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Adieu Jean-Paul Belmondo : hommages de Mauriciens qui l’ont côtoyé

Gilbert Meslier avait rencontré le comédien au Casela Nature Park.

Pour tous, il était humble, gentil, simple… Jean-Paul Belmondo a tiré sa révérence le lundi 6 septembre, à l’âge de 88 ans. Laissant derrière lui plus de 60 ans de carrière dans le 7e art mais aussi des souvenirs inoubliables chez ceux qui l’ont côtoyé. Parmi, les Mauriciens Rama Poonoosamy, directeur de l’agence Immedia et ami de «Bébel», Gilbert Meslier et Rachel Magon. Ils lui rendent hommage…

Il était une des figures les plus populaires du 7e art. Ayant joué dans de nombreux longs-métrages au fil de ses 60 années de carrière, comme À bout de souffle, L'homme de Rio, Borsalino, Le magnifique ou encore L’as des as. «Un acteur sachant tout faire, sans se prendre trop au sérieux, des films d’action aux plus belles heures du cinéma d’auteur», écrit France 24. Hélas, Jean-Paul Belmondo a tiré sa révérence le lundi 6 septembre, à l’âge de 88 ans. Un décès qui a attristé ses nombreux fans mais aussi ceux qui l’ont côtoyé.

 

À l’instar de Rama Poonoosamy, directeur de l’agence Immedia : «Jean Paul Belmondo n’était pas seulement une connaissance, il était un ami très cher. À chaque fois qu’il venait à Maurice ou que j’étais à Paris, on devait se voir. Je l’ai rencontré la première fois au Royal Palm, il y a dix ans. Depuis, une amitié s’est formée. Je garde de bons souvenirs de lui, il était quelqu’un de très sympathique et abordable. Il aimait manger de tout, il était ce qu’on appelle un grand vivant. Il vivait sa vie d’une manière sobre et simple malgré sa grande popularité, il n’a jamais eu la grosse tête. Je pense qu’il est l’un des rares acteurs à avoir touché différentes générations. Il faut aussi souligner qu’il faisait lui-même ses cascades.»

 

L’île Maurice avait une place importante dans la vie du comédien français, poursuit notre interlocuteur. «Il aimait venir se détendre chez nous, il trouvait que Maurice avait une atmosphère reposante. Sa dernière visite remonte à décembre 2019 ;  il m’avait appelé pour me dire qu’il désirait fêter le Nouvel An ici. Et c’est ainsi que, pendant dix jours, il a séjourné à l’hôtel La Pirogue et plus d’une fois, je suis allé le rejoindre pour dîner ou déjeuner. Ces moments avec lui resteront à jamais gravés dans ma mémoire car il était quelqu’un de très sympathique. Sa mort est une perte non seulement pour le monde francophone mais aussi pour le monde entier…»

 

Des souvenirs, le Mauricien Gilbert Meslier en a aussi de «Bébel». «Je l’ai rencontré un bref instant mais ça m’a marqué à vie», raconte-t-il. «C’était il y a six ans, je travaillais à l’époque au Casela Nature Park. Un jour, je l’ai vu devant moi. Il était venu en visite avec sa fille Stella. C’était un moment magique car j’avais du mal à croire que je voyais mon idole en face. Cet acteur, dont mon père est également fan et qu’on ne voyait que sur scène, était là, en face de moi. J’ai pu lui parler pendant une trentaine de minutes et il était très gentil. On avait du mal à croire qu’une telle célébrité pouvait être très down to earth. Je n’oublierai jamais ce moment…»

 

 

Tous ceux qui ont eu le privilège de côtoyer l’immense acteur de loin ou de près confirment sa grande gentillesse et son côté humble. La chanteuse Rachel Magon en fait partie. «C’est un petit moment pour moi mais un grand moment dans ma mémoire», se souvient-elle. «Ma rencontre avec ce héros du cinéma fut brève mais remplie d’émotions. Je l’ai rencontré un soir où je chantais au restaurant Gourmet La Caravelle, à l’hôtel Trou aux Biches. C’était en décembre 2019. Il était accompagné de sa famille. Après la soirée, on s’est croisés en sortant au même moment du restaurant. S’il était en fauteuil, il était quand même très imposant, avec un sourire généreux. Grande a été ma surprise quand il s’est arrêté avec sa fille Stella pour me poser une question. Il a dit : «Mademoiselle, c’est vous qui chantiez ?’’ Je lui ai répondu oui. Il m’a remerciée pour la soirée et il m’a félicitée pour ma prestation et ma voix qu’il avait énormément appréciées. Il a dit avoir été charmé. J’étais très émue d’entendre ces mots venant d’une légende du cinéma. Je me suis dit que j’avais pu le toucher avec ma voix. Comme la voix est le miroir des émotions, j’étais contente de lui avoir transmis ce bonheur qu’on pouvait lire sur son visage et dans ce sourire sincère. On a partagés quelques mots et on s’est quittés. C’est une page d’or qui se tourne dans le grand livre du cinéma. C’est une perte inestimable. Je garde précieusement en souvenir ce court instant de ma vie de notre rencontre», nous raconte la chanteuse, très touchée en revenant sur ce moment.

 

Une inoubliable rencontre avec une légende qui a tiré sa révérence…

 


 

Du sport à la comédie

 

Jean-Paul Belmondo a travaillé avec les plus grands réalisateurs – Claude Chabrol, François Truffaut et Claude Lelouch – et partagé l’écran avec les plus grandes stars comme Alain Delon, Catherine Deneuve et Sophie Marceau. Ce monstre sacré du cinéma français laisse derrière lui une empreinte inestimable dans le monde du 7e art. Pourtant, il n’a pas toujours fait du cinéma…

 

Né le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine, Jean-Paul Belmondo se montre peu enclin à l’éducation dès son jeune âge. Il se tourne vers le sport et s’initie au cyclisme, au football puis à la boxe, qu’il pratique brièvement en professionnel durant son adolescence, décrochant même quatre victoires.

 

Il délaisse toutefois le sport pour se lancer dans une carrière de comédien. Ses premiers pas, il les fait au théâtre, avant de débuter au cinéma avec un petit rôle dans Sois belle et tais-toi. Ce sera le début d’une longue et mémorable carrière durant laquelle il sera à l’affiche de plus de 88 longs-métrages. Parmi ses films les plus mémorables figurent : À bout de souffle, Un singe en hiver, L’homme de Rio, Pierrot le fou, Le cerveau, Borsalino, Le magnifique ou encore L’as des as.

 

L’acteur, qui a reçu de nombreux prix, dont la palme d’honneur pour l’ensemble de son parcours au cinéma, a toutefois dû mettre un frein à sa carrière en 2001 après un accident vasculaire cérébral. Avec sa mort, c’est un pilier du cinéma français qui s’en est allé.

 


 

Ses meilleures répliques…

 

Cent mille dollars au soleil d’Henri Verneuil (1964) : «Quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent.»

 

Docteur Popaul de Claude Chabrol (1972) : «J’en ai assez d’être aimé pour moi-même, j’aimerais être aimé pour mon argent.»

 

Le guignolo de Georges Lautner (1980) : «Vous savez quelle différence il y a entre un con et un voleur ? Un voleur, de temps en temps, ça se repose.»

 

Itinéraire d’un enfant gâté de Claude Lelouch (1988) : «Le meilleur moyen de faire croire que tu connais tout, c’est de ne jamais avoir l’air étonné. Parce que toi, tu as souvent l’air étonné, c’est un défaut (...) C'est étonnant mais ça doit pas t'étonner.»

 

Textes : Yasmeen Bhugaloo et Christophe Karghoo