• Le bal des congrès du MSM ouvert : Pravind Jugnauth tire sur ses adversaires et se défend
  • Lettre anonyme qu’un Senior Advisor du PM aurait envoyée contre elle - Ameenah Gurib-Fakim : «C’est inacceptable qu’on m’ait mis tout ça sur le dos»
  • Accord PTr-MMM-PMSD : des observateurs entre espoir et scepticisme
  • Accord PTr-MMM-PMSD : les nouvelles cartes de l'opposition…
  • L’infini duel Jugnauth-Ramgoolam !
  • Laal Singh Chaddha : «Forrest Gump», aux saveurs de Bollywood
  • La Vierge Marie, la «mère douce et protectrice» au coeur des familles mauriciennes
  • Fête de l’Assomption : quand l’APEIM fait briller les couleurs de Marie
  • Chelsea vs Tottenham : nouvelle saison nouvelle ambition
  • 14e journée : Colour My fate sous 54.58s !

Dr Michael Pompeia : sur le chemin de la vie...

«Tout ce que j’espère, c’est apporter des connaissances à un maximum d’entrepreneurs en herbe et d’entrepreneurs de tous les horizons», dit-il. 

«J’ai été marchand de légumes, de vêtements, de jouets, de produits en plastique et de boulettes, avant d’entamer des études plus poussées jusqu’à l’obtention de mon doctorat. C’est vrai que la rédaction du livre a commencé il y a deux ans mais c’est en me basant sur un vécu que je me permets de prendre les concepts souvent complexes et de les emmener dans une dimension beaucoup plus accessible à tous...» L’auteur de Selling Your Dream : Conversation with an Entrepreneur, qui vient de paraître, nous présente son livre, tout en se racontant...

Avec la pandémie ces deux dernières années, vous êtes témoin de beaucoup de choses et défis qui touchent les entrepreneurs en votre qualité de directeur d’opération à SME MU. Au cours des mois écoulés, vous avez aussi commémoré le premier anniversaire de la mort de votre père, vous vous êtes marié et aujourd’hui, vous publiez un livre... Quel regard jetez-vous sur tout ce que vous avez vécu ces derniers temps ?

 

D’emblée, je dois vous dire merci pour cette question. Cela permet de mettre en perspective ces mois écoulés. Il s’agit de deux années qui resteront très ancrées dans la mémoire générale parce qu’une pandémie – où on patauge toujours – ne laisse personne indifférent. Effectivement, je réalise que ces deux ans furent a true roller coaster of emotions, avec des grands moments de tristesse mais aussi des moments inoubliables de bonheur. Il n’y a pas de moment parfait dans la vie, c’est à nous de pouvoir trouver et créer notre propre bonheur. Les événements récents que vous avez cités dans votre question m’ont permis de réaliser que la vie est très fébrile et que nous devons profiter de chaque personne autour de nous, et de chaque moment. Chaque instant que la vie nous donne est à savourer car on ne sait vraiment pas quand tout peut basculer. Rien n’est permanent dans cette vie et rien n’est acquis non plus. La pandémie nous le démontre chaque jour.

 

Que vous a apporté tout ce que vous avez vécu ?

 

Il y a aussi un besoin permanent d’évoluer. Si on jette un coup d’œil au secteur de l’entrepreneuriat, on a effectivement vu beaucoup de struggle de la part des entrepreneurs pour la survie de l’entreprise. Et en parallèle, nous avons aussi eu droit à beaucoup d’innovation de leur part. Donc, à quelque chose malheur est bon car ça nous permet de sortir de notre zone de confort et de venir produire du nouveau. Développer un nouveau soi, un nouveau nous et, pourquoi pas, un nouveau monde est aujourd’hui plus que jamais d’actualité. C’est justement avec cet état d’esprit que j’ai pris le pari de venir de l’avant avec un livre qui vous invite à vendre votre rêve. En d’autres mots, je lance à ceux qui veulent le recevoir, un message d’espoir : prenez le temps de chercher du bon autour de vous et faites de vos rêves une réalité dans le monde de l’entrepreneuriat. À travers les 11 chapitres du livre, j’invite les lecteurs à se poser des questions et à découvrir des concepts importants qui leur permettront de réveiller ce héros qui sommeille en eux et de lancer des business solides et résiliants.

