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Démissions au MMM : La stratégie payante du MSM

Ahmad Jeewah, Hurmila Routho, Govinden Venkatasami, Jai Prakash Menoowa, Viren Ramchurn et Sanjeeven Permall ont soumis leur démission en bloc.

Un travail de sous-marin qui a porté ses fruits. Les départs chez les Mauves résulteraient d’un master plan mûri en avance…
 

Il aurait bien raison. Pour une fois, estiment les mauvaises langues. Mais là n’est pas le propos. Paul Bérenger qui laisse entendre kinn met enn leker lor so parti ne serait pas si loin de la vérité. Cette semaine, le MMM a reçu un uppercut… en plein cœur avec la démission de militants de longue date pour certains, de Mauves de famille pour d’autres. Plusieurs, faisaient même partie de la liste des candidats pour les prochaines législatives. Ahmad Jeewah, Jai Prakash Menoowa, Viren Ramchurn, Sanjeeven Permall, Hurmila Routho, Govinden Venkatasami et Cherylle Rayapen ont signifié leur départ en avançant plus ou moins les mêmes raisons, à l’exception de ces deux derniers (voir hors-texte). Si tous n’ont pas fait part de leur intention de rejoindre le MSM, dans la mouvance de Steeven Obeegadoo et sa bande ainsi que Kavi Ramano, le nouveau lakaz mama de certains démissionnaires serait le MSM, avec Pravind Jugnauth aux fourneaux pour les accueillir chaleureusement…

 

Au MMM, ces départs ont, en apparence, les couleurs de la consternation auprès des militants. Néanmoins, les «stars» mauves savent bien que ce qui est arrivé devait bien se produire, un jour. «Ça fait des mois que le MSM me fait des propositions. C’est vrai que, sur le coup, je ne me suis pas dit que ça concernait d’autres membres du parti. Moi, je suis attaché à mon parti. Malgré les frustrations», confie un membre du parti. Le terreau était fertile au débauchage : «Nous sommes tous un peu déçus de la façon de faire de Bérenger.» Notre interlocuteur parle de stratégie en sous-marin de la bande à Pravind Jugnauth afin de déstabiliser son parti. Une tentative de mettre en échec «son adversaire le plus dangereux», précise-t-il. Cette semaine, suite à cette vague de démissions, Xavier-Luc Duval a assuré que le MSM avait fait des tentatives de rapprochement auprès de ses membres les plus en vue.

 

Des koz-koze anba latab, en toute discrétion, pour ne pas affoler les instances des partis de l’opposition, qui ont touché leur cible au MMM. Une façon de faire qui a été critiquée par Paul Bérenger. Le leader du MMM a, également, dit reconnaître la gravité de ces départs et ne pas minimiser leur portée : «C’est un sentiment de tristesse que je ressens.» Il s’est exprimé en ce sens lors d’un point de presse en début de semaine après la tenue d’un bureau politique convoqué d’urgence. Pour enrayer le saignement, en attendant la cicatrisation, il a fait des annonces, le samedi 31 août (voir hors-texte). Reste qu’au MSM, on se frotte les mains, en ce moment. Au départ, assure-t-on, ce n’était que des bouteilles à la mer. Des labwet lancés ici et là pour voir si ça mord. Sans trop forcer les choses pour ne pas faire trop de bruit. Un master plan qui s’ébauche et se vit dans les coulisses a moins de risque d’être contré.

 

Ces contacts ont été pris avec pour objectif les prochaines législatives. Mais pas dans n’importe quelle configuration. Dans celle que souhaite le leader du MSM. «Le souhait de Pravind Jugnauth est d’aller seul, avec le ML, aux élections. Pour cela, il fallait rassembler. Il fallait frapper fort dans les régions urbaines», confie un des proches de Pravind Jugnauth. Si dans les villages, l’adversaire reste Navin Ramgoolam, dans les villes, le PMSD et le MMM semblent avoir les faveurs des électeurs. Alors, poursuit-il, c’est là qu’il a fallu grignoter du terrain : «Les contacts ont été pris il y a longtemps. Ceux qui nous rejoignent ont vu la qualité du travail de Pravind Jugnauth et ont adhéré à notre philosophie.»

