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Badminton – Financement de la CAB : Sanction sévère contre Raj Gaya

Le Mauricien a été suspendu à vie de toutes les instances du badminton.

Le couperet est tombé. Raj Gaya, ancien président de l’Association mauricienne de Badminton (AMB) a été suspendu à vie de toutes les instances du badminton. Celui qui occupait plusieurs fonctions au sein de la Confédération Africaine de Badminton (CAB) et la Badminton World Federation (BWF) a été condamnée pour utilisation abusive présumée des fonds.

Cette décision a été prise mercredi par la fédération internationale de badminton dont le quartier général se trouve en Malaisie. L’ex-dirigeant sportif mauricien devra s’acquitter d’une amende de $50 000 soit environ Rs 1,7 million et par la même occasion rembourser $ 5,000 à la badiste Kate Foo Kune. Cette dernière reproche à l’ex-président de l’AMB de n’avoir perçu que $ 1000 de l’allocation qui lui était destinée à travers le programme d’aide Road To Rio 2016. Il devra aussi s’acquitter d’une somme de $ 600 à l’arbitre international Hassen Hyderkhan qui lui reproche de ne pas avoir payé ses honoraires pour les six tournois internationaux qu'il a officiés.

 

La BWF a appliqué ces sanctions sur les recommandations de son panel d’audience sur l’éthique  qu’elle a mis en place après avoir effectué une enquête sur le dirigeant mauricien. Cette affaire a éclaté au grand jour après que Bashir Mungroo, ancien président de l’AMB, a alerté l’instance internationale en septembre 2017 concernant plusieurs allégations de corruption à l’encontre de Raj Gaya.

 

On se rappelle que cette affaire a fait grand bruit quand Bashir Mungroo a consigné une déposition au Central CID pour ce qui semble être la disparition d’une somme d’environ Rs 5 millions des caisses de l’AMB. Cette argent provenait de la CAB et était destiné au financement de divers projets et activités liés au badminton à Maurice.

 

Dans son rapport le panel de la BWF présidé par Sylvia Schenk et assisté d’Annabel Pennefather et Kevin Carpenter a établi que Raj Gaya a détourné des fonds sur son compte bancaire personnel «for his own benefit». Le document de 35 pages indique que le dirigeant mauricien «failed to notify the MBA that he was receiving grants/or funding from the BCA that was intented to be paid to the MBA into his personal bank account(s)».

 

Le panel soutient également que l’ancien secrétaire général de la CAB a, également, falsifié ou exagéré sur les demandes de remboursement. Il lui est aussi reproché d’avoir faussé des documents officiels et de n’a pas avoir été en mesure de produire les documents appropriés «particularly banking statements, that had been properly requested of him». Le panel d’éthique ira plus loin en soutenant ne pas avoir pleinement bénéficié de la collaboration du dirigeant mauricien durant l’enquête.

 

Raj Gaya a occupé des fonctions de secrétaire général à la CAB et celle de membre du conseil de la BWF de 1999 à 2017. Selon le rapport de Sylvia Schenk en occupant les fonctions de secrétaire général à la CAB, Raj Gaya «was central to the planning, implementation and distribution of substantial funding» alloués par la BWF à la CAB pour le développement du badminton en Afrique.

 

Le panel avance qu’en occupant également le poste de président de l’AMB de 2011 à 2017, Raj Gaya a, durant cette période «adopted and/or put in place a system where money allocated by the BCA to the MBA were not transferred to the MBA bank account» mais sur son compte personnel. Le rapport souligne que la fédération mauricienne ne s’est pas inquiétée de ces transactions dû au fait que «Mr Gaya being in charge of the transaction in both organisations» l’AMB «might not have known» de recevoir des fonds de la CAB.

 

C’est à la suite de ce rapport remis il y a deux semaines et de ses recommandations que la fédération internationale a pris la décision de bannir l’ex-dirigeant mauricien tout en lui infligeant une amende.

 

Pas de commentaires de Raj Gaya

 

Après avoir pris connaissance de la suspension de Raj Gaya, 5-Plus dimanche a pris contact avec ce dernier pour une réaction. L’ex-dirigeant de l’AMB a confirmé être au courant de la décision de la BWF et des sanctions qui pèsent lui. Toutefois, le Mauricien n’a pas souhaité faire de commentaires arguant que c’est peine perdue de vouloir contester la décision d’une instance internationale.

 

Réactions

 

Sharma Nundah, président de l’AMB  : « Je ne suis pas surpris de cette décision. La personne incriminée fait déjà face à une suspension temporaire et maintenant que le verdict est tombé, il doit assumer ses responsabilités. Cette affaire a terni l’image du badminton et du pays et nous allons devoir tout faire pour redorer notre blason. Le travail que nous avons entrepris doit continuer. D’ailleurs depuis que cette affaire a éclaté, nous avons mis en place un nouveau système et informé tous les instances concernés que dorénavant, il faudra s’adresser directement à la fédération.»

 

Bashir Mungroo, ancien président de la fédération et celui par qui cette affaire a éclaté : «Je me réjouis de ce verdit car la vérité a enfin triomphé. Maintenant que le rapport est public, je me demande quelles seront les réactions des autres dirigeants de l’AMB. Certains n’ont pas cru en moi et disaient que j’avais tort et que je faisais du mal à la discipline. Ces mêmes personnes qui m’ont délogé de mon poste de président. Quand j’ai révélé cette affaire, je me suis retrouvé seul contre tous. Aujourd’hui, je me demande si ces gens ont encore leur place dans le milieu où vont-ils avoir la bienveillance de reconnaître qu’ils ont fait fausse route et démissionner pour le bien de ce sport. J’aime le badminton et je me suis dévoué à la discipline mais cette affaire n’est pas encore terminée. Je me demande quelles seront les positions du ministère de la Jeunesse et des Sports et du Comité Olympique Mauricien par rapport à cette affaire. Pour ma part, je vais voir avec mon homme de loi de la marche à suivre car ma réputation a été ternie dans cette affaire ».

 

Philippe Hao Thyn Voon, président du Comité Olympiques Mauricien : «C’est très grave ce qui s’est produit et je ne crois pas que Raj Gaya a agi seul dans cette affaire. Je ne suis pas là pour accuser qui que ce soit mais il faut regarder un peu plus en profondeur. Si jamais il y a complicité alors les fautifs doivent être sanctionnés car c’est de l’argent qu’on parle là, argent destiné au développement du sport et de notre jeunesse».

 

Kate Foo Kune, badiste : «La justice a été faite. J’aurai pensé qu’il y aurait une punition plus sévère mais je respecte le verdict. Maintenant que ce chapitre est terminé, nous pouvons regarder de l’avant. J’espère que le badminton Mauricien pourra avancer avec de la transparence et que la performance des joueurs reste la priorité.»