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Para-athlétisme : les regards braqués sur Paris 2024

Le coach mauricien a confiance en ses protégés.

Les sportifs handicapés jouent gros cette année avec les Jeux Paralympiques qui se dérouleront au mois d’août et septembre en France. L’équipe encadrée par Jean-Marie Bhugeerathee se prépare activement à Côte-d’Or dans le cadre de cette manifestation.

Un coup de sifflet déchire le silence du stade d’athlétisme de Côte-d’Or suivi de bruits de pas et de roues lancées à vive allure. Il n’y a pas de doute. Derrière le muret qui nous empêche de voir la piste d’athlétisme, il y a des athlètes qui s’entraînent.

 

Assis sur une chaise, le chronomètre dans une main et le sifflet dans l’autre, l’entraîneur Jean-Marie Bhugeerathee supervise les opérations. Il annonce les chronos, donne des directives et motive ses troupes. Les plus connus se distinguent facilement comme Noemi Alphonse, Cédric Ravet, Roberto Michel, Mehfooz Oozeer, Anndora Asaun et Yovanni Philippe.

 

Sous les regards attentifs du coach mauricien, le sérieux prime, pas un bruit malgré un soleil de plomb. Tous sont concentrés, on travaille le départ et les premiers hectomètres de la course. On répète les mêmes mouvements, pendant que le technicien apporte des ajustements là où c’est nécessaire.

 

Malgré la fatigue et la chaleur, personne ne quitte la piste. Tous sont concentrés. Après une campagne 2023 riche en évènements et en performances, les para-athlètes mauriciens savent que les regards seront une nouvelle fois braqués sur eux lors de cette saison 2024.

 

«2023 a été très enrichissante avec de nombreux rendez-vous comme les Jeux de la Francophonie, les Jeux des îles et les Championnats du monde sans compter les autres manifestations importantes et les marathons. En tant qu’entraîneur, c’est difficile de dire quel moment m’a le plus marqué, vu que les émotions ont été nombreuses, et l’année dernière, il y a eu un enchaînement avec nos athlètes qui ont su répondre présent à chaque occasion et en faisant toujours de leur mieux», évoque Jean-Marie Bhugeerathee. 

 

Ce chapitre est déjà clos pour les quadricolores qui ont en tête d’autres objectifs comme les Jeux Paralympiques de Paris qui se dérouleront du 28 août au 8 septembre en France.

 

Quatre Mauriciens, en l’occurrence Noemi Alphonse et Anaïs Angeline chez les dames et Roberto Michel et Yovanni Philippe en masculin sont déjà qualifiés pour le rendez-vous français. Mais d’autres dans le groupe espèrent également valider leur billet pour la ville parisienne.

 

Participer au plus grand rassemblement de handisportifs de la planète reste un grand accomplissement dans la carrière de ces athlètes. Les chances de qualifications sont encore possibles cette année. Pour ce faire, il faudra figurer parmi les deux premiers aux Championnats du monde de para-athlétisme qui se disputeront du 17 au 28 mai à Kobe au Japon.

 

Une deuxième alternative est possible, mais ce sera plus compliqué. Celle de réaliser les minima lors de sorties internationales en espérant pouvoir être retenus selon des critères bien définis, comme les quotas hommes-dames par pays et le nombre de participants par catégorie.

 

Dans cette optique, et en marge des préparatifs pour Paris, des sorties internationales sont prévues à partir de février, notamment à Dubaï (voir hors texte) et en Suisse également. Un camp d’entraînement aussi figure sur les plans de l’équipe, mais rien n’est finalisé pour le moment.

 

Objectif la médaille paralympique

 

«Nous avons nos chances, ce sera très disputé. Nous ne pouvons prédire ce qui va se passer en piste. Mais ils sont déterminés et ça facilite énormément le travail. Il n’y a pas besoin de forcer tout se fait automatiquement. Je sais ce qu’ils sont capables et le moment est venu de récolter les fruits de ce dur labeur», souligne Jean Marie Bhugeerathee.

 

Ainsi, ce groupe de handisportifs n’a pas eu le temps de souffler à la fin de l’année. Les fêtes à peine terminées que ces derniers étaient de retour à l’entraînement le 3 janvier. Durant les années écoulées plusieurs d’entre eux ont fait leurs preuves sur la scène internationale.

