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Crise dans le textile : les tourments des licenciés

Ils étaient nombreux, le jeudi 7 mars, à manifester leur mécontentement devant le bureau du Premier ministre.

Cette semaine encore, des employés d’usine mécontents sont venus de l’avant pour crier leur détresse. Ils veulent des réponses par rapport à leur avenir…

Ils ne dorment plus. Ils ont perdu le sourire et sont tourmentés. Et leur quotidien a été complètement chamboulé. Cela, depuis qu’ils se sont retrouvés au chômage quand Palmar Ltée, l’usine pour laquelle ils travaillaient, a mis la clé sous le paillasson. Depuis, ils sont dans le doute, dans le flou. Ils veulent des réponses. Ils veulent savoir de quoi leur avenir sera fait.

 

«Ce n’est pas facile de faire comme si rien ne s’était passé. Je suis père de deux enfants. Je suis la colonne vertébrale de ma famille et du jour au lendemain, je me retrouve sans emploi. L’attente est pénible. On ne sait pas ce qui va se passer pour nous. On a eu une rencontre avec le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, qui nous a dit que le gouvernement ne pourra rien faire concernant la question de compensation aux employés pour leurs années de service. Il nous a dit que c’est aux Receivers Managers qui gèrent maintenant l’usine de voir ce qu’ils peuvent faire. Donc, à ce jour, on ne sait toujours pas si on touchera quelque chose», confie Dev Ramdowar, ancien responsable de département à l’usine Palmar Ltée et qui compte 18 années de service à son ancien poste. «On est dans la même situation concernant notre redéploiement. On a entendu dire que certaines usines vont récupérer les employés mais rien n’est sûr pour le moment. On attend et c’est un moment très difficile à vivre. Rester dans le doute est un vrai supplice.»

 

Comme lui, nombreux sont ceux qui se retrouvent dans la même situation et qui ne savent pas à quelle porte frapper pour avoir des réponses. «On veut tout simplement savoir ce qui va nous arriver. On veut être fixé sur notre sort et savoir si on aura un autre travail sutout. On entend dire qu’il y aura un redéploiement mais on ne voit rien venir», s’insurge une autre employée.

 

Colère

 

D’anciens employés de l’usine Palmar Ltée ont exprimé leur colère le jeudi 7 mars, devant le bureau du Premier ministre pour faire part de leur crainte, surtout concernant une éventuelle compensation. «Les employés ont voulu exprimer leur découragement, leur ras-le-bol et leur peur. Le gouvernement reste les bras croisés en regardant les usines qui ferment leurs portes. Dans le passé, il y a eu trois usines qui ont fermé. Cette année, les choses se répètent et nous constatons que rien n’a été fait pour faire face à ces situations. Ce n’est pas possible que des personnes qui ont travaillé plus de 20 ans et 30 ans se retrouvent sans un sou», s’insurge Faizal Ally Beegun, le représentant syndical des employés licenciés. Selon lui, il faut un fond des travailleurs pour parer à ce genre de fatalités car les employés ne sont pas responsables dans ces cas-là : «Ils sont des victimes. Il faut que ces employés soient rassurés.»

 

«Nou pou bizin fer lanket pou gete kouma larzan finn servi ek kot larzan finn ale», a déclaré Pravind Jugnauth lors d’une visite à l’usine RT Knits le vendredi 8 mars dans le cadre de la Journée internationale des femmes. Le Premier ministre a aussi affirmé que son gouvernement suit de près ce dossier : «On a fait des démarches pour trouver des emplois alternatifs. Certaines entreprises se sont montrées disposées à recruter des employés. On fait le maximum.»

 

Ces derniers jours, des pères et mères de familles d’autres usines ont aussi exprimé leur détresse. Les employés de Future Textile Ltd étaient venus de l’avant car ils n’avaient pas touché leur salaire pour le mois de décembre et certains n’avaient pas été payés en janvier. Ils ont finalement été payés en fin de semaine. Pour Navin Ramgoolam, le leader du PTr, la récente fermeture d’usine «est une tragédie. La série noire dans le textile est un signe».

 

Ceux qui se sont retrouvés au chômage du jour au lendemain, de leur côté, attendent avec impatience l’arrivée des jours meilleurs. Pour l’heure, ils ne dorment plus…