliser une couleur qui représente précisément, selon vous, ce que vous ressentez. Par exemple, vous utilisez peut-être le violet ou le noir pour décrire votre tristesse. Le rouge pour décrire votre anxiété parce que vous avez l’impression d’être en feu…»

 

Dessiner un cœur peut vous aider à mieux écouter ce qui se passe en vous : «Colorez en fonction des émotions que vous ressentez. Rouge pour la colère. Le bleu pour l’énervement/la mauvaise humeur. Le jaune pour le bonheur. Le vert pour l’amour, le calme et la paix. L’orange pour la créativité.»

 

Il vous est possible de gribouiller les objets qui représentent ce qui se passe à l’intérieur de vous : «Dessinez les objets qui représentent vos sentiments : une tasse vide, un collier cassé, une fleur flétrie, une couverture déchirée, des piles de vaisselle dans l’évier.» N’oubliez pas, néanmoins, que les émotions peuvent être positives également : un beau vase, une jolie mise en place…

 

Vous pouvez vouloir voir les choses au-delà de vous : « Dessinez un paysage qui illustre ce que vous ressentez. Un volcan qui explose. Ou alors de la neige, de la pluie et de la glace. Le ciel du soir avec une grande lune brillante. Ou un océan profond, profond.»  Demandez-vous : «À quoi ressemble mon paysage émotionnel ?» ou «Si mon expérience émotionnelle était un paysage, à quoi ressemblerait-il ?».

 

Vous pouvez aussi, explique Pallavi Jagessur, opter pour les techniques du Zendala, du Zentangle ou du Mandala : «Faites un tour sur YouTube, vous apprendrez bien vite ces techniques. Elles peuvent vous aider à évacuer vos émotions difficiles.»

 

Imaginez. Pour se connecter à ses émotions, il faut parfois prendre des chemins qui sont inusitées. Comme le fait de «créer un personnage qui représente vos émotions» : «Faites-en un personnage multidimensionnel et complexe qui reflète les nombreuses couches de votre expérience émotionnelle.»

 

Dans l’idée de cette utilisation des mots pour décrire votre réalité et ce que vous ressentez, vous pouvez imaginer avoir en face de vous quelqu’un/e qui vous entend/lit. Mais pas n’importe qui : «Écrivez sur ce que vous ressentez comme si vous le décriviez à un enfant de 5 ans. Utilisez des mots simples pour révéler les vérités de la façon la plus simple et la plus vraie possible. Écrivez une lettre à votre jeune vous.»

 

Parlez-leur. Mais à qui ? À vos émotions, bien sûr : «Parlez directement à votre émotion. Demandez-lui de vous en dire plus, de vous aider à comprendre ce qui se passe.» Demandez-lui : «Quoi d’autre ?» et «De quoi as-tu besoin ?» et «Qu’est-ce qui t'aiderait ?» Notez vos réponses. Peu importent qu’elles semblent stupides ou «bêbêtes». Notez ce qui se produit automatiquement.

 

PS : La life coach évoque également le massage pour libérer les vieilles émotions stockées : le deep tissue massage ou hijama.

 


 

Des conséquences qui font mal

 

L’ignorance ; pas une solution. «Lorsqu’elles ne sont ni ressenties ni traitées, nos émotions grandissent, évoluent et changent de forme : nous évacuons notre frustration sur des êtres chers qui n’ont rien à voir avec nos sentiments. Nous prenons des décisions qui ne sont pas fidèles à nos désirs. Nous tournons notre colère vers l’intérieur et nous ne nous traitons pas avec compassion ou respect. Nous devenons vraiment fatigués/es. Nos nerfs sont à fleur de peau et le moindre problème peut nous briser. Cela peut être très difficile à vivre.»

 

Surtout que les émotions ont des messages. «Notre colère pourrait nous alerter qu’une limite a été franchie. Notre tristesse peut révéler ce que nous voulons vraiment (ou ne voulons pas). Et si nous ignorons nos émotions ou les rejetons, nous passons à côté de cette perspicacité vitale. Nous manquons de puissantes occasions de nous connecter à nous-mêmes. En fin de compte, vous n’avez pas à ressentir chaque sentiment à une intensité maximale. Au contraire, vous pouvez consacrer 10 minutes à écrire les sensations que vous ressentez, à réfléchir à votre douleur, à explorer à quoi ressemble votre émotion. Ce n’est peut-être pas facile non plus, mais c’est un bon moyen de commencer.»