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Triolet SSS à l’honneur : Farida Azor raconte son fils lauréat

Le parcours de ce jeune homme originaire de Cité Mère Teresa et premier lauréat de la Triolet SSS a suscité beaucoup d’admiration. Sa mère parle d’un fils «travailleur, humble et qui sait ce qu’il veut». Rencontre.

«Il est un exemple.» C’est en ces termes que Marie Farida Azor, 47 ans, décrit son fils Luciano, 19 ans. Depuis le lundi 5 février, ce dernier est passé de l’ombre à la lumière, son nom figurant parmi les 45 lauréats (Additional Scholarship, Arts Side) de la cuvée 2017 du Higher School Certificate (HSC). Cette mère de famille, Cleaner de profession, n’arrive toujours pas à oublier cet instant magique où son fils lui a annoncé au téléphone la bonne nouvelle : «Je nettoyais la plage de Mont-Choisy quand il m’a appelée. Je ne l’ai pas cru mais une de mes amis m’a confirmé avoir entendu le nom de Luciano à la radio.»

 

Dans la maison familiale à Cité Mère Teresa, Triolet, Farida savoure le silence, même si depuis quelques jours, les téléphones n’arrêtent pas de sonner : «On croule sous les félicitations et Luciano a été très sollicité par les médias.»

 

Depuis, Farida, sa famille (elle a un autre fils, Pascal, 24 ans, également maçon) et son fils, qu’elle décrit comme «quelqu’un de doux, calme et qui aime la famille», ont été embarqués dans un véritable tourbillon. De tout ce qui a suivi la proclamation des résultats, Farida, très proche de son fils, se rappelle surtout de la longue étreinte remplie d’émotion qu’elle a eue avec Luciano quand ils se sont retrouvés devant la Triolet State Secondary School (SSS) pour célébrer le premier lauréat de l’établissement.

 

«L’accomplissement de Luciano est un honneur pour nous, sa famille, mais aussi un exploit pour son collège et pour la Cité Mère Teresa où il a grandi», souligne Farida. Luciano est une véritable petite vedette dans sa localité : «Tout le monde est content qu’il ait pu se distinguer. Luciano vient démontrer qu’on peut ne pas fréquenter un star college et quand même devenir lauréat. Il vient d’un milieu modeste. S’il est là où il est aujourd’hui, c’est grâce à beaucoup de sacrifices de sa part et de notre part, ses parents. Il n’a jamais rien eu sur un plateau. Je travaille pour la compagnie Maxiclean et quelques fois, pour arrondir les fins de mois, je n’ai pas hésité à travailler dans les camions de ramassage.»

 

Farida et son époux Andrew, un maçon de 44 ans, ont toujours cru en leur fils : «Il ne nous a jamais déçus. Il nous a montré très tôt qu’il aimait les études. Mon époux et moi, nous n’avons pas eu la chance de faire de grandes études. Je suis de Rodrigues et je n’ai jamais eu la chance d’aller au collège. C’est pour cela qu’on a toujours tout fait pour l’aider à avancer.»

 

Elle raconte : «À l’école primaire qu’il fréquentait, il avait ramené 4 A et 1 A+ pour le CPE. Puis, en Form V, il avait décroché six unités. Classé 8e l’année dernière côté Art, il avait choisi de refaire son HSC. Je ne sais pas s’il était sûr d’être lauréat mais je sais qu’il voulait améliorer ses résultats.» Pour Farida, Luciano est un bosseur qui connaît ses priorités : «Il passe beaucoup de temps le nez dans ses livres mais c’est parce qu’il aime cela.» C’est pour toutes ces raisons que Farida et Andrew Azor ont tout fait pour permettre à leur fils de se réaliser : «Il prenait quatre leçons et ce n’est pas donné. Pour l’achat de son ordinateur portable aussi, j’avais eu de l’aide de mon frère. Tout cela pour vous dire que Luciano sait d’où il vient et il ne va jamais l’oublier. Aujourd’hui, il récolte les fruits des années d’effort.» C’est dans le salon familial que Luciano a installé son espace de travail.

 

Entre ses notes, ses bouquins, son dictionnaire, ses livres de comptabilité, de sociologie, de chimie, ses nombreux shields – décrochés lors des différents Prize Giving  Ceremonies où il n’a cessé de briller – trône une guitare. «Depuis peu, il s’est mis à la guitare. Il adore la musique et est d’ailleurs un grand fan de l’émission The Voice», poursuit Farida qui n’a pas manqué  d’organiser une petite fête avec les autres membres de la famille qui habitent tout près : «On a fêté sa réussite et nous lui souhaitons tous de continuer sur sa lancée.» Même si elle sait que son fils va s’envoler vers d’autres cieux pour continuer à se construire et que c’est pour son bien, Farida ne peut s’empêcher d’être triste : «Ce n’est pas évident de savoir qu’il va partir mais je lui souhaite le meilleur. Luciano, qui souhaite s’envoler pour l’Angleterre et qui rêve de devenir avocat, sait ce qui est bien pour lui et je lui fais confiance.» En attendant, elle compte bien profiter et chouchouter le lauréat de son cœur.

 

Luciano Azor : «Dans dix ans, je m’imagine avoir terminé mes études, en train d’exercer dans le droit, avoir une famille, ma maison à Maurice ou ailleurs, et être financièrement stable, pouvoir vivre à l’aise, être à l’abri du besoin et avoir une vie paisible.»

 


 

Une cuvée avec de belles surprises

 

Ils sont au nombre de 45 lauréats. C’est le collège Royal de Port-Louis qui se taille la part du lion avec 10 lauréats, talonné par le Queen Elizabeth College, avec neuf lauréates. Le collège Royal de Curepipe a décroché cinq lauréats et le Dr Maurice Curé State College a eu quatre lauréates. La Triolet SSS classe son premier lauréat et Rodrigues College place une lauréate, Emma Perrine, dans le classement national. Le taux de réussite est de 74,37 %, soit une baisse de 1,09 % par rapport à celui de 2016, qui était de 75,46 %. Comme chaque année, la proclamation des résultats met en lumière de belles histoires, de beaux parcours. Les collèges régionaux se sont démarqués. L’histoire de Nadiya Jaunboccaus (Additional Scholarships) du Queen Elizabeth College a aussi touché plus d’un. C’est sa grand-mère qui l’élève depuis qu’elle a perdu sa mère à l’âge de 3 ans.

 


 

Sharmeem Choomka décroche son HSC à 13 ans

 

Un véritable prodige. Après avoir brillé aux examens du School Certificate à seulement 12 ans, Sharmeem Choomka, qui fréquentait le collège Labourdonnais, fait une fois de plus parler d’elle en réussissant les examens du Higher School Certificate (HSC) avec quelques années d’avance. «J’ai décroché un A en français, des B dans les autres matières et un C en General Paper. Je suis très contente.» Cette dernière a aussi entrepris des études d’ACCA, décrochant un premier diplôme en comptabilité en parallèle. Une capacité surprenante pour une adolescente de 13 ans. Même le HSC en poche, pas question de lâcher prise pour Sharmeem. Sa famille et elle entameront des démarches pour ses études tertiaires. «Je veux étudier la loi.  Elle rêve de devenir avocate. Un rêve à la portée du petit prodige qu’elle est.

 

Amy Kamanah-Murday