 

Quelle est l’histoire derrière «Selling Your Dream : Conversation with an Entrepreneur» ?

 

Déjà, mon parcours dans l'entrepreneuriat a commencé très tôt. J’ai été marchand de légumes, de vêtements, de jouets, de produits en plastique et de boulettes, avant d’entamer des études plus poussées jusqu’à l’obtention de mon doctorat. C’est vrai que la rédaction du livre a commencé il y a deux ans mais c’est en me basant sur un vécu que je me permets de prendre des concepts souvent complexes et de les emmener dans une dimension beaucoup plus accessible à tous. J’ai essayé autant que possible de venir simplifier la vie des aspirants entrepreneurs. Car le chemin de l’entrepreneuriat n’est pas une mince affaire mais ça nous permet de développer des qualités telles que la détermination, la persévérance et le besoin de réaliser ses rêves.

 

Pendant la préparation de ce livre, je me suis remémoré des moments de ma tendre enfance et une anecdote que j’aimerais partager avec vous aujourd’hui. J’avais 10 ans environ et j’avais la responsabilité, après l’école, de vendre des bred dans le quartier à Rs 2 la botte ! En passant devant la boutique du coin, j’ai vu un oiseau en métal à Rs 20 et comme tout enfant, je voulais ce jouet. Arrivé à la maison, je parle de cette trouvaille à maman et je lui dis que j’aurais aimé avoir eu Rs 20 pour l’acheter. La réponse fut : est-ce que c’est vraiment une priorité ? Pour simplement me dire que je ne l’aurai pas. En fin stratège, je me suis dit que j’allais l’avoir cet oiseau en métal et bien vite, en fin de semaine. Chaque jour, j’enlevais des tiges dans les bottes et je formais une nouvelle botte que je vendais, et je gardais l’argent pour acheter l’oiseau en métal.

 

Pourquoi pensez-vous que la lecture de votre livre peut changer la vie d’une personne ?

 

Tout ce que j’espère, c’est apporter des connaissances à un maximum d’entrepreneurs en herbe et d’entrepreneurs de tous les horizons. Avoir une attention particulière pour les démunis a toujours été l’un de mes objectifs et même avec un livre, je veux aider tout le monde, quel que soit son parcours académique. Parce que je suis sûr que tout le monde peut contribuer à faire de Maurice une île prospère. Maurice a besoin de vous, surtout maintenant. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous permettre d’aller par essais et erreurs dans les affaires. Chaque sou compte et le contexte fait que nous avons besoin de plus de rigueur que jamais. De bonnes compétences en planification et une capacité de suivi font partie des qualités qu’un entrepreneur doit posséder. Ce livre vendant votre conversation de rêve avec un entrepreneur fait partie de la solution. En parcourant les pages, vous découvrirez quels sont les points à prendre en considération avant de se lancer, pendant le lancement et après le lancement de votre entreprise, réalisant ainsi votre rêve. La vie est ce qu’elle est, avec ses hauts et ses bas mais tous les Mauriciens peuvent s’unir pour promouvoir une culture d’entrepreneuriat dans notre société. Vous, collégiens, qui voulez créer une entreprise, vous, jeunes diplômés dynamiques qui souhaitez contribuer à un monde meilleur, vous, femmes en quête d’indépendance économique, tous devraient être encouragés à réaliser leur rêve.

 

À qui dédiez-vous votre ouvrage ?

