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«Lerb sovaz» : pas toutes bonnes à arracher !

Certaines mauvaises herbes contribuent à la biodiversité du jardin.

Indésirables et envahissantes. C’est ainsi que les mauvaises herbes, connues sous le nom d’adventices,  sont perçues par des nombreux jardiniers ou planteurs. Pourtant, elles peuvent être sacrément utiles et bénéfiques pour votre jardin. Cette semaine, c’est toute la petite équipe de chez Le Vélo Vert (LVV) qui vous propose des solutions pour reconnaître et gérer les mauvaises herbes et en faire des alliées.

L’importance des adventices

 

Ces plantes poussant naturellement dans nos cultures, sont souvent perçues comme des ennemis à éradiquer. Cependant, les éliminer systématiquement n’est pas forcément la bonne solution. Repenser nos pratiques agricoles pour inclure ces plantes est crucial pour rétablir l’équilibre naturel. Les mauvaises herbes peuvent nous rendre service en améliorant la qualité du sol. Car elles apportent de la matière organique pour la vie du sol et structurent le sol par leurs racines, fournissent la nourriture aux insectes qui pollinisent les cultures comme les abeilles ou syrphes, ou attirent d’autres insectes auxiliaires (tous ceux qui sont utiles aux cultures) qui vont équilibrer la population des bio-agresseurs (ceux qui vont attaquer les cultures). Ainsi, en intégrant les adventices dans votre écosystème, vous pouvez donc favoriser la présence d’insectes utiles qui contribueront grandement à augmenter la biodiversité dans notre jardin ou nos champs.

 

Comment gérer les adventices

 

Elles n’ont pas que des effets positifs et peuvent envahir les cultures. L’identification est donc la première étape pour les gérer. Une fois les espèces reconnues, il faut faire des recherches sur l’espèce : si elle est connue à Maurice, comment elle se multiplie, si elle est problématique, et comment on peut la gérer. Il s’agit ici d’évaluer les potentiels bénéfices et risques liés à la plante puis de décider de la méthode de lutte ou pas. Par exemple, une espèce va attirer plus de bioagresseurs ou sera plus agressive envers certaine culture (comme certaines lianes qui envahissent les champs de canne) qu’une autre. Si vous avez toujours l’œil sur vos cultures et les adventices, cela vous évitera d’utiliser des herbicides en surplus qui en plus d’être coûteux peuvent avoir un effet néfaste sur toute la culture.

 

Les herbicides et pratiques alternatives et agroécologiques

 

L’utilisation excessive d’herbicides à long terme nuit, non seulement, à la biodiversité, mais aussi à la santé du sol. Ils ont un effet négatif sur les bactéries et autres organismes qui permettent le bon déroulement des cycles du sol dont la décomposition des matières organiques en nutriments. Or, un sol en bonne santé est une base importante pour une culture réussie.

 

Différents moyens de luttes alternatifs et complémentaires sont cependant possibles. Il existe la lutte agronomique qui agit sur la prévention par de bonnes pratiques à adopter (une gestion de l’eau adaptée, paillage du sol, rotation des cultures, etc..) et la lutte mécanique avec des outils de désherbage (comme le sarclage). En agroécologie, les bandes fleuries, les couverts végétaux et les engrais verts sont des exemples de pratiques visant à valoriser les ressources naturelles. Intégrez donc des plantes qui attirent les pollinisateurs et repoussent les ravageurs dans vos cultures. Choisissez ces plantes en fonction de vos objectifs, comme l’attraction d’auxiliaires spécifiques. Les légumineuses (Fabaceae, comme les pois) sont généralement connues pour être des engrais verts. Beaucoup d’entre elles couvrent bien les sols (plante couvrante), ont une bonne biomasse et toutes fixent l’azote gazeux de l’air grâce à une association avec des bactéries (appelées Rhizobiums), azote qui se retrouve ensuite dans leurs feuilles. L’azote est en nutriment nécessaire pour la croissance des plantes et parfois limitant pour le bon déroulement de la culture. Pour la gestion de l’enherbement, Le Vélo Vert vous propose donc le paillage pour empêcher la croissance des adventices, maintenir l’humidité du sol et améliorer la santé de votre culture. Assurez-vous de surveiller et de contrôler régulièrement la croissance des adventices pour maintenir l’équilibre.

 

Faire un inventaire

 

1. Notez toutes les espèces de plantes présentes qui vous intéressent dans la culture.

 

2. Utilisez des outils de reconnaissance en ligne pour identifier les plantes inconnues en prenant des photos de la plante entière, de sa tige, de ses feuilles, de ses fleurs. Utilisez des guides ou des applications telles que PlantNet (https://plantnet.org) ou le portail Wiktrop (https://portal.wiktrop.org/fr) pour vous aider dans l’identification.

 

3. Vérifiez si les caractéristiques correspondent à la description de l’espèce trouvée sur Wiktrop (https://portal.wiktrop.org/fr).

 

4. Recherchez des informations sur l’espèce trouvée, notamment sa nuisibilité, son utilité, les insectes qu’elle attire, etc. (cf les fiches espèces de Wiktrop, et le guide du Vélo Vert en ligne).

 

La biodiversité

 

L’intensification de l’agriculture a causé une perte de biodiversité en convertissant de grandes surfaces naturelles en surfaces agricoles (ce qui a divisé et diminué les habitats naturels), mais aussi par l’utilisation d’intrants chimiques qui peuvent appauvrir les sols. Notez bien que dans le sol il y a une grande diversité d’insectes, champignons, bactéries qui nous sont aussi bien indispensables. Cette perte de biodiversité dans les cultures se traduit par une perte des services que nous donne la nature comme la régulation des ravageurs, nuisibles aux agricultures, la fertilité du sol, et le stockage de carbone dans le sol.  Enfin, une biodiversité riche apporte une touche d’esthétique au jardin. En effet une grande variété de plantes, d’insectes, et d’animaux, se traduit par une belle diversité de couleurs, d’odeurs, et de bruits. Un jardin ou un champ vivant est esthétiquement plus attrayant qu’un espace monotone. Ce n’est pas qu’une question de plaisir visuel mais c’est aussi lié à la santé de l’écosystème que vous cultivez. C’est donc joindre l’utile à l’agréable que d’enrichir son jardin !

 

Utiliser des méthodes et des pratiques agroécologiques pour promouvoir la sécurité alimentaire et une biodiversité durable a toujours été l’objectif du Vélo Vert. Car en adoptant des pratiques agroécologiques, vous contribuerez à une agriculture plus durable, en harmonie avec la nature. Ainsi, pour avancer dans cette direction, il est important d’adopter des pratiques qui seront bénéfiques pour vos cultures et valoriser les ressources naturelles en utilisant des plantes. Reconnaître et gérer les mauvaises herbes est la première étape vers un modèle de culture équilibré, favorisant la biodiversité, l’esthétique et la santé du sol.

 

À savoir

 

Le Vélo Vert vous invite à découvrir son livret intitulé «L’agroécologie pratique - Nos plantes hôtes» récemment partagé sur Wiktrop (https://portal.wiktrop.org/fr/document/show/378860). Ce livret sous forme de guide pratique décrit 45 plantes communes des cultures de légumes et leurs insectes auxiliaires / ravageurs associés.