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Yaadav Damree : Moi, jeune, ma contribution pour une meilleure île Maurice

«Puisque nous vivons dans un État démocratique, notre préoccupation est de tout savoir de la société et de réagir en conséquence», nous dit le jeune homme qui nous présente quelques clichés des activités que son équipe et lui ont menées ces derniers mois.

Voilà une année depuis les dernières élections villageoises. Qu’est-ce qui s’est passé depuis ? La parole à un jeune conseiller de village qui raconte son expérience...

Qui suis-je ? «J’ai 24 ans et j’ai récemment réussi à mes examens du barreau. J’ai été élu en tête de liste aux dernières élections villageoises à Laventure, avec 1028 voix. Et j’aspire à devenir avocat. J’ai participé à de nombreuses plateformes impliquant des jeunes et j’ai été partie prenante de quelques projets communautaires. Le dernier était la création d’une plateforme pour les usagers de drogues illicites, pour les aider à trouver un centre de réadaptation et les guider dans la recherche d’un emploi décent. À travers le travail dans mon village et mes projets communautaires dans d’autres endroits, j’essaie de motiver les jeunes à s’engager socialement dans la construction d’une meilleure île Maurice.»

 

Une belle expérience : «Même si je m’intéressais toujours à la politique, je n’avais pas l’intention de me présenter aux élections villageoises à mon retour à Maurice en juillet 2020. D’autant que je n’avais pas terminé mon barreau. Mais un an plus tard, je me rends compte que ma décision d’y participer était bonne. Cela m’a aidé à mieux comprendre comment fonctionnent les élections, comment les gens réagissent durant les campagnes que nous menons, quelles sont les attentes du public en matière d’élections et, surtout, à quel point les jeunes veulent du changement. J’ai bien aimé l’expérience que j’ai eue aux élections villageoises, d’autant que je suis le premier élu du Conseil de village de Laventure. La campagne n’était pas très facile car notre équipe se composait de plus de jeunes qui n’avaient jamais vécu une telle expérience sur la scène politique. Il y a eu plusieurs obstacles, comme les intimidations et une campagne de mauvaise foi menée contre les jeunes. Mais à la fin du jour, les électeurs ont fait leur choix et nous nous sommes retrouvés avec sept élus sur neuf contre deux équipes. Cette expérience m’a aussi permis de me familiariser davantage avec notre système électoral et ça va certainement m’aider dans mes prochaines étapes politiques.»

 

Une année plus tard : «Nous sommes en mesure d’accomplir notre objectif selon le programme électoral que nous avions. Nous avons organisé des activités environnementales de nettoyage et de recyclage, entre autres. Nous avons aussi mené une campagne d’embellissement. Les activités sportives ont été faites en février et il y a aussi eu la foire pour promouvoir les produits des habitants de Laventure. Dernièrement, nous avons, avec le Conseil de village de Laventure et la collaboration du Centre social de Laventure, inauguré un terrain synthétique de football/volley et un gymnase extérieur. Des activités de loisirs pour nos aînés ont été organisées durant la période précédant le confinement. En raison de la situation liée à la Covid-19 depuis début mars, nous ne sommes pas en mesure d’organiser des activités appropriées avec des personnes présentes physiquement. Via les réseaux sociaux, nous avons organisé des compétitions pour les jeunes du village. Travailler avec le public n’est certainement pas une tâche facile mais on a le devoir d’assurer que la qualité de vie dans le village s’améliore toujours et que les infrastructures publiques soient en bonnes conditions. Et cela doit être fait par des projets que nous mettons en place et par les activités qu’on organise pour toutes les tranches d’âge et genres.»

 

Mon regard sur la situation dans le pays : «Depuis quelque temps, on peut voir beaucoup de critiques concernant la gestion de plusieurs institutions. De mon opinion, c’est la perception d’un manque de transparence qui résulte en des critiques. Souvent, nous voyons des critiques être sélectives plutôt que de cibler le système sous lequel fonctionne l’État. J’évite souvent de faire des spéculations et j’essaie, au contraire, d’emmener les gens à réfléchir sur le fonctionnement du système qui gouverne chaque institution de notre pays. Mais c’est le devoir de chaque institution d’être accountable de chaque décision qu’elle prend et de venir ensuite expliquer celle-ci aux gens. En ce qui concerne la gestion de la Covid-19 dans le pays, pour moi, c’est la bonne santé du public qui doit primer avant tout. La pandémie n’est pas facile à gérer. On le constate à travers le monde. Alors que c’est au gouvernement de prendre des décisions pour la gestion de la Covid-19, le public aussi doit coopérer afin de ne pas partager le virus aux autres. On note un relâchement par rapport aux gestes barrières dans les lieux publics. La situation est compliquée car il y a l’économie et la santé publique à gérer.»

 

Pourquoi il faut s’intéresser à la politique : «C’est un domaine qui implique notre vie quotidienne car il s’agit de la prise de décision par le gouvernement concernant le fonctionnement de toutes les institutions. C’est la politique qui décide de comment opère un État de droit. C’est pour cela que je pense que les jeunes doivent s’intéresser à la politique. Le nombre de jeunes votants augmente à Maurice et les résultats des élections dépendent du choix que fait la majorité des électeurs. Alors, pour choisir la meilleure équipe pour gouverner notre pays, on doit avoir une bonne notion de la politique et de comment cela fonctionne. C’est l’explication la plus simple que je peux donner pour justifier mon souhait que plus de jeunes s’intéressent à la politique et la comprennent d’une façon réaliste. Puisque nous vivons dans un État démocratique, notre préoccupation est de tout savoir de la société et de réagir en conséquence. Tout ce qui se passe dans tous les secteurs est évidemment lié à la politique et à notre vie quotidienne. Par conséquent, cela n’a aucun sens de ne pas s’ intéresser à la politique.»

 

De l’espoir et des attentes : «Je souhaite qu’on se retrouve sans pandémie de Covid-19. Je souhaite aussi qu’il y ait un meilleur fonctionnement des institutions et une amélioration au niveau de la politique.  Avec un travail d’équipe, avec mes amis conseillers de village et avec le soutien de toutes les parties prenantes, on veut voir un village plus inclusif avec plus de projets et d’activités, comme promis durant la campagne électorale villageoise. Cela aidera à avoir une île Maurice avec plus d’harmonie sociale et plus de jeunes qui s’intéressent à la politique au lieu de faire des commentaires négatifs sur les réseaux sociaux. Il faut que chaque parti politique inclue des jeunes et considère leurs idées, et je parle de tous les partis existants.

 

J’ai l’idée d’établir plusieurs projets éducatifs et environnementaux l’année prochaine car l’éducation holistique et l’environnement sont des sujets qui me tiennent très à cœur. J’ai déjà une organisation pas encore enregistrée qui se compose de très peu de jeunes. J’ai l’intention de l’enregistrer très prochainement afin de pouvoir opérer d’une manière plus convenable sur des projets communautaires. C’est très important qu’on donne de la valeur à l’engagement civique et qu’on améliore le dialogue entre le public et le gouvernement.

 

Du côté de ma carrière professionnelle, comme j’ai terminé mon barreau, je vais commencer mon pupillage. Grâce à ce que je vais apprendre, j’espère pouvoir aider les gens d’une manière très productive en matière juridique.»