 

Qu’est-ce qui a été proposé aux nouveaux adhérents ? Nous n’en saurons pas plus. Mais il se murmure que certains pourront aspirer à des postes-clés, à l’instar d’Ahmad Jeewa qui pourrait, par sa présence, faire pencher la balance à Port-Louis, en l’absence du candidat Showkutally Soodhun qui traîne ses polémiques et n’est pas assuré d’un ticket pour les prochaines législatives. Face à ces départs, les militants montent au créneau et assurent garder la flamme du MMM allumée. «Ici, pas de dynastie politique», lance Joanna Bérenger lors d’un point de presse de l’aile jeune des Mauves en soutien au parti. Ici et là, les militants commentent, parlent, rassurent : «On aperçoit une vague de soutien. Un mouvement de révolte aussi. Pravind Jugnauth veut réunir la famille militante ? Mais pas de famille militante sans Paul Bérenger», explique un die hard mauve, qui estime que toutes ces manigances orange résultent d’une frustration. Celle venant du refus de Paul Bérenger de contracter une alliance avec le MSM. Va savoir !

 

Ce qui est sûr, c’est qu’à quelques mois des législatives, le MMM secoué pourrait étonner. C’est une question de cœur.

 


 

Paul Bérenger : «C’est une lâcheté»

 

Une réunion du comité central longue et fructueuse. «Nous avons eu une longue discussion», précise Paul Bérenger quand il prend la parole pour son point de presse, le samedi 31 août. Avant de se lancer, il fait le point sur sa santé. «Enn move viris», dit-il, l’a forcé à prendre des antibiotiques. Il est encore «fay, fay». Dans cette conversation avec les membres du CC et les candidats désignés pour les législatives, désormais invités aux réunions de cette instance, il a été question des démissions et plus particulièrement celle des cinq personnes, le lundi 26 août : «Ils sont partis directement au MSM. C’est une trahison d’une lâcheté. Une action par manque de courage politique et par opportunisme.» De toute cette situation «triste» et «dégoûtante», Paul Bérenger a dit retenir le positif : «Une vague de sympathie de la part des militants et des Mauriciens en général.» Désormais, le regard est tourné vers l’avenir et vers les élections générales : «Il faut remplacer les démissionnaires qui étaient sur la liste des candidats. Ce sera vite fait.» Quatre circonscriptions sont concernées par ces défections. Paul Bérenger précise qu’aucune alliance n’est in the making avec le PTr ou le MSM : «Ce n’est pas un plaisir d’aller aux élections seuls. Mais nous ne pouvons pas aller avec le PTr et le MSM.» Interrogé sur une possibilité d’alliance avec le PMSD, il éclatera de rire. Pour le leader, les points centraux de la campagne seront les suivants : honnêteté et principe, méritocratie et démocratie.

 


 

Les démissionnaires s’expliquent

 

Une lettre, des explications. Une onde de choc pour le MMM. Ahmad Jeewah, Jai Prakash Menoowa, Viren Ramchurn, Sanjeeven Permall, Hurmila Routho et Govinden Venkatasami ont démissionné et le mardi 27 août, Cherylle Ramen a aussi quitté le MMM. Au cœur de tout ? Une divergence d’opinion selon Ajay Guness qui s’est exprimé dans la presse cette semaine. Que le MMM se présente seul aux élections n’aurait pas plu aux démissionnaires : «Ces amis qui nous ont quittés savent que la joute sera difficile dans les régions rurales.» Dans leur lettre de démission, d’autres raisons invoquées par ces militants qui se disent déçus : le déclin du parti, la non-disponibilité de Paul Bérenger, entre autres. Ils ont aussi indiqué que : «Since the Prime Minister has made a public appeal to all those who espouse MMM values (les valeurs militantes) we are contemplating of responding positively.»

 


 

Steeven Obeegadoo et les «80 %» : une «trahison»…

 

… Qui passe mal pour les 20 % qui restent. Il y a quelques jours, Steeven Obeegadoo, principal orateur de la Plateforme militante, a annoncé que 80 % des membres de sa formation politique avaient voté en faveur d’une collaboration avec le MSM, dans le cadre d’une stratégie électorale. Ceux qui sont contre se retrouvent, donc, un peu esseulés. Tous les démissionnaires du MMM font désormais front autour de Pradeep Jeeha, qui a refusé cette alliance, parlent de trahison et se penchent sur leur avenir politique. «Enn mari traizon sa. Pa bon ditou seki Steeven inn fer. Me bon nou bizin avanse», confie une militante qui fait partie des 20 %.