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Accusée injustement par sa belle-mère, elle passe trois jours en détention | Neha : «Je suis traumatisée à vie»

«Je me suis sentie humiliée», confie la jeune femme.

Ne pas entendre la voix de sa petite fille d’un an et demi, ne pas pouvoir la tenir dans ses bras… C’était un véritable calvaire pour Neha Harphool, 21 ans. La jeune femme a passé trois jours en cellule après avoir été arrêtée suivant les allégations de sa belle-mère, selon lesquelles elle aurait tenté de l’empoisonner avec de l’eau de javel. Si aujourd’hui, la jeune femme a été innocentée parce que sa belle-mère a avoué avoir menti pour la nuire, elle ne peut oublier ces journées, ces nuits passées loin de celle qui est sa raison de vivre.

Séparer une mère et son enfant. Rien de plus déchirant, traumatisant... Pourtant, c’est le drame qu’a vécu Neha Harphool, privée de sa petite fille d’un an et demi pendant trois jours. Trois jours de calvaire à se demander si son enfant va bien, si elle mange et boit bien, si elle passe ses nuits à la réclamer. «Cela me bouleversait de ne pas entendre sa voix et de ne pas pouvoir la tenir dans mes bras. Je n’ai jamais été séparée d’elle auparavant», confie la jeune femme de 21 ans qui a été libérée sous caution le vendredi 13 octobre. Trois jours plus tôt, elle avait été arrêtée pour tentative de meurtre suivant les allégations de sa belle-mère Suryavatee Harphool, 62 ans, qui l’accusait d’avoir tenté de l’empoisonner avec de l’eau de javel. Cette dernière a ensuite reconnu avoir fait de fausses allégations.

 

Si Neha a aujourd’hui retrouvé la liberté, elle tente de se faire discrète après l’humiliation qu’elle a vécue.«Je suis traumatisée à vie», lâche-t-elle. Le plus important pour elle, désormais, c’est d’avoir retrouvé ses proches, notamment sa fille dont elle a été séparée injustement, mais aussi le confort d’une maison. Cependant, ses interrogations sont nombreuses. Pourquoi la police l’a-t-elle arrêtée en se basant seulement sur les allégations de sa belle-mère ? Pourquoi l’a-t-on traitée comme une criminelle ? Des questions auxquelles, elle n’a, pour l’heure, pas de réponse. Mais Neha concède que les relations entre sa belle-mère et elle, n’ont pas toujours été au beau fixe. Elles étaient même désastreuses, dit-elle. 

 

Cela fait quatre ans que la jeune femme a emménagé avec son époux Pritam chez sa belle-mère, à Bel-Air/Rivière-Sèche. Depuis, belle-mère et belle-fille n’ont jamais pu s’entendre. La raison : «Elle me reprochait sans cesse d’avoir épousé son fils sans lui demander son approbation et me disait que je me trouvais là dans l’unique but de lui voler ses biens. Elle n’hésitait pas non plus à m’injurier en public et me traitait de tous les noms.»Avec le temps, et suivant les conseils de son époux, elle essayait, dit-elle, de ne pas prêter attention aux insultes que lui aurait lancées la sexagénaire. Jusqu’au jour où cette dernière est allée trop loin… 

 

Dimanche 8 octobre. Ce jour-là, Suryavatee Harphool est conduite d’urgence à l’hôpital de Flacq après avoir ingurgité de l’eau de javel. Interrogée par les policiers, elle allègue que sa belle-fille l’a empoisonnée et menaçait de la tuer. Or, ce week-end-là, Neha Harphool se trouvait chez ses parents à Albion afin de célébrer son anniversaire. Mais suivant les allégations de la sexagénaire, elle est appréhendée au domicile de cette dernière le mardi 10 octobre, avant d’être placée en détention. 

