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Reprise sur fond de crise économique : Conjoncture difficile, ils s’adaptent...

Au moment où plusieurs entreprises reprennent leurs activités, nous donnons la parole à cinq professionnels qui nous disent comment ils envisagent la reprise alors que plane le spectre d’une crise économique et comment ils comptent faire pour survivre dans de nouvelles configurations.

Virginie Couronne, Communication Specialist

 

Qui suis-je ? : «J'évolue dans le secteur de la communication depuis neuf ans bientôt. Je travaille dans le secteur bancaire depuis trois ans et j'occupe le poste de Communication Specialist chez Bank One. Le secteur bancaire est considéré comme l'un des services essentiels et nous avons été confrontés à une crise sans précédent.»

 

Mon regard sur la conjoncture actuelle : «Peu importe le secteur, nous évoluons dans un contexte extrêmement instable, incertain et difficile. Au niveau des banques, nous avons été témoins de la détresse et de l'angoisse de la population – car la Covid-19 a eu un sérieux impact sur les finances des individus et des entreprises, en somme sur notreéconomie entière.»

 

Comment je m'adapte : «Je pense que la grande force des communicants est leur capacité à s'adapter à toutes les situations et à sortir de leur zone de confort lorsqu'il le faut. En ce qu'il s'agit de la crise de la Covid-19, on parle souvent de contraintes mais il y a également de nombreuses opportunités qui nous ont été offertes. Par exemple, le work from home est un mode de travail que bon nombre d'entreprises vont maintenir après le confinement car bien que travaillant à distance, les équipes ont démontré que le travail continue et ce, efficacement. Aussi, nous avons constaté pendant le confinement qu'une grande majorité des clients des banques ont adopté le digital banking et ont utilisé massivement les canaux digitaux. Ceux qui ne s'étaient pas encore enregistrés l'ont fait et utilisent ces canaux à chaque fois qu'ils doivent effectuer une transaction. Idem pour la communication ; au début de la crise et parce que toute la population était confinée chez elle, tous les journaux et groupes de presse ont cessé de vendre les journaux et sont passés entièrement au e-paper.»

 


 

Javed Bolah, consultant en communication et en pilotage de marques

 

Qui suis-je ? : «Je suis le directeur de Cerebrõ et j'ai plus de 20 ans d'expérience dans les médias et la communication. Je suis consultant en communication et en pilotage de marques.»

 

Mon regard sur la conjoncture actuelle : «Le coronavirus a changé le monde plus rapidement que prévu. Nous sommes en train de vivre la plus grande expérience de déconsommation de ce siècle. Elle a aussi forcé la numérisation de la communication au sommet de l'entreprise, quelle que soit l'entreprise ou l'industrie. Cela a rendu plus vulnérables des consultants/boîtes de com et plus aiguës les fragilités et les inégalités, avec des annulations et des reports d'événements et de campagnes. Au milieu de ce changement, les perspectives se rétrécissent. Les conséquences macro et micro-économiques de cette crise sanitaire seront considérables et restent encore difficiles à chiffrer précisément.»

 

Comment je m'adapte : «Un dicton très utilisé parmi les experts en communication dit ceci : “If you do what you always did, you will get what you always got”. Certaines stratégies de com ou stratégies digitales étaient mauvaises avant la Covid-19, et tel est toujours le cas aujourd'hui. Il y a ainsi un réel besoin de retourner aux fondamentaux du métier, de s'ouvrir, de s'éduquer davantage et non d’éviter d'expérimenter de nouveaux leviers de compréhension et de nouvelles méthodologies. Il s'agit aussi de donner un nouveau souffle à mes activités de remise en selle et de revitalisation d'entreprises pour des clients mauriciens et étrangers. Nous travaillons sur des solutions encore rarement utilisées dans la communication traditionnelle, telle la monétisation de l'image de marque.»

 


 

Patricia Aliphon, directrice générale dans la stratégie médias

 

Qui suis-je ? : «Je suis la directrice générale d'Universal Media depuis 2017. Notre agence de stratégie et d'achats médias se spécialise dans le service-conseil auprès des entreprises et marques afin de leur procurer une visibilité accrue auprès d'une audience ciblée.»

