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Anjanita Mahadoo : Son rêve américain

La directrice et fondatrice de StudyUSA Global nous parle des cinq ans de son organisme et de sa vie aux état-Unis.

Fondatrice et directrice de StudyUSA Global, elle aide les jeunes Mauriciens dans leurs démarches en vue de trouver une université aux États-Unis où elle vit depuis une vingtaine d’années. Au moment où son organisme fête ses cinq ans, elle nous raconte sa très belle aventure riche en histoires, expériences et rencontres.

Il a fallu s’y prendre à plusieurs reprises. Le décalage horaire (oblige) et quelques malentendus plus tard, nous sommes plongés dans l’univers d’Anjanita Mahadoo. On le comprend très vite, avec elle, tout est une question de planification.

 

D’abord, le décor : les États-Unis. C’est là-bas que la Mauricienne a posé ses valises il y a une vingtaine d’années. Et aujourd’hui, la voilà qui vit avec passion son rêve américain à travers l’organisme StudyUSA Global, qu’elle a fondé. «J’ai habité dans plusieurs États avant de m’installer dans la région de Boston deux ans de cela. J’ai fait des études universitaires avancées en psychologie et en études postcoloniales ainsi que des études spécialisées en Education Counseling, principalement à l’UCLA, en Californie. Éducatrice et chercheuse de formation, je me consacre maintenant à accompagner les jeunes de plusieurs pays du monde, dans leurs poursuites académiques, afin de leur permettre de se découvrir et d’exploiter au maximum leurs potentiels intellectuels, artistiques, athlétiques, entre autres.» Voilà pour les présentations.

 

Pour le reste, il est beaucoup question de dévouement, d’amour et de travail : «Je vis à côté de Boston, précisément au cœur de la ville de Cambridge.» Mais avant d’aller plus loin, un petit flash-back s’impose. «Cela fait cinq ans que je propose mes services aux jeunes Mauriciens désireux d’étudier aux états-Unis. Je les encadre en m’assurant qu’ils trouvent une place dans des universités américaines et qu’ils décrochent des bourses qui peuvent aller jusqu’à 100 % des frais scolaires et autres dépenses pour toute la durée de leurs études.»

 

Ses motivations : encadrer les jeunes qui veulent mettre toutes les chances de leur côté en optant pour le pays de l’Oncle Sam pour leurs études supérieures. Et c’est forte de ses expériences personnelles, alors qu’il a fallu faire un choix pour son fils, que l’idée a germé : «L’idée m’est venue d’aider les Mauriciens quand, en 2013, mon fils avait du mal à gérer ses demandes et ses études. Il sentait aussi la pression qui s’imposait à lui d’être lauréat, vu ses résultats du SC. J’ai dû intervenir comme je voulais qu’il comprenne qu’être proclamé lauréat n’est pas une fin en soi. Il était encore plus important de s’assurer de l’admission dans une université qui allait lui offrir une ambiance stimulatrice où il puisse continuer des poursuites intellectuelles de son niveau.»

 

C’est ainsi qu’elle s’est confrontée aux démarches : «J’ai vite compris que, par manque de guide, le processus de demande pour les universités américaines restait inconnu aux enseignants et autres recteurs qui, pourtant, étaient disposés à l’aider. Avec beaucoup de peine, on est arrivés jusqu’au bout et il s’est vu offrir une place dans des universités Ivy Leagues, à Stanford et au MIT où il vient de recevoir son Bachelor in Computer Science and Engineering.»

 

De là, la belle aventure a commencé : «Le succès fou qu’a eu mon fils à l’époque a poussé ses amis à faire appel à moi pour les aider aussi. C’est de cette façon que tout a commencé et le nombre de jeunes Mauriciens qui tentent leur chance auprès des universités américaines grandit d’année en année. J’adore travailler avec les jeunes à cet âge critique et fascinant où ils sont prêts à se lancer dans le monde. Je suis aussi une passionnée de l’éducation. Même si je suis rémunérée beaucoup plus largement par les Américains, les Chinois et autres, je consacre une bonne partie de mon temps aux Mauriciens malgré le tarif préférentiel que je leur offre.»