 

C’est un travail que je dédie à mes parents : ma maman, figure incontournable de mon parcours académique, mon papa qui m’accompagnait lors de la rédaction du livre et qui nous a quittés deux jours après l’obtention de mon doctorat. Bref, les événements ont fait que c’est pendant le premier lockdown que j’ai commencé à mettre sur papier ce que j’ai présenté dans ce livre et à y mettre de l’ordre. Personne ne pouvait imaginer que je vivais en même temps les derniers instants avec mon papa et chaque soir, on échangeait sur l’avancement du projet. Mais là où ils sont, je suis sûr que mes parents soutiennent ce livre comme s’ils étaient là.

 

Pourriez-vous partager avec nous un extrait du livre et nous expliquer pourquoi ce passage est important pour vous ?

 

Vous imaginez que toutes les sections du livre me parlent particulièrement. L’extrait que je vous partage en ce jour est tiré de la dernière partie du livre où j’invite les lecteurs à l’action : «There is no right, no best time ; there is only one time : your time. If you feel you have stocked enough resilience to start your venture, please do not wait. It is the time for you to enjoy the freedom and give a special meaning to your existence on this earth.» Certainement, c’est bien d’acquérir ou d’amasser la connaissance mais le plus important, c’est de pouvoir mettre en pratique ce que nous avons appris. Je me dois de signaler ici que nous aurons toujours des critiques, quelle que soit la décision que nous prenons. Malgré tout, il faut agir et sortir des sentiers battus pour aller vers un avenir plus brillant. Je vais citer un de mes auteurs préférés, Paulo Coelho, qui nous dit que le bateau est en sécurité dans le port mais n’a pas été construit pour ça. Idem pour nous : nous sommes en sécurité dans notre confort du 9 heures-4 heures mais sommes-nous destinés à ça ? La réponse peut être oui ou non et c’est uniquement vous qui détenez la réponse à cette question !

 

Nous vous avions rencontré pour la première fois en 2007. Vous aviez 22 ans et vous étiez en deuxième année d’Agro-science, fondateur et président d’Aggies, ONG qui regroupait une quarantaine d’étudiants «environmentally friendly»… Quel a été votre parcours depuis ?

 

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis mais j’ai toujours la même passion et la même conviction pour des causes sociétales. J’ai commencé à militer pour redonner ses lettres de noblesse à l’agriculture mauricienne, après quoi j’ai rejoint un des plus grands groupes dans le domaine agroalimentaire à Maurice où j’ai eu l’occasion d’accompagner les entrepreneurs dans le domaine de l’élevage pendant environ neuf ans. Après quoi, je me suis retrouvé dans le monde académique à Curtin Mauritius, toujours avec la même détermination d’accompagner les autres à grandir, et depuis bientôt trois ans, je suis à SME Mauritius comme directeur des opérations. Entre-temps, j’ai fondé, en 2014, l’association My Coaching Crew qui vise surtout à aider les jeunes dans les régions dites difficiles à se faire une place au soleil.

 

Une question d’actualité : comment se portent aujourd’hui les PME avec les chamboulements causés par la pandémie ?

 

Comme pour la plupart des secteurs, l’insécurité causée par la pandémie touche bien évidemment le secteur des PME, à plusieurs niveaux. Mais il est bon de commencer par dire que nous avons plusieurs catégories de PME dans notre écosystème à Maurice, avec chacune sa réalité. Mais de manière générale, la pandémie nous a forcés, entre autres, à repenser la façon dont on fait les affaires. Et étant donné la déstabilisation du marché et le fait que le mécanisme de l’offre et la demande a été affecté, je dirais que la plupart des PME ont été débalancées. Toutefois, beaucoup d’entrepreneurs ont trouvé dans la crise sanitaire des opportunités et la possibilité de mettre en avant leur créativité. Depuis quelque temps, nous assistons à pas mal d’innovation venant des PME qui, de par leur taille, arrivent à être versatiles et à s’adapter en fonction de l’exigence du marché. D’ailleurs, dans mon livre, je reprends la citation qui dit que «necessity is the mother of all invention».