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Psycho - Quiet quitting : pour laisser plus de place à la vie

Mode glandouille activé ? Pas du tout ! Le quiet quitting, à ses débuts, pouvait laisser entendre qu’il fallait entrer en mode kasiet lekor au boulot. Une nouvelle qui devait faire frétiller le/la collègue qui ne faisait pas grand-chose, à la base. Ou celui/celle qui avait décidé de zwe mor pour ne pas travailler. Mais ne rien faire et essayer de ne pas se faire prendre, ce n'est pas tout à fait le but de la démission silencieuse. Il est plus complexe que ça : se contenter de faire ce que son contrat de travail stipule, refuser les heures supplémentaires et ces responsabilités qui ne font pas partie du job. «Le salarié en fait le minimum, parce qu’il est épuisé, fatigué ou simplement parce qu’il ne veut plus se confronter aux difficultés et au stress de son emploi devenu peu épanouissant», explique le docteur en psychologie Emeric Lebreton au magazine Journal des Femmes. 

Sur papier, ça a l'air simple. Mais la réalité a le don de compliquer les choses, n’est-ce pas ? L’essentiel, néanmoins, et si on veut retenir le meilleur (et ne pas aller dans les extrêmes et perdre son pie douri), c’est de se dire qu’il ne s'agit pas d'une vraie démission, mais d'un besoin de revoir sa façon de fonctionner, de ne plus être dans le surmenage. De faire ce qu’il faut, avec l'idée de base de ne plus sacrifier sa vie pour son travail, de ne plus subir l'injonction de la performance. De ménager sa santé et sa santé mentale. Pas mal, non ? Mais, est-ce que ça peut fonctionner ? Éléments de réponse ici.

 

Mais d'où ça vient ce truc ? Le quiet quitting ou la démission silencieuse c'est, pour faire simple, la décision de ne faire que ce qu'on est payé pour faire. Sa em tou. Pas plus. C'est déjà suffisant. Pas question de go out of your way. D'en faire toujours plus. D'aller au-delà de ses limites. Post-COVID et confinement, le terme a pris une certaine ampleur (même si le phénomène existait, sans aucun doute, déjà). Nombreux/ses sont ceux/celles qui avaient réévalué leur rapport au travail. Et la Generation Z et les Millenials ont aussi apporté leur autre façon de voir le monde, disant leur ras-le-bol du hustle culture.

 

«Je n'en pouvais plus». Huit ans, poste à responsabilité et vie…pas terrible. Ravesh essaie de changer la donne. Mais le monde de l'entreprise ne change pas du jour au lendemain : «22 heures, mon téléphone bip, j'ai un mail avec la mention URGENT. Je sors du lit, j'allume mon ordinateur, sans bruit. Mes enfants dorment. Et je bosse jusqu'aux petites heures du matin. Je dors à peine et je dois me taper plus d'une heure d'embouteillage pour rallier Port-Louis. Ce jour-là, je me suis dit que je n'en pouvais plus. Que je me délaissais, que je délaissais ma famille et que ce n'était plus possible. En route, j'écoute une radio en ligne et on y discute de quiet quitting. Ça m'a parlé tout de suite. J'avais entendu le terme avant ; je me disais que c'était ceux qui ne voulaient pas travailler qui avaient trouvé un truc pour ne pas se donner à fond. Moi, je suis fier de ma carrière, de ce que j'ai accompli. Je ne suis pas du style à en faire moins, j'en fais toujours plus. Et même là, je trouve que ce n'est pas assez. Cette émission a éveillé des choses en moins : j'ai réalisé que le surmenage professionnel ne doit pas être la norme. Ça m'a profondément touché ; j'ai réalisé que j'étais devenu mon père. Il était son métier avant d'être mon papa. Je passais après et c'était clair. C'était normal. Ça a été un électrochoc. Bien sûr, on ne peut pas décider de faire moins du jour au lendemain. De faire ce qu'on attend de vous, de par votre contrat, mais pas plus. En adoptant cette attitude, je sais que je ferme, peut-être, la porte aux promotions, mais bon, j'ai réalisé qu'il n'y avait pas que le boulot dans la vie. Maintenant, quand je rentre du travail, sans trop faire d'heures supplémentaires (je ne peux pas complètement les annuler, ce serait trop mal vu), je mets mon téléphone sur silence et seuls, les contacts favoris peuvent me contacter. Je ne vérifie pas mon mail et je ne reste pas pendu à mon téléphone. J'essuie déjà des remarques, mais je tiens bon. Si mon emploi est en danger, c’est vrai, qu’il faudra retrouver ma vie d’avant. Pour l’instant, je ne sens pas cette pression. Alors, j’essaie de ne pas trop me stresser. Je veux voir mes enfants grandir et je veux profiter de la vie.»

 

«Une cure de temps en temps». Pour Samantha, 27 ans, qui travaille dans le marketing, ça peut marcher, mais pas tout le temps : «Quand j’ai lu un article sur le quiet quitting, je me suis dit que c'était quelque chose qui me ferait du bien. Que j'y trouverai un peu de paix. J'étais épuisée par mon boulot, par les deadlines, par la pression…J'avais besoin de souffler, de me recentrer sur moi, de travailler sur ce que je ressentais. J'étais à bout de souffle. Ça a aidé. Mais pour un temps. J'ai arrêté de répondre systématiquement aux messages WhatsApp des groupes du bureau, j'ai pris la décision de ne pas répondre à mon téléphone au-delà des heures et de ne pas vérifier mon mail pro. Avec le confinement, on est entrés dans une spirale ; il n'y a pas d'heure où on n’est pas accessibles. Je n'en pouvais plus. J'ai aussi refusé des formations en entreprise ou de participer à des réunions qui n'étaient pas essentielles. Ça m'a fait du bien, j'ai assuré mon travail, mais je dois avouer que je suis passée à côté de la vie de mon entreprise, de la possibilité d'apprendre des know hows qui m'aideraient certainement. Je n'ai pas su trouver le bon équilibre, peut-être. Ou alors, ça ne marche que pour un temps. Il faut le faire comme un cure de temps en temps.»

 

«J'y ai pensé mais». Mevin a une vocation et c'est son boulot. Alors la fatigue, la pression et le surmenage, ça va avec : «Je suis enseignant dans un établissement qui n'a pas vraiment de moyens. J'aimerais bien en faire moins et me contenter d'enseigner, ce pour quoi on me paye ; mais ce n'est juste pas possible ! Il faut surveiller les enfants pendant la récré et les périodes libres, prendre le temps de régler des conflits, de participer à l'entretien de leur lieu d'apprentissage, mais aussi à son embellissement. Chez moi, ça continue. Je travaille sur des projets pour améliorer leur vie. Tout mon temps y passe. Et c’est comme ça. Le quiet quitting, j'y ai pensé, je l'avoue, mais je ne serais pas totalement moi si je n'étais pas complètement épuisé et dédié à ce que je fais.»