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Tassarajen Chedumbrum Pillay : En attendant les prochaines élections

Sa famille, son réconfort.

Même s’il n’a pas été sur le devant de la scène ces dernières années, l’ex-ministre des Technologies de l’information et de la communication n’a pas pour autant rangé sa veste de politicien au placard. Entre sa famille, son métier d’avoué et sa passion pour la politique, il se raconte et revient sur la plus grande blessure de sa vie : la perte de son fils aîné dans un accident de la route en 2011.

À peine la question lancée sur son humeur du moment… qu’il affiche la couleur. «Je suis combatif !» lâche-t-il, au moment de nous recevoir dans son bureau au St James Court, à Port-Louis, où il nous entraîne sur son terrain de jeu préféré : la politique. Cela va de soi pour un ancien ministre rouge qui, bien qu’il ait été en retrait depuis l’échec du PTr aux dernières élections générales en 2014, n’a pas pour autant rangé sa veste de politicien au placard : «C’est mon état d’esprit depuis un bon bout de temps déjà !» 

 

Et pourquoi donc ce fighting mood ? «Je suis plus que jamais motivé à l’idée d’œuvrer pour mener mon parti, le PTr, vers la victoire aux prochaines élections.» Tassarajen Chedumbrum Pillay est toujours actif et continue, souligne-t-il, le travail sur le terrain dans sa circonscription (no 13), Souillac/Rivière-des-Anguilles. Et comme il fallait s’y attendre (comme tous les politiciens qui ne ratent pas une occasion de s’attaquer à leurs ennemis), avec lui, le gouvernement en place, plus particulièrement le MSM, en prend pour son compte. Car à l’écouter : tout va mal !

 

On le sent ainsi confiant, optimiste même, et pour lui, il n’y a pas de doute : «Le PTr formera le prochain gouvernement.» Et selon les dires de celui qui exerce comme avoué depuis maintenant 31 ans – «à l’époque, j’étais le plus jeune avoué», dit-il –, on se croirait déjà en campagne électorale : «Je veux aider à libérer le pays des mains de ces braconniers qui ont pris les Mauriciens en otage.» Ces dernières années donc, il n’a pas cessé d’être au contact des Mauriciens, notamment de ses mandants : «J’aime mon métier d’avoué particulièrement pour cette raison. Je rencontre des gens de tous les horizons et ils partagent avec moi leurs préoccupations.» C’est fort de ces rencontres qu’il est, dit-il, arrivé à la conclusion que le pays va mal : «Un tsunami n’aurait pas fait souffrir les Mauriciens autant qu’ils souffrent actuellement. Il y a un manque de développement dans plusieurs secteurs, les fléaux comme la drogue et les accidents de la route gagnent du terrain et il y a de plus en plus de gens qui perdent leur emploi.»

 

Mais est-ce que le PTr, qui a été sanctionné par les Mauriciens aux dernières législatives, aurait fait mieux au pouvoir ? «Certes, je le reconnais, l’Alliance Lepep a connu une belle victoire. Mais les membres de cette équipe ont servi un joli emballage cadeau aux Mauriciens et au final, ils ont trompé la population. Aujourd’hui, tout le monde a ouvert les yeux. Si le PTr avait vidé les caisses du pays comme ils le sous-entendent, comment le pays aurait-il roulé ? Il faut se poser les bonnes questions.»

 

«Drivé» par les idéologies du PTr et éprouvant une grande admiration pour des mentors comme Maurice Curé, Guy Rozemont, sir Seewoosagur Ramgoolam ou encore le pandit Sahadeo, Tassarajen Chedumbrum Pillay use de toutes ses minutions en bon politicien qu’il est – «Le projet Metro Express, qui est en fait un tram qui ne nécessite pas autant de dépenses», la «prolifération de la drogue dans le pays», entre autres – pour crier encore une fois «que le PTr reviendra sans aucun doute au pouvoir». Lui qui dit «avoir laissé un très bon bilan en tant qu’ancien ministre des Technologies de l’information et de la communication» pour les nombreux avancements dans le domaine, se rêve-t-il encore en ministre ? «Ce n’est pas ce qui me motive. Je suis un passionné de la politique, j’aime mon pays, j’aime mon parti et je ne veux que le bien des Mauriciens. Comme je l’ai dit, je veux uniquement contribuer à ramener mon  parti au pouvoir.»

 

Si les fidèles de son parti n’arrêtent pas, dit-il, de lui rappeler pourquoi il doit continuer, son épouse Vasanta et ses enfants Shanmuga, 20 ans – qui étudie le droit en Angleterre – et Shangkana, 18 ans, étudiant en Higher School Certificate, sont également là pour le soutenir. Sans sa famille, sans ses proches et sans son entourage, dit-il, il n’est rien. Leur amour et leur présence sont ses moteurs.

 

Sa blessure

 

Tassarajen Chedumbrum Pillay est entouré de quelques portraits, sur son bureau, notamment ceux de ses enfants qui sont ses principales sources de motivation. «Je suis très proche de mes fils. Perdre mon aîné, il y a quelques années dans un accident le route, a été un sacré coup dur mais je me suis accroché», confie-t-il, rongé par l’émotion. Regardant la photo de Shivarajah qui orne le mur de son bureau, pas très loin d’un cliché de son père Kadressen, ex-sirdar, qui lui a appris l’importance de la famille, il ne peut s’empêcher de revenir sur cette douloureuse étape de sa vie. Le nombre record d’accidents de la route, tous ces jeunes qui perdent tragiquement la vie, tous ces récits de familles meurtries, le ramènent forcément à sa plus grande blessure : «Il aurait eu aujourd’hui 27 ans et aurait sans doute déjà commencé à travailler. Je ne souhaite à personne de perdre un enfant. C’est l’épreuve la plus difficile.»

 

Son enfant n’est plus là mais il ne l’oublie pas. Pas un jour ne passe sans qu’il ne pense à celui qui avait à maintes reprises fait sa fierté et qui est parti trop tôt : «Je ne le vois pas, je ne l’entends pas mais il est toujours dans nos pensées. Je me souviens de tout : de son rire, de son sourire, de sa voix, de sa joie de vivre…» Et c’est comme ça, dit-il, à chaque fois qu’il passe du temps avec ses deux autres fils : «Nous sommes très complices. Mon fils Shanmuga vient toujours passer des vacances à Maurice alors que je lui dis toujours d’aller visiter d’autres pays. Mais en même temps, je ne vous cache pas que j’aime quand il revient pour tous les moments qu’on passe ensemble.»

 

À 58 ans, Tassarajen Chedumbrum Pillay espère continuer à mener une vie active, tant qu’il le pourra. Entre sa famille, son travail et la politique, il espère pour encore longtemps rouler sa bosse. Mais pour le moment, il ne cache pas être dans les starting-blocks en attendant les prochaines élections générales.