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Aliya, 14 mois, mortellement étranglée par le concubin de sa mère : la triste histoire d’un bébé martyr

Kenny Cader lors de la reconstitution des faits.

La fillette n’avait que deux mois lorsque son père Maxwell Edouard a été arrêté pour l’assassinat d’une Salesgirl à Bel-Air. Quelques mois plus tard, sa mère Anaëlle Pierre s’est mise en couple avec Kenny Cader, un récidiviste notoire fiché pour plusieurs délits de drogue. Dans la nuit du lundi 31 mai au mardi 1er juin, ce dernier a étranglé la petite Aliya, 14 mois, «parce qu’elle n’arrêtait pas de pleurer». Récit. 

Il est difficile, voire impossible, de se remettre de la mort d’un enfant. La douleur est intense, indescriptible. Cette souffrance, c’est ce qu’éprouve Anaëlle Pierre. Cette jeune femme de 21 ans s’est murée dans le silence et le chagrin depuis le décès tragique de sa fille Aliya, âgée de 14 mois. La petite a été mortellement étranglée par le concubin de sa mère, Kenny Cader, dans la soirée du 31 mai au 1er juin. La police a déjà procédé à l’arrestation de ce récidiviste notoire de 29 ans. Cet homme, fiché à la police pour plusieurs délits de drogue, fait l’objet d’une accusation provisoire d’assassinat. Il a déjà comparu devant le tribunal de Flacq. Le suspect a également participé à une reconstitution des faits à Trou-d’Eau-Douce, où le couple vivait avec la fillette et son frère Justin depuis quelques mois. Il a avoué avoir étranglé Aliya «parce qu’elle n’arrêtait pas de pleurer».

 

Depuis, Anaëlle Pierre, elle, n’est plus que l’ombre d’elle-même. «So latet fatige. Nou pe les li repoze», confie Jimmy Pierre, le père de la jeune femme, après les funérailles d’Aliya. Des funérailles qui ont été retardées car la petite n’était pas encore déclarée à l’État civil. Celles-ci ont eu lieu le 3 juin à l’église de Bel-Air et le convoi mortuaire s’est ensuite dirigé vers le cimetière de Trois Îlots, à Olivia, où sa dépouille a été inhumée. Maxwell Edouard, le père de la fillette, n’a, lui, pas pu assister aux obsèques, étant en détention suivant son arrestation pour assassinat. Aliya n’avait que deux mois lorsque son complice, Donovan Ravaton, et lui ont été arrêtés après l’agression mortelle d’une Salesgirl de 44 ans, dans une quincaillerie, à Bel-Air. «Se enn mari kwinsidans sa. Sa baba-la mor 1 an zour pou zour ki la polis ti aret so papa», balance un voisin de la famille Pierre à Cité EDC, Caroline, d’où Maxwell Edouard est également originaire.

 

À l’époque, Anaëlle Pierre vivait toujours dans cette localité, avant de déménager à Trou-d’Eau-Douce où elle s'est installée dans une pièce en tôle avec son concubin Kenny Cader, son fils cadet, âgé de 6 ans, et la petite Aliya. Son aînée, âgée de 8 ans, est, elle, restée aux côtés de son grand-père maternelle. «Bann-la mem kinn touzour okip li. Ti garson-la ek ti baba-la ti ek mama-la zot», explique un voisin. Anaëlle Pierre et son concubin avaient élu domicile chez Jean-Noël et son épouse Manisha, qui les hébergeaient sur une base humanitaire après qu’une proche de la jeune femme leur avait demandé de les recueillir. C’était en novembre dernier. «Ils sont restés chez nous jusqu’à décembre», se souvient Jean-Noël dont l’épouse venait de perdre un enfant quelques mois plus tôt. «Mon bébé de quatre mois est décédé de cause naturelle, confie Manisha. J’avais toujours ses vêtements et d’autres que j’ai remis à Anaëlle pour ses enfants et elle. Et je faisais la cuisine pour tout le monde.»

 

Quelque temps plus tard, soit le 8 mars, la petite famille est retournée chez Jean-Noël et Manisha. Anaëlle a débarqué la première, avec la petite Aliya dans les bras, explique Jean-Noël. Kenny les a rejointes le lendemain et Justin, le fils d’Anaëlle, est venu habiter avec eux deux semaines plus tard. La jeune femme, qui était femme au foyer, s’occupait d’Aliya et de son frère aîné. «Elle m’avait dit qu’elle avait fait la connaissance de Kenny huit mois de cela et que Maxwell, le père d’Aliya, était en prison pour assassinat. Elle nous avait aussi dit que Kenny avait déjà fait de la prison pour un délit de drogue. Ce dernier quittait la maison tous les jours à 6h45 et rentrait à 20h30. On n’a jamais su où il travaillait. Anaëlle nous disait aussi qu’elle voulait décrocher de son addiction à la drogue. Elle avait déjà eu des démêlés avec la justice pour un délit de drogue», soutient Jean-Noël.

 

Quelques jours avant le décès d’Aliya, sa mère l’avait transportée au dispensaire de Trou-d’Eau-Douce car elle avait des problèmes respiratoires. Le médecin de service lui avait alors prescrit du sirop et des gouttes pour le nez. La fillette a, par la suite, passé le week-end des 29 et 30 mai avec son frère et sa mère à Olivia, chez la grand-mère de cette dernière, avant de rentrer à Trou-d’Eau-Douce en début de soirée, le lundi 31 mai. Mais quelques heures plus tard, c’est le drame. Dans sa déposition, Kenny Cader explique qu’il a étranglé la fille de sa concubine car elle pleurait. Interrogéwe, Anaëlle, elle, assure n’avoir rien entendu car elle dormait. Le rapport d’autopsie indique que la fillette a succombé à une asphyxie suite à une strangulation. Une fin tragique pour Aliya qui a vécu une courte vie de martyre…