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Savico Basset-Rougé : comment j'ai fait mon petit bonhomme de chemin en Australie

Il nous présente son univers, soit Le Bon Choix, boulangerie-pâtisserie européenne qui est devenue un groupe de neuf établissements et qui s'apprête à se développer à l'international.

Dans sa voix, un mélange de nostalgie, de fierté et de conviction. Boulanger et pâtissier de métier, Savico Basset-Rougé, 46 ans, père de deux enfants et originaire de Sainte-Croix à Maurice, nous raconte dans quelles circonstances il a quitté le pays pour l'Australie il y a 28 ans, soit pour aller trouver un coeur pour sa soeur Blydie qui était malade à l'époque. Bien que cette démarche n'ait pas abouti, sa soeur étant décédée, le passionné qu'il est s'est accroché et est aujourd'hui à la tête de Le Bon Choix, une chaîne de boulangeries-pâtisseries qui jouit d'une bonne santé financière et d'une belle popularité dans son pays d'adoption. Son entreprise – il vient d'inaugurer une nouvelle usine de fabrication à Brendale – s’apprête maintenant à prendre une dimension internationale...

Il était une fois... Le Bon Choix : «J'ai toujours aimé faire plaisir. J'ai toujours aimé cuisiner depuis l'enfance. Et je dis toujours car je n'ai pas choisi mon métier, c’est mon métier qui m'a choisi. Quand j'étais à Maurice, j'ai toujours voulu faire des choses différentes, ne pas faire comme les autres. En quittant le pays pour l'Australie, j'ai commencé un apprentissage avec une légende de l'industrie, Laurent Boillon, un pionnier qui a travaillé avec la célèbre pâtisserie Lenôtre à Paris. Au fil des années où j'ai travaillé avec Laurent, je me suis pris d’une passion pour l'industrie et avec plus d'une décennie d'expérience, en 2004, j'ai ouvert ma première boulangerie à Albany Creek, dans le Queensland. Ma vision était de créer une marque et pour cela, vous ne pouvez pas avoir qu'un seul magasin. Donc, deux ans plus tard, j'ai conçu et ouvert notre deuxième boulangerie à l'emplacement central de Queen Street, à Brisbane. Il n'a pas fallu longtemps pour que je comprenne le besoin d'ouvrir un troisième emplacement et à partir de là, Le Bon Choix, boulangerie-pâtisserie européenne, est devenue un groupe de neuf établissements.»

 

Le fruit d'un long travail : «Nous proposons tout ce qui est tradition française en mettant en avant la pâtisserie moderne dans notre façon de faire. Selon moi, pour faire la différence, il faut connaître le goût et les attentes de notre clientèle. Si on veut être un bon entrepreneur, on doit pouvoir parler à tous ceux qui choisissent de venir pousser nos portes. Notre 10e point de vente doit ouvrir fin 2022. Au fur et à mesure que nous avons développé la branche de vente au détail de Le Bon Choix, nous avons constaté le besoin d'étendre la production de nos produits, non seulement pour desservir les branches de vente au détail en pleine croissance de notre entreprise, mais également pour répondre à la demande croissante des clients grossistes. En 2006, nous avons étendu notre production dans une usine à Geebung que nous avons depuis dépassée. Cette année a été importante pour notre croissance puisque nous avons quitté notre première usine et ouvert une autre ultramoderne au coût de 7 millions de dollars (AUD) afin de pouvoir répondre à la demande croissante pour nos produits dans le domaine de la vente en gros. L'entreprise compte aujourd'hui plus de 200 employés (en tant que groupe) et un chiffre d'affaires annuel d'environ 700 millions (roupie mauricienne). Cette usine a attiré l'attention à la fois en Australie et à l'étranger, et je suis maintenant en négociation pour développer l'entreprise à l'échelle mondiale. Nous avons signé un contrat et Le Bon Choix s'apprête à devenir worldwide. On va s’attaquer à l'Asie ou encore à Abou Dabi et Dubaï.»

 

Mon histoire : «Cette influence française avec les produits que je propose me vient de mes grands-parents. Je suis d'origine française du côté de mon père. Il était un ancien soldat de la légion étrangère. Il était aussi pâtissier. Ma mère, elle, est née en Afrique. J'ai grandi à Maurice et j'ai fait tout mon apprentissage concernant mon domaine de prédilection en France. Mon histoire est intimement liée à celle de ma petite soeur Blydie Waterstone qui n'est plus avec nous. Ma soeur était malade et je suis allée en Australie pour lui trouver un coeur. Le monsieur qui m'avait donné du travail à l'époque m'avait remis 100 000 dollars pour m'aider à trouver un coeur pour ma soeur. Dommage, l'intervention n'a pu avoir lieu... C'était trop tard. Je me suis accroché à cet homme qui était comme un père pour moi. Il m'a transmis le goût du métier et son savoir, et depuis, je poursuis mon chemin. En Australie, nous avons récemment travaillé pendant deux semaines avec le ministre de la Défense. C'était un grand honneur pour moi, le Mauricien venu en Australie pour se construire. J'y vis depuis 28 ans.
Mon île est très importante pour moi et pour mes prochains défis, mon pays aura une place de choix. Je viens à Maurice très bientôt et je vais étudier toutes les possibilités car j'ai le rêve d'implanter une de mes boutiques dans mon pays natal. Je souhaite insuffler une envie aux jeunes Mauriciens : de penser que tout est possible. Partager cette énergie positive avec tous ceux qui veulent tenter l'aventure et se développer à l'extérieur. Je suis parti de rien avec mon entreprise et maintenant, je m'attaque à l'international. On ne vient pas tenter sa chance dans un pays et rester caché. On y vient pour être bien, pour vivre bien notamment, mais c'est rare que quelqu'un veuille tenter des choses et se développer. Les possibilités sont là et le travail paye. Ces derniers temps, j'ai aussi fait la Une avec une collaboration avec des ministres. Je suis fier de pouvoir aujourd'hui montrer que je me suis lancé dans les affaires avec beaucoup de volonté et que j'ai pu y faire mon chemin. Le côté académique est important, certes, mais je dirais que le hard work apporte aussi des résultats.»

 


 

Peter Dutton, ministre de la Défense australien : «Félicitations à Savico...»

 

C'est dans un post sur sa page Facebook, datant du 21 avril, que Peter Dutton, ministre de la Défense australien (photo), a salué le travail de Savico Basset-Rougé et son équipe. «Le Bon Choix est une entreprise locale incroyable qui fait de grandes choses. Ils ont ouvert leur premier magasin à Queens Street en 2007 et exploitent maintenant huit magasins dans le Sud-Est, employant 100 personnes. J'ai eu le plaisir d'ouvrir leur nouvelle usine de fabrication récemment à Brendale. Félicitations à Savico et Karen Basset-Rougé pour leur passion, leur dynamisme et leur énergie d’apporter les meilleurs bonbons et saveurs à la française à la communauté.»