 

100 % virtuel

 

Du début à la fin, Anjanita Mahadoo accompagne ainsi les étudiants en les prenant (virtuellement) par la main pour les guider. «Je propose un service à 100 % virtuel, que les élèves trouvent convenant et pratique. Ils peuvent ainsi faire appel à mes services du confort de leur maison, même dans la soirée, à l’heure de Maurice. En gros, j’aide à démystifier l’idée que la demande auprès des universités américaines est trop compliquée en décortiquant le processus. Je les pousse vers la découverte de soi et je les encourage à s’engager dans des activités qui les passionnent», explique-t-elle. «Il est important de présenter la meilleure version d’eux-mêmes aux universités. Outre la préparation d’un dossier solide pour l’admission et les bourses, je les aide à trier parmi les quelque 3 500 institutions accréditées pour identifier celles qui sont les mieux adaptées à leur personnalité, leurs intérêts et autres préférences, mais aussi celles qui leur sont accessibles par rapport à leur niveau académique et les moyens financiers de leurs parents.»

 

À travers ses services, elle aide donc de nombreux Mauriciens à se réaliser : «Certains parents s’endettent ou font un effort astronomique pour payer les études de leurs enfants. Alors que d’autres ne peuvent même pas se le permettre. L’idée de décrocher ces bourses est très tentante et tout à fait légitime. Or, trop souvent, les élèves ne sont pas suffisamment préparés ou encore, les familles sont souvent mal guidées et mal renseignées.» Pour cela, Anjanita Mahadoo se donne beaucoup, un peu comme si chacun de ces jeunes était un de ses enfants : «Je dis toujours que l’application est plus un marathon qu’un sprint car ça demande une bonne préparation qui devrait commencer tôt. C’est un processus long qui peut être fatiguant mais qui vaut le coup, comme en témoignent, sur mon site Web, www.studyusaglobal.com, mes anciens élèves satisfaits des résultats.»

 

Un luxe

 

Pour elle, étudier aux States n’est pas forcément un luxe qui est réservé à certains : «Les universités américaines offrent non seulement une éducation de haut niveau et des opportunités uniques qu’on ne trouve pas forcément dans d’autres pays mais aussi des bourses généreuses aux élèves internationaux de hauts mérites. Les Mauriciens ont commencé à comprendre que les bourses que le gouvernement mauricien offre aux lauréats ne suffisent pas pour donner la chance à tous ceux qui le méritent de poursuivre des études universitaires à l’étranger. Les études universitaires à l’étranger coûtent cher, peu importe le pays, mais aux USA, la situation est paradoxale : bien que les études universitaires coûtent plus cher que partout ailleurs sur papier, la bonne nouvelle est que, si ces institutions voient la valeur de l’élève et décident de lui offrir une place, elles comblent la différence entre ce que les parents peuvent payer et le coût.» Pour cela, il faut, explique-t-elle, se démarquer des milliers d’autres postulants à travers le monde en démontrant son côté unique et les raisons pour lesquelles on mérite une bourse plus que d’autres. 

 

Les cinq années d’existence de StudyUSA Global sont un tournant dans sa vie professionnelle comme dans sa vie personnelle : «C’est ma façon de faire une différence dans la vie de ces jeunes, peut-être même de changer leur vie et celle de leur famille, à jamais.» Les expériences et autres rencontres l’ont, dit-elle, forgée : «S’il y a quelque chose qui ne change jamais d’année en année, quand j’apprends que mes élèves ont eu une place dans une université avec une bourse qui leur permet de poursuivre leurs études aux USA, je fonds en larmes, de joie, bien sûr. Je suis contente de pouvoir redonner un peu de ce que j’ai eu la chance d’avoir. Quand j’étais au QEC, dans les années 80, j’ai côtoyé bon nombre de jeunes filles brillantes qui n’ont jamais eu la chance d’exploiter leur potentiel en poursuivant des études, faute de moyens et de guides.  Je ne peux m’empêcher de penser à ce qu’elles auraient pu accomplir si seulement il y avait quelqu’un pour nous guider…»