 

«Persécutée»

 

C’est avec les larmes aux yeux, et le traumatisme dans la voix, que Neha revient sur cette expérience qu’elle ne pourra jamais oublier. «J’ai été embarquée à 7 heures, sans savoir que ce qui allait se passer. On m’a conduite au poste de police de Bel-Air pour que je donne ma version des faits. Je me suis sentie persécutée car les policiers me donnaient l’impression de s’être rangés du côté de ma belle-mère. On dirait qu’ils voulaient que je passe aux aveux pour un crime que je n’avais pas commis», se souvient-elle. 

 

Elle est ensuite traduite en Cour avant d’être conduite au centre de détention de Moka. «Je n’ai pas pu retenir mes larmes. J’étais le premier membre de ma famille à avoir affaire à la justice. Qui plus est, alors que je suis innocente. Je me suis sentie humiliée. Ma réputation en a pris un coup. L’étiquette de criminelle me collera à la peau toute ma vie.» Mais le plus dur pour la jeune femme a été la séparation d’avec sa petite fille chérie, sa raison de vivre. «Cela me bouleversait de ne pas entendre sa voix et de ne pas pouvoir la tenir dans mes bras. Je n’ai jamais été séparée d’elle auparavant. Mon mari et ma fille, ainsi que mes parents, m’avaient rendue visite mais les policiers ne les avaient pas autorisés à me rencontrer. Ce qui a rendu ces trois jours encore plus difficiles. J’avais perdu l’appétit et je passais mes journées et mes nuits à réfléchir. Si j’y étais restée plus longtemps, j’aurais été capable du pire», raconte Neha, en se remémorant douloureusement les images de ces trois jours passés en cellule.

 

«Elle réclamait sa mère...»

 

Son entourage est également remonté par ce qui s’est passé. Notamment sa mère Priscilla*, qui déplore le mode opératoire de la police. «La police a mal fait son travail. Elle l’a emprisonnée sans lui donner l’occasion de s’expliquer. Depuis qu’elle a été libérée, ma fille n’est plus la même. Elle en est ressortie traumatisée», confie Priscilla* qui a accueilli, depuis, sa fille et sa petite-fille. Elle est d’autant plus remontée que ces dernières ont été séparées pendant trois jours. Une expérience traumatisante pour la fillette qui ne la quitte plus d’une semelle. «Je n’oublierai jamais ces nuits où elle n’arrivait pas à trouver le sommeil parce qu’elle réclamait sans cesse sa mère.» 

 

Le cauchemar de Neha a toutefois pris fin lorsque les policiers ont mis la main sur des preuves la disculpant. «La police a pu récupérer un ticket d’autobus prouvant que mon mari et moi nous nous étions bel et bien rendus à Albion durant le week-end. Des témoins ont aussi affirmé m’avoir vue quitter la maison de ma belle-mère pour me rendre chez ma mère. Ma liberté, je la dois aussi à l’intervention de mes voisins qui étaient au courant du fait que j’étais souvent malmenée par ma belle-mère.» En effet, ces derniers se sont non seulement rendus au poste de police de Bel-Air afin de disculper Neha Harphool mais ils ont aussi apporté une aide financière à ses parents pour le paiement de la caution. 

 

Face à ces preuves et témoignages, Suryavatee Harphool n’a eu d’autre choix que de passer aux aveux. Selon la police, la sexagénaire a avoué avoir bu de l’eau de javel de son plein gré et avoir accusé sa bru parce qu’elle souhaitait la voir quitter son domicile. Elle a été autorisée à regagner son domicile. Cependant, elle risque d’être poursuivie pour false and malicious denunciations. Le service de presse de la police nous informe que cette affaire a été référée au directeur des Poursuites publiques.

 

Reste que le cauchemar n’est pas tout à fait terminé pour Neha qui, elle, devra comparaître à nouveau en Cour jeudi prochain. «Je ne pense pas être en mesure de pouvoir pardonner à wma belle-mère un jour. J’espère qu’elle se rendra compte du sentiment que l’on peut éprouver lorsque l’on se retrouve livré à soi-même, loin de tous ceux que l’on aime.» Un sentiment qu’elle a éprouvé, après avoir été séparée de sa fille, sa raison de vivre.

 

*Prénom fictif