 

Mon regard sur la conjoncture actuelle : «Cette situation inédite est très compliquée pour tout le monde. Elle l'est encore plus pour le secteur médias, avec les budgets communication et marketing sacrifiés en premier, en temps de crise. Cependant, il s'agit de composer avec les paramètres actuels en attendant d'avoir plus de visibilité sur l'évolution de notre industrie, avec une économie certainement contractée post-Covid. Chez Universal Media, nous avons mis, dès le début du confinement, une cellule d'écoute pour nos clients également fortement affectés par cette crise. Hors budgets publicitaires, nous les avons simplement aidés à réorienter les campagnes ou accompagnés à reporter les actions prévues, éventuellement les annulations inévitables avec le moins d'inconvénients pour eux.»

 

Comment je m'adapte : «Au-delà d'être très présents pour nos clients et prospects éventuels, nous avons mis en place une structure qui nous permet de mieux scrutiner nos dépenses, réévaluer notre efficacité au vu des circonstances et envisager un futur qui ne sera pas la réalité que nous avons laissée en quittant le bureau. Le télétravail a été l'occasion d'agrandir la cohésion d'équipe mais aussi de nous remettre en question. La perte de revenus traditionnels est déjà une réalité, il est inutile de regarder une porte fermée. Nos efforts se concentrent à prendre dès maintenant les mesures nécessaires pour survivre dans une nouvelle configuration.»

 


 

Cyril Palan, directeur d’agence de pub

 

Qui suis-je ? : «Je suis le fondateur et directeur de Logos Publicity Limited depuis sa création, le 17 novembre 1987. C’est une agence de communication et de publicité globale où 80 % du travail est réalisé en interne, de la stratégie à la conception, en passant par le design, le plan média, la photographie, le suivi technique et l’audiovisuel, entre autres.»

 

Mon regard sur la conjoncture actuelle : «C’est un coup très dur pour l’économie, pour le pays comme pour le monde qui va connaître un recul drastique dans pratiquement tous les domaines. Heureusement que le GWAS nous a soulagés dans une bonne mesure. Au niveau de Logos, comme on a déjà connu une baisse pendant les deux années précédentes, on devra encore se serrer la ceinture.»

 

Comment je m’adapte :  «Cela va être très compliqué. Il faudra s’y mettre à fond, couper au maximum les dépenses, se serrer les coudes, trouver des méthodes de travail plus pratiques, se réinventer et revoir complètement notre système de fonctionnement. Malgré tout ce qui est prévisible, on est peu défaitistes et on pense pouvoir s’en sortir avec quelques égratignures.»

 


 

Céline Planel, directrice d’agence

 

Qui suis-je ? : «Je suis la Managing Director de Beyond Communications, une agence qui existe à Maurice depuis un peu plus de sept ans. C’est une agence dynamique qui accompagne les entreprises dans l’élaboration de leurs stratégies de communication et de marketing. Nous proposons quatre services complémentaires : le branding (création de marque, refonte identitaire et conception/réalisation des supports de communication Web/vidéos/photos), la relation presse, la gestion des réseaux sociaux et la rédaction de contenu de marque.»

 

Mon regard sur la conjoncture actuelle : «Publicités en pause, événements reportés, budgets annulés... Le secteur de la com est, comme beaucoup d’autres, frappé par la crise sanitaire. La période post-confinement ne sera pas évidente, et le secteur de la com en prendra un coup. Mais dans ce constat global, même si le budget com est celui que les entreprises pensent parfois supprimer en premier, beaucoup ont compris que la communication avait toujours du sens en période de crise, à condition que les “messages de marque” soient “adaptés au contexte”. Et dans notre secteur, les chefs d’entreprise ont bien intégré le fait qu’il fallait rester engagé et surtout digitalisé. Le digital s’est révélé comme un circuit de communication encore plus indispensable pendant cette crise et nous pensons qu’il est primordial pour les marques et compagnies d’utiliser ces canaux intelligemment.»

 

Comment je m’adapte : «Chez Beyond, nous comptons énormément sur les partenariats à long terme avec nos clients. Nous l’avons vu avec nos collaborateurs et ceci, tout au long du confinement : le partenariat client-agence se ressent encore plus malgré l’éloignement physique, sans doute parce que tout le monde est confronté à la même situation inédite. Donc, compter sur ce pool de clients réguliers est plutôt rassurant en ce moment. Bien sûr que nous participons en parallèle à des appels d’offres réguliers, et il y en a eu pendant le confinement, mais nous avons une récurrence de clients depuis notre création et nous savons que nous pourrons compter sur eux quand la situation se débloquera. Dans ce contexte très perturbé, il nous faut réfléchir ensemble sur la nécessité de trouver de nouvelles manières de “communiquer ensemble”. L’effort doit être collectif, sinon ça ne fonctionnera pas.»