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Annie Brien : un peu de l'île Maurice à Miss Germany, le concours révolutionnaire

«J’ai choisi de me mettre au service des femmes parce que durant ma carrière, je me suis rendu compte qu’il y a toujours de l’inégalité entre les hommes et les femmes dans le monde du travail», confie Annie Brien.

«L'Allemagne a complètement changé le concept du concours de beauté. It's not any more about beauty. L'apparence n'y a pas de pertinence...» Annie Brien nous raconte son expérience à un concours de beauté pas comme les autres...

Enter la modernité... Oubliez les critères figés des concours de beauté traditionnels... Place à une nouvelle façon de faire ! Dans plusieurs pays, comme à Maurice d’ailleurs, il faut répondre à des exigences pour pouvoir participer à certains concours de Miss. En France, par exemple, pour participer à l’élection de son concours de référence, il faut : être une femme, avoir entre 18 et 24 ans, être célibataire, mesurer 1m70 sans les chaussures à talons ou encore posséder un casier judiciaire vierge… Et il ne faut pas : être mariée ou divorcée, ou avoir des enfants, parmi d'autres règlements.

 

En Allemagne, il faut tout simplement avoir moins de 39 ans. C’est tout ! Le pays a ainsi bousculé toutes les règles de son concours et offre désormais une version plus inclusive et ouverte. À titre d’exemple, pour la présentation des candidates, les particularités physiques des prétendantes n’apparaissent pratiquement pas. Par contre, leur parcours de vie, leurs projets et leurs convictions sont longuement développés. Les candidates sont de toutes les origines et de tous les âges, ou presque, car le concours est désormais ouvert aux femmes de 18 à 39 ans, sans autres critères. À titre d’exemple, une des récentes Miss Germany, Leonie Von Hase, est une entrepreneure de 36 ans et mère de deux enfants. En effet, en 2020, le concours a révolutionné ses critères et sa philosophie. Ainsi, le jury est exclusivement composé de femmes, le critère de beauté est relégué au second plan et le concours met davantage en avant la personnalité, le caractère, l’activité professionnelle, le parcours de vie et la présence sur les réseaux sociaux. La limite d’âge a, donc, également été rallongée et le concours est ouvert aux femmes mariées et mères de famille. Dans la nouvelle version du concours, il n’y a pas non plus le traditionnel défilé en maillot de bain.

 

Et au coeur du concours révolutionnaire qui se déroule actuellement, en attendant la grande finale, Annie Brien, une jeune femme d’origine mauricienne, qui figure parmi les 40 candidates retenues des 15 000 postulantes qui briguaient le titre depuis le début de cette aventure.

 

La jeune femme, qui est dans la course pour le titre suprême, est heureuse de participer à un concours qui épouse ses convictions. «L’Allemagne a complètement changé le concept de concours de beauté. It’s not any more about beauty. L’apparence n’y a pas de pertinence. Je trouve très bien que le titre soit alloué à une femme qui s’engage pour des thèmes socialement pertinents comme la diversité», explique la jeune femme de 32 ans, qui vit actuellement à Berlin.

 

«Au service des autres»

 

Annie Brien, qui a des racines de l’île Maurice de par sa mère Michèle Brien, a étudié l’économie d’entreprise avec une spécialisation en marketing, en ayant le désir de devenir cadre supérieur : «Pendant ma période d’études durant lesquelles j’étais tourné vers le marketing, j’ai été à Shanghai, Bangkok et New York...» À 28 ans, elle était chef d’équipe couronnée de succès dans une entreprise de marketing mais à un certain moment, elle a senti que ce monde ne lui correspondait pas. «J’ai évolué dans ce secteur pendant deux ans et j’ai vite réalisé que ce n’était pas mon dream job. Je me rendais compte que cela ne me rendait pas heureuse. J’étais attiré par le besoin d’aider les autres, de me mettre au service des autres et de faire quelque chose de bien pour le monde et les secteurs du marketing et de l’économie ne me donnaient pas cette opportunité», souligne Annie qui, à 30 ans, décide de faire un virage à 180°.

 

Elle prend ainsi la décision de changer de voie et lance un podcast (SheSpeaks – «ce que vivent les femmes au travail») et devient également conseillère psychologique par correspondance. «Je suis maintenant self-employed et je suis un psychological coach. Je travaille avec les femmes et je les aide à développer leur estime de soi. Et j’ai aussi un podcast qui marche très bien ici et à travers lequel je donne des conseils... J’ai choisi de me mettre au service des femmes parce que durant ma carrière, je me suis rendu compte qu’il y a toujours de l’inégalité entre les hommes et les femmes dans le monde du travail. J’ai constaté que certaines compagnies par exemple, préfèrent entre deux postulants à un poste, choisir un homme, même si ce dernier à moins d’expériences en comparaison à la femme. Ce combat me tient aussi à coeur à cause de ma mère. Ça n’a pas toujours été facile ici pour elle de par ses origines...», nous explique la jeune femme pesant chacun de ses mots avec conviction.

 

Et maintenant, elle se donne à fond pour faire entendre sa voix et pour essayer de mettre en lumière des problèmes qu’il faut, dit-elle, dénoncer. «Je veux apporter ma contribution pour faire bouger certaines choses. Dans ma vie aussi, mon modèle, c’est ma mère. Même si elle est dans un pays qui n’est pas son pays d’origine et même si certaines personnes ne l’ont pas accepté, elle s’est toujours accrochée. Elle a toujours cru en elle et elle a travaillé dur pour être arrivé là où elle aujourd’hui», explique celle qui à l’île Maurice ancrée en elle : «J’ai grandi en Allemagne mais je baigne constamment dans la culture mauricienne. Dans les fêtes, on danse le séga, je raffole de la nourriture de l’île et ma mère me dit toujours que je fais très Mauricienne de par mon caractère. Je suis fière de cette partie mauricienne que j’ai en moi. D’ailleurs, à chaque fois que je vais dans l’île, je me sens chez moi comme à la maison. J’aime me retrouver avec ma famille là-bas et les gens sont tellement gentils. C’est très différent de l’Allemagne...»

 

Cette année a été, pour elle, riche en apprentissage. «Pour le concours, Miss Germany, j’ai choisi de me défendre sur le thème Equality & Selflove, particulièrement à cause de mon background familial et aussi de par ce que j’ai vécu durant ma carrière en tant que femme. Évoluant dans l’univers de la psychologie, la chose la plus importante c’est justement le selflove, d’où mon engagement. J’ai aussi gagné cette année en août le titre de Glow Face. Glow est la plus grande convention de beauté en Europe et ils ont lancé un nouveau concours avec Miss Allemagne. Cette année, le titre est aussi pour les femmes qui prennent des responsabilités pour un sujet important», ajoute-t-elle, tout en étant fière d’emmener un peu de l’île Maurice à un concours révolutionnaire...