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[EDITO] Éduquons nos enfants, protégeons nos petites filles !

N’accablons pas davantage des parents qui sont déjà habités par la pire des souffrances : celle de perdre une enfant de 13 ans. Il convient, face à la mort, fut-elle naturelle, d’une si jeune fille, de ne pas enfoncer le couteau dans une plaie déjà ouverte. Ce qui est malheureux dans l’histoire de la petite Ruwaidah, c’est qu’il a fallu qu’elle quitte ce monde pour que l’on s’émeuve en s’apercevant que Maurice fait partie des pays où le mariage des enfants existe. 

 

Mariage qui, semble-t-il, n’a pas été forcé mais désiré par l’adolescente, au point de convaincre les siens que son avenir se trouvait aux côtés d’un mari de 19 ans. Au-delà de l’inconscience de cette condamnable union qui provoque polémique, jugements gratuits et inadmissibles justificatifs, il est triste de constater qu’il existe dans notre île Maurice d’aujourd’hui, de toutes jeunes filles qui, à 13 ans, n’ont pour ambition que le mariage. Certes, ne soyons pas dupes et hypocrites. À cet âge-là, il y a des jeunes qui se croient matures, qui sont déjà actifs sexuellement, alors que certaines adolescentes deviennent – et c’est malheureux – des filles mères.

 

Mais ce n’est pas une raison pour cautionner une vie maritale à un si jeune âge. Car il ne s’agit pas uniquement de relations intimes. Mais d’une gamine qui devient épouse, femme au foyer, et future maman, avec tout ce que cela suppose comme responsabilités pour de frêles épaules. Avec, en plus, le risque de mettre sa vie en danger, avec une grossesse précoce. Si cet événement tragique nous interpelle, c’est parce qu’il ne faudrait pas détourner les yeux, sous prétexte que la religion le permet, alors que la loi n’autorise pas le mariage à cet âge. Imaginons l’anarchie si chacun décidait de ne pas respecter les cadres légaux de la République.

 

Même si cette pratique semble marginale – la majorité de nos filles de 13 ans ont l’insouciance de leur âge, étudient tranquillement et, malgré des émois amoureux,  ne s’unissent pas pour autant –, il est de notre devoir de rester vigilants. Parce qu’un seul cas est déjà dramatique, et cet indécent mariage révèle une parcelle d’image de notre société dont nous n’avions pas idée jusqu’ici. D’où l’importance d’expliquer à nos petites filles que leur place est sur les bancs de l’école et non ailleurs. Parce qu’en les privant d’éducation, on les place dans un statut d’inégalité sociale face à leurs autres camarades de classe qui poursuivront leurs études secondaires, iront à l’université, seront des professionnelles et choisiront le moment de s’unir et de devenir mamans.

 

Alors que celles qui sont déscolarisées trop jeunes se cantonneront à un rôle inférieur, où elles n’auront pas les mêmes chances, ignorant parfois leurs droits, pour découvrir ensuite, que ce n’est pas la vie dont elles avaient rêvé. D’ailleurs, dans le cas de la petite Ruwaidah, sa sœur soutient, avec des captures d’écran, en guise de preuve remise à la police, que l’ado était régulièrement maltraitée et qu’elle regrettait de s’être mariée. Et le mari, arrêté hier, avoue, dans les colonnes du Défi de samedi : «Monn donn li zis de trwa kalot !» 

 

Pauvre petite fille, pauvre petit corps secoué par la brutalité, pauvre enfant qui s’apprêtait, malgré tout, à donner vie. Jusqu’à ce que la mort la rattrape. Qu’elle repose en paix.

 

Éduquons nos enfants, protégeons nos petites filles ! À 13, elles sont trop jeunes pour faire le discernement sur le choix de toute une vie future…

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