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Navin Ramgoolam, les «anciens» et Gen Next : le choix ou l’apaisement

Depuis que la bande des jeunes a repris la communication du leader des Rouges, l’ancienne garde grince des dents…

Entre les deux, son cœur ne balancerait pas. Sa raison, peut-être. Pour des membres de la nouvelle génération du PTr, Navin Ramgoolam a déjà fait son choix : écouter la voie de la jeunesse. Ils animent la page Facebook Ramgoolam Gen Next et souhaitent que leur voix soit entendue dans les instances du parti. La guéguerre entre les «vieux» et les zenes de l’équipe Rouge sommeillait avant l’annonce de la maladie du leader du Labour, testé positif à la Covid, par la plateforme qui semble avoir repris la communication de Navin Ramgoolam. Bien informée, diffusant des photos et des déclarations du leader, la page provoquerait des tensions au sein du parti. Au bout du clic, l’ami très proche de l’ancien Premier ministre (qui l’a d’ailleurs accompagné pour ses soins en Inde), Daneshwar Damry. «Pour l’instant, Danesh s’occupe de sa famille. On attend des directives de sa part», confie un membre de Gen Next.

 

Si les jeunes attendaient une réaction rapide et décidée de Navin Ramgoolam à son retour de traitement, il semble qu’il leur faudra patienter encore un peu. Pourtant, les demandes sont claires et «presque acceptées». «Nous souhaitons intégrer les instances décisionnaires du parti. Nous souhaitons un remaniement. Nous aussi nous avons des choses à dire», poursuit notre interlocuteur. Pour lui, il faut accepter de s’éclipser, même si ce n’est que pour un temps : «Vous savez, en politique, il faut savoir raccrocher ; c’est une règle qui n’est pas dite mais elle est implicite.» Bien sûr, elle ne s’applique pas au leader, il est un immunisé contre le temps qui passe : «On avait peur de le perdre. Ça aurait été chaotique au sein du parti. Une raison de plus de ne pas attendre.» Pour ce jeune, c’est l’ancienne garde du PTr qui fait que les Mauriciens ne votent pas rouge : «Ils ont fait leur temps.» Alors, il faut du sang neuf.

 

Dans le respect

 

De l’hémoglobine à injecter pour redonner de la vitalité et de la substance au parti. Il émane des anciens «une impopularité» qu’il faudrait nuancer, semble-t-il : «Nous avons des idées, nous pouvons faire avancer le débat.» Ce qui n’est pas pour déplaire à l’ancienne garde, assure un membre du Labour Party, qui en a connu des élections, des victoires et des défaites. Il estime que les jeunes sont les most welcome. Qu’il faut leur donner leur place mais dans le respect. «Il faut savoir le faire. C’est ensemble que nous avancerons. Je ne suis pas d’accord que l’on sépare les anciens et les nouveaux, nous faisons tous partie de la même et grande famille. Je crois qu’il ne faudrait pas l’oublier», déclare-t-il.

 

Il est, dit-il, «partisan de l’apaisement et d’une entente raisonnée», tout en précisant «qu’il n’y a pas de problème au sein du parti» : «Il s’agit de différentes façons de voir les choses, peut-être, et de les appréhender. La jeunesse et son impétuosité sont des qualités mais il faut savoir les doser. Et ne pas oublier qu’au final, l’objectif est le même pour tous.» Pour lui, les choses se feront en temps voulu. Et elles se feront de manière à ne pas créer de groupes au sein d’une seule et même entité.

 

Reste que la proximité de Navin Ramgoolam et de la bande à Daneshwar Damry soulève des interrogations, faisant s’interroger les plus proches du leader quant à la direction que souhaite prendre ce dernier. Après des rumeurs, la semaine dernière, qui faisaient état d’une prise de décision imminente de la part de l’ancien Premier ministre – calmer les ardeurs des jeunes et rassurer les anciens ou faire le contraire –, il semblerait qu’aucune prise de position immédiate ne soit au programme. Navin Ramgoolam préférant se concentrer sur sa santé et la gestion du parti, au lieu de créer des vagues qui risqueraient de se transformer en tsunami. Le changement viendra, donc, par petites doses. Et le leader des Rouges estime qu’il n’a pas à s’expliquer sur la façon dont il décide de communiquer avec les Mauriciens.

 

D’autres questions plus importantes sont au menu : un rapprochement avec l’Entente de l’Espoir, les prochaines élections municipales et le maintien de la pression sur le gouvernement. Cette attente conviendra-t-elle aux zenes ? Le temps le dira…