 

L’an dernier, Noemi Alphonse, médaillée d’argent et de bronze et Yovanni Philippe, médaillé de bronze, étaient les premiers handisportifs mauriciens à monter sur un podium mondial aux Championnats du monde de para-athlétisme à, Charléty, en France.

 

Un moment historique pour le pays, mais cette prestation n’est qu’une étape pour ces athlètes qui se donnent corps et âme au rythme de six à sept jours d’entraînement par semaine. Leur objectif final reste la tant convoitée médaille paralympique. Une prestation jamais réalisée par aucun para-sportif mauricien jusqu’à présent.

 

«L’enjeu est énorme puisque l’objectif reste la médaille aux Jeux Paralympiques. Ce sera compliqué, voire  difficile car tous ceux qui seront présents à Paris voudront repartir avec une médaille, mais ce ne sera pas impossible non plus. Nous allons tout tenter pour faire honneur au pays», lance l’entraîneur mauricien.

 

Le tacticien ne manque pas de rappeler les différents aspects qui contribuent à la réussite de cette quête sportive comme une bonne hygiène de vie, un suivi et un encadrement approprié et un environnement stable.

 

«Les familles jouent un très grand rôle et les athlètes ont besoin de ce support pour pouvoir avancer. Nous remercions aussi le Complexe de Côte-d’Or pour avoir mis ces facilités à notre disposition, Rudy Sassoli pour son soutien dans notre préparation et bien évidemment les différentes instances qui nous épaulent dans la réalisation de ce grand projet. Nous étudions encore d’autres options dans le cadre de la préparation. Mais nous allons d’abord en finir avec la qualification, avant de finaliser le plan de travail qui nous mènera aux Jeux», conclut Jean-Marie Bhugeerathee. 

 

Au moment de finir notre entrevu, les para-sportifs ont terminé avec les entrainements du matin. C’est la pause déjeuné suivi d’un repos bien mérité. Ils reprendront le travail dans l’après-midi. C’est comme ça la vie de sportif de haut niveau. Une vie remplie de sacrifice et de dévouement pour pouvoir toucher les étoiles.

 

La délégation mauricienne

 

Para athlètes

Dames: Noemi Alphonse, Brandy Perrine, (T54), Anaïs Angeline (T37), Anndora Asaun (T11), Brigila Clair (F20), Ashley Telvave (T20)

Messieurs: Eddy Capdor, Julien Ovide, Denovan Rabaye, Yovanni Philippe (T20), Roberto Michel (T34), Mehfooz Oozeer, Cédric Ravet (T54)

Guide: Loïc Bhugeerathee

Entraîneurs: Jean-Marie Bhugeerathee, Fabrice Ramsamy, Maxwell Drack

Responsable des filles: Angela Juwaheer

Chef de délégation: Mariam Sumun

 

Dubaï ouvre le bal

 

Une délégation de 19 personnes dont 13 para-athlètes, un guide et trois entraîneurs, une accompagnatrice et une chef de délégation mettent le cap sur Dubaï le 2 février. Ce déplacement est devenu une habitude pour les handisportifs mauriciens et, par la même occasion, donne le coup d’envoi de leur calendrier international. Trois compétitions attendent les Mauriciens à savoir le Sharjah Open du 4 au 6 février, le Khorfakkan Meeting du 8 au 9 février et le Dubai 2024 World Para Athletics Grand Prix aussi connu comme les 15th Fazza International Para Athletics Championships du 12 au 15 février.

 

Des rendez-vous où les para-sportifs mauriciens espèrent réaliser de bons résultats et en même temps effectuer les minima pour ceux qui ne sont pas encore qualifiés pour les Jeux Paralympiques prévus en août et septembre à Paris, France. Les quatre qualifiés mauriciens pour ces Jeux, en l’occurrence, Noemi Alphonse, Anaïs Angeline, Roberto Michel et Yovanni Philippe seront également de la partie dans le cadre de leur préparation pour l’évènement parisien, tout comme les prodiges rodriguais Eddy Capdor et Brigila Clair.

 

Une bonne entrée en matière pour les quadricolores qui vont pouvoir avoir un premier aperçu de la  concurrence.