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Reconstruction mammaire : ce qu’il faut savoir…

Le Dr Kheeldass Jugun privilégie le dialogue entre les professionnels du métier et la patiente pour une meilleure prise en charge.

Pour certaines femmes, avoir recours à la mastectomie, c’est comme perdre sa féminité, explique le Dr Kheeldass Jugun, chirurgien plastique et reconstructif. Mais aujourd’hui, il existe des options comme la reconstruction mammaire. Notre interlocuteur nous en dit plus sur le sujet...

Elle a un but thérapeutique... La mastectomie ou l’ablation est une chirurgie mutilante qui altère la féminité et la qualité de vie des femmes. Mais enlever un ou deux seins, voire même une partie d’un sein, est une étape qui porte souvent atteinte à la santé mentale de la femme...

 

«Pour une femme, c’est comme perdre sa féminité. C’est pour cela qu’avant même que la question de la mastectomie ne se pose, le médecin traitant, l’oncologue et le chirurgien plastique doivent privilégier le dialogue afin de trouver la meilleure solution pour la patiente. Il faut aussi l’informer des soins qui lui seront dispensés et savoir quand faire la reconstruction. Car la patiente doit connaître, dès l’annonce de l’ablation de son sein, toutes les alternatives existantes pour prendre une décision», explique le Dr Kheeldass Jugun, chirurgien plastique et reconstructif.

 

Celles qui optent pour une prothèse mammaire ou pour la chirurgie réparatrice doivent d’emblée savoir que la reconstruction mammaire n’est pas une décision à prendre à la légère et que plusieurs possibilités s’offrent à elles : reconstruction avec prothèse en silicone ; le lambeau de rotation du grand dorsal, qui signifie qu’on prend le muscle et la peau au niveau du dos pour faire une rotation afin de couvrir le sein ; et finalement la méthode DIEP ou lambeau libre, qui est un lambeau de peau et de graisse prélevé sur l’abdomen qui présente l’avantage de n’être constitué que des propres tissus de la femme.

 

Il ne nécessite donc pas de recours à une prothèse ou au prélèvement d’un muscle mais cette opération n’est pas réalisée à Maurice car il nécessite plus de ressources. «Dans tous les cas, la reconstruction dépend aussi de la taille de l’autre sein. Nous pouvons reconstruire le même sein jusqu’à un bonnet C mais au-delà, il est difficile. Donc, nous faisons une réduction controlatérale afin de symétriser le sein», souligne notre interlocuteur.

 

Dans certains cas, la reconstruction mammaire se fait parfois en même temps que la chirurgie du cancer. On parle dans ce cas de reconstruction immédiate. Mais il existe aussi la reconstruction à distance ou différée qui, elle, est plus souvent réalisée après la fin des traitements, au cours d’une nouvelle intervention. «La reconstruction immédiate du sein évite une seconde opération et évite à la femme de vivre avec le stress de se retrouver sans son sein. Mais lorsqu’une radiothérapie doit être réalisée en sus de la chirurgie du cancer du sein, ou si la tumeur du sein est très volumineuse, la reconstruction est nécessairement réalisée à distance car la radiothérapie détruira le travail réalisé mais elle présente aussi moins de risque d’infection», confie le Dr Kheeldass Jugun.

 

Le chirurgien plastique et reconstructif fait ressortir que le risque zéro n’existe pas dans la reconstruction mammaire comme pour toute intervention chirurgicale. «Le risque d’infection est présent car c’est un corps étranger qui a été implanté. La patiente peut aussi faire face à un saignement, en raison d’une accumulation de sang dans la poche qui a été créée pour la prothèse, tout comme une exposition de la prothèse suivant trop de tension sur la suture. Mais le rejet, quant à lui, est très minime.»

 

Le risque zéro n’étant pas épargné, les précautions post-intervention sont donc primordiales. Elles comprennent donc un suivi rapproché pendant deux semaines environ mais surtout tant que la patiente porte le pansement, pas de bain et pas de grand effort physique, le port de soutien-gorge sportif pendant quatre à six semaines et privilégier une bonne alimentation pour une meilleure cicatrisation. Si toutes ces précautions sont respectées, la prothèse durera entre huit et 10 ans mais en cas de complications, il est conseillé de se rapprocher de son médecin traitant.

 


 

Bio express

 

Comptant sept années de carrière dans la filière médicale et six en tant que chirurgien plastique et reconstructif, le Dr Kheeldass Jugun a exercé à l’hôpital Jawarharlal Nehru de 2004 à 2013. Depuis 2016, il est basé à l’hôpital Victoria. Détenteur d’un degré du Geneva University Hospital et d’un master en Advance Science Plastic and Reconstructive Surgery, le Dr Kheeldass Jugun a plusieurs cordes à son arc : il est tantôt orateur lors de congrès dans ce domaine, tantôt étoffe son savoir à travers d’autres formations ayant trait au métier.