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Yaadav Damree : Des mots qui résonnent

Le jeune homme est actif sur plusieurs plateformes.

La politique, le système éducatif ou encore la réforme électorale… Ce sont autant de sujets qui l’intéressent. Ce jeune étudiant en droit (LLB) à l’University of Central Lancashire ne rate pas une occasion de partager le fruit de ses réflexions dans les médias. Son dernier cheval de bataille : la pollution de l’environnement.

C’est plus fort que lui. C’est même primordial, pour lui. À chaque fois qu’il en a l’occasion, Yaadav Damree, 21 ans, n’hésite pas à se mettre derrière son écran d’ordinateur pour regrouper, dans un document, ses réflexions, son état d’esprit, afin de partager un avis, une réflexion ou encore une analyse sur un sujet qui le touche, qui l’interpelle et qui, selon lui, mérite qu’on en parle. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’il n’hésite jamais à partager ses mots dans les journaux, dans les rubriques destinées aux lecteurs. Ses sujets de prédilection : la politique, les accidents de la route et d’autres fléaux qui touchent les jeunes.

 

Sa présence sur les plateformes médiatiques et autres forums est une façon  de s’exprimer et de se livrer, en espérant, dit-il, que ses mots pourront toucher, sensibiliser et faire réfléchir : «Je donne mes opinions pour que les citoyens réalisent qu’ignorer les problèmes sociaux peut avoir à la longue de graves conséquences et qu’il faudrait que tous s’y intéressent. C’est l’idée derrière les textes que je rédige.»

 

Dégourdi, visage sympathique, le contact facile, cet étudiant en droit (LLB) à l’University of Central Lancashire, qui habite Laventure à Flacq, a participé à quelques plateformes nationales abordant plusieurs problèmes sociales. Ex-participant au Transparency Mauritius Youth Forum 2017/18, ce passionné de politique connaît très bien la Constitution du pays, assure-t-il, et avait d’ailleurs participé l’année dernière au National Youth Parliament où, pendant deux jours en août dernier, des jeunes s’étaient glissés pour quelques heures dans la peau de nos politiciens, se sont familiarisés avec les travaux parlementaires et ont été initiés aux rouages du Parlement... «Aujourd’hui, nous pouvons remarquer cette triste vérité que les jeunes de Maurice ne s’intéressent ni à la politique ni à ce qui se passe dans la réalité. Premièrement, s’intéresser à la politique ne signifie pas être impliqué dans un parti politique spécifique, participer à des manifestations dans la rue ou se porter candidat aux élections.  Mais le but est de connaître l’évolution de notre société et de voir comment les choses fonctionnent dans notre État», explique-t-il.

 

Cheval de bataille

 

Parmi les thèmes qui ont retenu son attention ces derniers temps : le système éducatif ou encore la réforme électorale. Et son dernier cheval de bataille tourne autour d’un projet qui a trait à l’environnement. «La pollution de l’environnement est l’un des problèmes majeurs de la société mauricienne. Cependant, dans cette société moderne, je constate malheureusement que de nombreux citoyens ne se soucient pas réellement du bon maintien de la société et de la conséquence d’une société polluée.»

 

Pour lui, notre pays n’est pas à l’abri : «En tant que petite île, Maurice est plus vulnérable aux conséquences des catastrophes que nous avons connues dans le monde entier : froid et chaleur extrêmes, élévation du niveau de la mer, marées noires, raz-de-marée, inondations, sécheresses, tremblements de terre, cyclones et pollution générale. Au cours des 30 dernières années, voire plus, notre niveau de vie a changé. Nous sommes rapidement passés d’une économie agricole à une économie industrielle. Les développements majeurs dans l’infrastructure du pays, avec de nouvelles routes, la construction massive d’usines, d’hôtels et de logements, ont mis beaucoup de pression sur nos ressources et ont promulgué un réexamen urgent de nos problèmes environnementaux.»

 

Même s’il ne sait pas si le fait d’en parler peut faire changer les choses, Yaadav utilise chaque plaforme possible pour poser des questions. Plusieurs interrogations le taraudent suite à son implication dans le projet contre la pollution, organisé par le National Productivity, and Competitiveness Council (NPCC), sous l'égide des ministères de la Bonne gourvenance et de la Jeunesse et des sports : «Est-ce que les autorités et les utilisateurs de la société en font assez dans la vie quotidienne pour garder notre environnement propre ? Prennent-ils des mesures convenables pour assurer que notre environnement soit protégé ? Nous pouvons noter que, malgré un cadre juridique bien établi, le problème de la pollution n’est toujours pas alarmant pour beaucoup de Mauriciens. Pourtant, de nombreuses législations sont mises en place pour imposer des sanctions en conséquence, de manière à décourager les personnes à polluer notre société. De nombreuses institutions juridiques du département de l’environnement sont en place pour traiter le problème de la pollution.»

 

Façon de penser

 

Pour le jeune homme, s’intéresser à notre environnement, c’est surtout l’affaire de tout un chacun : «Les gens ont toujours tendance à ne pas se soucier de l’environnement et, malheureusement, cela a un impact négatif comme des dommages sur notre écosystème, des drains bouchés, des rivières polluées, la mort d’animaux et de plantes aquatiques, et une industrie du tourisme affectée. Cela implique que, malgré le cadre juridique bien établi, les gens ne réagissent pas de manière positive pour protéger notre environnement mais agissent plutôt à la suite de la répression par la loi et les autorités.»

 

Selon Yaadav, l’éducation peut aider à changer la façon de penser : «Le gouvernement devrait mettre l’accent sur l’éducation de la jeune génération aux conséquences de la pollution sur son environnement et sur la protection de l’environnement contre la pollution. En outre, il s’agit de préserver notre environnement mauricien, qui est l’une des principales attractions touristiques du monde et qui rend l’île magnifique. Mettre tous ces éléments sous une approche holistique comme moyen de mettre en pratique des activités parascolaires développera sûrement l’esprit de nos jeunes afin de préserver notre écosystème, flore et faune, ainsi que nos belles plages. C’est plus efficace que de se concentrer sur des méthodes répressives qui semblent finalement ne pas fonctionner.»

 

Il ne sait pas si ses réflexions peuvent conduire à des changements mais il ne compte pas s’arrêter de faire résonner ses mots.