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Informateur anonyme à l’ICAC : Arvin Boolell, «magouilleur» ou «héros»…

Le qualificatif choisi dépend de là où on se positionne sur l’échiquier politique. Le principal concerné, lui, parle d’une omission… 

Réplique de cour d’école. En mode House of Cards, bien sûr. Ou alors légitime travail des institutions. Entre les deux, le cœur des partisans politiques jouent à la balançoire. Depuis la décision de l’ICAC d’enquêter, suite aux informations venant d’une source anonyme, sur les avoirs d’Arvin Boolell, leader de l’opposition, agaceur de Pravind Jugnauth et une des voix de l’affaire Kistnen, la théorie mégalo-complot-complexe revient dans le bac à sable. Même si au niveau du gouvernement, on privilégie la seconde : «L’ICAC est indépendante. Il est inapproprié de lier des choses qui ne peuvent pas l’être. Nous vivons dans un pays de droit. Et il est clair que le leader de l’opposition n’est pas aussi intègre qu’il le dit. C’est un magouilleur», allègue un proche du Premier ministre, pas du tout d’accord avec les «koz ninport» de l’opposition et qui estime que le membre du PTr doit assumer ce qu’il a fait. Les partisans du leader de l’opposition, eux, estiment qu’Arvin Boolell gêne. «C’est un héros», confie l’un d’eux. Alors, il faut l’intimider, le faire taire…

 

C’est au début de cette semaine que l’ICAC a reçu des informations. Ce qu’a allégué l’informateur ? Qu’Arvin Boolell possède plus qu’il ne l’a déclaré dans un affidavit juré en Cour Suprême en décembre 2019. Parmi ces «plus» : deux terrains (20 arpents - 4 arpents et 52 perches) qui sont loués à bail au leader de l’opposition et à son frère, Satyajit Boolell, au sein de la société Nochaba. D’autres transactions concernant la vente de terrains  – issus d’un héritage selon le leader de l’opposition – sont citées par l’informateur… Pour Arvin Boolell, il s’agit là d’une erreur, car les terrains figurent dans ses déclarations des avoirs depuis plus de 30 ans. Néanmoins, lors du dernier exercice, il y a eu une «omission» et elle a été faite «de bonne foi» : «Je n’ai jamais fait de business avec l’achat et la vente de terrains et je n’ai rien à cacher.»

 

Il, le dit : li pa pou kile ! «C’est étrange, qu’au moment où il y a l’affaire Angus Road et le décès de Soopramanien Kistnen dans l’actualité, qu’une personne dépose subitement par voie anonyme une lettre à l’ICAC me concernant», explique Arvin Boolell.  Bousculades et ruades ne l’arrêteront pas : «C’est une manœuvre du gouvernement qui tente de manipuler l’opinion publique», allègue-t-il, en précisant que rien ne l’empêchera de faire son travail. D’ailleurs, samedi matin, alors qu’il devrait être dans un autre mood (voir hors-texte), le leader de l’opposition a remis une couche sur sa page Facebook en donnant un «severe warning» au gouvernement : «Ne touchez pas aux personnes de bonne foi (…) Ceux qui dénoncent, on les musèle, on les fait disparaître…» Il affirme que «janvier sera bien chaud» avec, entre autres, la demande de nouvelles élections.

 

Lors d’un point de presse, cette semaine, trois ministres – Alan Ganoo, Avinash Teeluck et Maneesh Gobin – ont exigé sa démission, estimant qu’Arvin Boolell a commis un délit car il aurait juré un faux affidavit. Les explications du membre du PTr ne convainquent pas. Tactique d’opposants, estimeront les fans d’Arvin Boolell. Dans le cas de ses partisans, on estime que c’est une «trouvaille» pour discréditer le politicien : «Il fait feu de tout bois. C’est l’homme que les gens veulent entendre au Parlement. Et le gouvernement veut lui mettre les bâtons dans les roues. La bande à Pravind Jugnauth a peur, c’est tout», explique un membre de la famille rouge.  La suspension du leader de l’opposition au Parlement est un exemple criant de cette «mauvaise foi», estime-t-il. Et dans les arcanes de la politique, les coups bas ne sont pas toujours connus du public, poursuit-il : «Arvin Boolell doit faire face à beaucoup de pression en ce moment.»

 

Tenir tête au gouvernement aurait des fâcheuses conséquences. C’est, du moins, ce qu’assure notre interlocuteur qui accepte que sous tous les gouvernements, il a toujours existé des tactiques d’intimidation pour essayer de contrôler la bonne image des dirigeants : «Mais là, c’est d’un autre niveau. Nous sommes dans une dictature, c’est du dirty politics.» Comme le fait de partager sur les réseaux sociaux des informations sur l’actionnariat d’Alan Ganoo dans une société ? Notre intervenant ne voudra pas répondre à cette question en la balayant d’un «ce n’est pas la même chose». Au niveau du MSM, on ne partage pas cet avis. Il y a la logique des vainqueurs et puis celle des vaincus, confie ce membre de la famille orange : «L’opposition s’appuie sur du vent en ce moment. Il n’y a rien de tangible. Mais pour donner du poids à leurs allégations, elle va prendre chaque élément et le détourner en sa faveur. Expliquez-moi qu’est-ce qu’il y a de mal à ce qu’un informateur soit écouté et qu’une enquête soit initiée au vu des informations qu’il a fournies ; c’est dans l’ordre des choses, non ? Ce n’est pas comme ça que devrait fonctionner l’ICAC ? Je ne vois pas du tout où est le problème…»

 

Pas de problème ? Légitime travail d’une institution ?  Ce n’est pas l’avis de l’opposition. Ce serait, plutôt, estime-t-elle, une bousculade pour faire taire… un peu comme dans une cour d’école.

 


 

Alan Ganoo : c’est la faute au «Registrar»

 

C’est la défense du ministre du Transport. Suite à la conférence de presse où il réclamait la démission d’Arvin Boolell, des documents ayant trait à ses avoirs ont circulé sur les réseaux sociaux concernant un actionnariat de 100% dans une société, alors que lui a déclaré en détenir uniquement 50%. Il s’est expliqué en déclarant qu’il s’agissait d’une erreur : «Le Registrar of Companies a admis avoir fait une erreur et l’a rectifiée.»

 


 

Il se marie

 

Un week-end festif pour le leader de l’opposition. Pour cause, ce serait celui de son mariage selon des sources proches de lui. Pour célébrer son union, Arvin Boolell aurait choisi une cérémonie intimiste.