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Siven Tirvassen : De clerk à président de la Croix Rouge

Être au service des autres et de son pays. C’est le leitmotiv de Siven Tirvassen, avocat et nouveau président de la Croix Rouge. Avec ses nouveaux projets sous le bras, il entend bien rendre cette organisation humanitaire beaucoup plus visible.

Lunettes sur le nez, col blanc d’avocat autour du cou, Siven Tirvassen, assis dans son bureau de l’Astor Court à Port-Louis, a le nez plongé dans la paperasse de l’affaire sur laquelle il planche actuellement. «Donnez-moi deux minutes et je suis à vous», lance-t-il sans lever les yeux. Fraîchement élu président de la Croix Rouge, cet avocat de 59 ans a de quoi faire mais ce n’est pas la passion, la motivation et l’envie de faire bouger les choses qui lui manquent. 

 

Il en faut pour mener à bien sa nouvelle fonction à la tête de la société humanitaire mondiale créée en 1863 en Italie et présente à Maurice depuis 1973. «La Croix Rouge a été créée par Henry Dunant après la bataille de 1859. Sa mission à travers la Croix Rouge était de soigner les blessés et les soldats de guerre. À Maurice, la Red Cross est régie par le Mauritius Red Cross Society Act. Nous n’avons pas de guerre mais des gens qui sont vulnérables et dans le besoin. La mission de la Croix Rouge est de les aider», dit-il avec conviction. 

 

S’il a accueilli ce nouveau rôle avec joie et fierté, Siven Tirvassen, actif dans le social depuis plusieurs années, ne se fait pas d’idée quant à la responsabilité qui repose sur ses épaules. «Il y a beaucoup de travail et je vais donner le maximum de moi-même pour réussir.» Ainsi, pour son mandat, l’avocat et son équipe ont identifié plusieurs projets qui verront le jour dans les mois à venir. 

 

Il y a d’abord le service ambulancier, la formation de volontaires face au risque de catastrophes naturelles et aussi la distribution de colis alimentaires aux familles qui vivent dans des conditions précaires qui a déjà commencé. Il y a également des causeries destinées aux personnes âgées sur la manière de gérer les accidents domestiques. «Souvent, elles se retrouvent seules à la maison et ne savent pas comment réagir face à un accident. Nous leur apprenons donc les gestes de premiers secours pour qu’elles puissent mieux gérer la situation.»

 

L’autre gros projet de Me Siven Tirvassen et de son équipe, c’est la construction et la mise sur pied d’un Day Care Center, comme une maison de retraite temporaire destinée aux personnes du 3e âge le temps d’une journée ou d’un week-end. «Il arrive que les enfants doivent sortir et laisser les parents à la maison. Au lieu de les laisser sans surveillance, ils pourront venir les déposer dans ce centre pour la journée, la nuit ou le week-end. Ils y recevront tout le confort, l’aide, l’encadrement et le soutien nécessaire.» 

 

Redonner de la vie

 

La branche de Rodrigues connaîtra aussi une évolution. En effet, grâce au soutien du gouvernement australien et de la Croix Rouge française, un entrepôt sera construit à Mon Plaisir dans les mois à venir pour stocker denrées alimentaires et équipements de premiers secours. «Nous savons tous que Rodrigues est souvent sujette à des cyclones de plus forte intensité que Maurice. Quand c’est le cas, les Rodriguais doivent attendre qu’un bateau en provenance de Maurice leur apporte tout ce dont ils ont besoin. Avec ce hangar, on veut être proactif et prêt à toute éventualité.»

 

Cependant, Siven Tirvassen a une priorité, celle de rendre la Croix Rouge beaucoup plus visible aux yeux des Mauriciens. «Il y a cette perception que la Croix Rouge est inexistante. Nous allons donc tout faire pour lui redonner de la vie, la remettre au goût du jour et la rendre visible non seulement au niveau national mais aussi à l’échelle régionale et internationale.» Et pour placer la branche mauricienne de la Croix Rouge sur la carte mondiale, Siven Tirvassen enchaîne dès que possible les participations à des événements internationaux. 

 

Après avoir participé à la Pan-African Conference en Côte d’Ivoire, il s’est rendu, en juin, en Italie. Il faut dire que l’émotion était à son comble lorsqu’il est remonté à la source même de l’organisation à Solférino, là où tout a pris naissance. «C’est le président de la Croix Rouge italienne lui-même qui m’a invité. C’était un honneur pour moi d’aller y représenter la branche mauricienne. C’était vraiment émouvant de participer à cette marche et au candlelightqui a suivi.»

 

Famille pauvre

 

C’est la même émotion qui l’anime lorsqu’il pense au parcours qu’il a eu depuis 1976, année où il a fait son entrée dans la fonction publique en tant que Clerk au ministère de la Santé. Depuis ce jour, l’évolution de ce père de famille a été constante. Social Security Officer pendant quelques années, il a par la suite travaillé au Citizen Advance Bureau avant de bouger au Bureau électoral. C’est à ce moment-là que Siven Tirvassen a ressenti le besoin de franchir de nouveaux horizons en se lançant dans des études tertiaires. «J’ai grandi dans une famille pauvre. Faire des études n’était pas envisageable à l’époque.»

 

Assoiffé de connaissance, il décroche d’abord une licence en administration publique avant de se lancer dans des études de droit. Après un premier diplôme, à plus de 40 ans, Siven Tirvassen s’envole pour l’Angleterre pour compléter ses études à l’université de Kent, avant de passer son barreau à Newcastle en 2006. Une fois de retour à Maurice, c’est au parquet qu’il fait son pupillage. «Devenir avocat n’a jamais été dans mes plans. Ma famille et moi n’avions jamais pensé que cela pourrait être le cas un jour mais j’ai forcé le destin et j’en suis très heureux», confie celui qui exerce désormais dans le privé. 

 

Et le social, qui a toujours fait partie de sa vie, l’a aidé à cheminer vers les fonctions qu’il occupe aujourd’hui au sein de la Croix Rouge. Et c’est un engagement, dit-il, qu’il a bien l’intention d’honorer.