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Bonne lecture,

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Arrêtez le massacre !

12 juin 2004. Sandhya Bappoo, 30 ans, sort de chez ses parents pour se rendre au travail. Au coin d’une rue, un homme en furie l’attend, muni d’un sabre. C’est son mari Ravindranath. Les coups pleuvent sur la jeune femme. 12 jours plus tard, elle rend l’âme à l’hôpital. À l’époque, Sandhya, avec son visage tuméfié (sur des photos faites après une précédente agression), était devenue le symbole des victimes de violences conjugales. Battue par son mari durant de nombreuses années, elle avait fini par demander un Protection Order contre lui et par quitter la maison. Mais il a trouvé le moyen de l’assassiner. Il a écopé de 40 ans de prison pour son crime.

 

9 juillet 2017. Umawatee Somrah, 34 ans, rentre chez elle après le travail. Dans la maison, son mari Sudhir l’attend avec un couteau. Il l'agresse sauvagement alors que deux de leurs quatre enfants assistent à une bonne partie de l'effroyable scène. Elle se vide de son sang et meurt sur place. Umawatee Somrah vivait séparée de son époux depuis deux mois et avait loué une maison non loin de celle de  ses parents. Elle avait aussi un Protection Order contre ce mari qui la violentait depuis de nombreuses années. 

 

Entre les meurtres de Sandhya et d’Anju, 13 années se sont écoulées, et des femmes ont continué à tomber, par dizaines, sous les coups de leur époux, compagnon ou petit ami. Des femmes martyres face à des hommes bourreaux qui les ont utilisées comme punching ball avant de leur asséner le coup de trop. Celui dont on ne se relève jamais. La plupart laissent derrière elles des enfants traumatisés, privés subitement de leur mère alors que leur père va croupir en prison. 

 

La plupart détenaient un Protection Order qui, visiblement, ne protège en rien, surtout si les époux vivent toujours sous le même toit ou non loin, restent en contact pour les enfants ou autre. Cette protection légale n’empêche pas leur bourreau d’agir avec encore plus de violence. Car, bien souvent, le départ de leur conjointe décuple leur rage. Cette semaine, dans Enquête en Direct sur Radio One, de nombreuses femmes ont témoigné après le meurtre d’Umawatee Somrah. 

 

Fatima a raconté son calvaire aux côtés de son mari violent mais aussi depuis qu’elle l’a quitté. Le harcèlement, les menaces, les agressions continuent malgré son Protection Order. Mais la police ne semble pas prendre son cas au sérieux. Isabelle, elle, a confié sa douleur d’être séparée de son fils de 3 ans par son ex-concubin qui passait son temps à la tabasser. Deux cas parmi tant d’autres. 

 

À croire que la violence conjugale est une pratique courante dans bien des ménages, peu importe leur classe sociale. Que les victimes soient femmes au foyer ou actives. Parfois, elles restent et continuent à subir, parce qu’elles ne savent pas où aller, dépendent de leur tortionnaire financièrement ou affectivement, à cause des enfants… Parfois, elles trouvent le courage de partir et arrivent à se reconstruire ou bien, comme Sandhya et Umawatee, finissent par succomber aux coups de ce mari ou compagnon qui n’arrête pas de les traquer. 

 

Une situation révoltante, dégoûtante, rageante, désespérante. Mais que faire contre une telle folie meurtrière ? Les lois, les mesures de protection, les campagnes… rien ne semble fonctionner. Bien sûr, il faut continuer à dénoncer, sensibiliser, appliquer et renforcer les lois. Mais il faut aussi que ces hommes (qui souffrent certainement d’une grave pathologie) soient mis hors d’état de nuire dès le départ, qu’ils arrêtent de traîner en toute liberté. Qu’on les enferme dans un endroit où ils pourront recevoir des soins appropriés et (peut-être) se réhabiliter. Et arrêter de tuer les femmes.