• Heathy lunch box : cinq idées de repas à apporter à l’école et au boulot
  • L’enquête sur l’assassinat de Manand Fakhoo non-résolu deux ans plus tard : ses proches entre révolte et incompréhension
  • Boost Your English : la trouvaille linguistique du Dr Wedsha Appadoo-Ramsamy
  • Otite : aïe, pas touche aux oreilles !
  • Résultats du School Certificate : entre réjouissances et tristesse
  • Ilia’s Nails’, une belle adresse trendy dans le paysage de Curepipe
  • Linzy Bacbotte : L’apothéose mauricienne de ses 35 ans de carrière
  • Arianda Desmarais, 11 ans, se fracture le crâne en tombant d’un autobus - Ses parents : «Nous espérons qu’elle s’en sortira sans séquelles graves»
  • Stephan Steward Toussaint, 29 ans, tué pour «une affaire de moeurs» - Stephanie, sa compagne : «On le blâme injustement sans qu’il soit là pour se défendre»
  • Alertes météo : un vent nouveau souffle…

Head of Development Projects à la Badminton World Federation - Sahir Edoo : «Fier de pouvoir continuer à servir ma discipline»

En rejoignant la fédération internationale, Sahir Edoo joue désormais dans la cour des grands.

Après sa carrière d’athlète, Sahir Edoo s’est reconverti dans l’administration sportive. Celui qui occupe les fonctions de secrétaire général à la Confédération africaine de Badminton depuis 2017 est appelé à évoluer à un autre niveau depuis qu’il s’est engagé avec la Badminton World Federation. 

Sahir Edoo n’aurait jamais imaginé que sa vie prendrait une autre tournure grâce au badminton. Le Mauricien, qui s’est mis à ce sport de raquette alors qu’il était au collège a, rapidement, grimpé les échelons, pour devenir l’un des meilleurs badistes du pays avant de se reconvertir dans l’administration pour le compte de la Confédération africaine de Badminton (CAB).

 

Ce dernier agit comme Event Manager à la confédération africaine depuis 2014, puis il devient secrétaire général-suppléant de 2017 à 2018 avant d’être nommé officiellement à ce poste en 2018.

 

Depuis mai de cette année, Sahir Edoo s’est engagé avec la Badminton World Federation (BWF) comme Head of Development Projects.

 

«J’ai postulé en 2021 et la BWF a finalement agréé à ma candidature cette année. Intégrer l’instance internationale est avant tout un choix de carrière et j’ai longuement réfléchi sur ce que je voulais avant de prendre ma décision. Je suis le premier Mauricien et le premier Africain à intégrer l’administration mondiale du badminton et je suis très fier de pouvoir continuer à servir ma discipline après ma carrière sportive», commente Sahir Edoo.

 

A la fédération internationale, le Mauricien aura une plus grande responsabilité. Il s’occupera de l’implémentation de plusieurs projets comme le BWF Shuttle Time, un programme de développement pour le badminton scolaire mis en place dans 150 pays. Il y a aussi le Air Badminton, une version outdoor de la discipline lancée en 2019 et qui fera partie des World Beach Games de 2023 à Bali en Indonésie.

 

Avant de s’engager avec la fédération africaine, le Mauricien a eu l’occasion de parfaire son expertise sur le continent africain.

 

«Nous avons effectué plusieurs réformes, notamment au niveau de la direction, l’administration, le marketing, le développement et la formation. On a revu  les statuts, introduit la commission des athlètes avec droit de vote, introduit le para badminton, mis en place une commission de gender equity pour plus de participation féminine et dernièrement établi un plan stratégique en vue des Jeux olympiques de 2028 aux Etats-Unis», souligne l’ex-badiste.

 

Son seul regret est de ne pas avoir vu l’aboutissement du projet d’implémenter le secrétariat de la Confédération africaine à Maurice. «La législation mauricienne ne permet pas à un organisme sportif international de s’implanter ici. Nous avons enclenché le processus en 2018, mais le projet n’a pas abouti. Cela aurait permis à la CAB de centrer toutes ses activités administratives en un seul point et en même temps au pays de bénéficier sur le plan sportif. J’espère qu’on pourra trouver une solution à l’avenir», regrette le SG de la CAB.

 

Bien qu’il travaille pour la BWF, Sahir Edoo continue à exercer pour le compte de la confédération africaine. Le Mauricien est dans l’attente d’un successeur pour pouvoir passer le flambeau.

 

En s’engageant avec la fédération internationale, le Quatrebornais sait que sa vie va changer. Avec sa femme, il va devoir déménager à Kuala-Lumpur en Malaisie, où se situe le siège de la BWF. «C’est un gros changement dans ma vie, mais comme je voyage tout le temps en raison de mes missions à l’étranger ce ne sera pas si différent. Sauf qu’avec 198 pays et cinq continents, le challenge est plus grand», confie notre interlocuteur.

 

C’est en 2003 que la carrière sportive de Sahir Edoo prend son envol. Grand amateur de foot et notamment de Manchester United, le jeune garçon ne savait pas qu’il était doué pour la raquette jusqu’à ce que son père l’encourage à se lancer, et à partir de là tout va s’accélérer. 

 

Bien que trop jeune pour être dans la sélection des Jeux des îles à Maurice, beaucoup voient en lui un futur grand de la discipline. Il confirmera ses dires avec ses sept titres de champion de Maurice, 2004 – 2005 juniors et 2006 – 2010 seniors. Il sera également parmi les trois meilleurs badistes africains. Mais sa carrière ne sera pas de tout repos. Des multiples blessures le tiendront à plusieurs reprises éloigné des courts.

 

Il se lance, alors, dans l’administration sportive avec comme objectif d’aider sa fédération. Il suivra une formation en Advance Sports Management Course (ASMC), organisée par le Comité olympique mauricien (COM) en 2011. Un concept taillé pour le sport qui lui permettra d’être sélectionné pour une maîtrise universitaire. Il obtiendra un Master exécutif en Management des organisations sportives (MEMOS), offert par le Comité international Olympique (CIO) en collaboration avec l’université de Louvain de Belgique. Après sa formation, Sahir Edoo sera embauché par la CAB.

 

«J’ai pris d’énormes risques en me lançant dans le sport management. Cette formation est très importante pour le développement du sport à Maurice, et, pourtant il n’y a aucune institution académique qui dispense de tels cours dans le pays. Cette formation contribue à la professionnalisation du sport et sans elle, nous serions toujours à faire du bénévolat», remarque celui qui soufflera bientôt ses 35 bougies.

 

L’ex-badiste espère que d’autres compatriotes auront la chance de suivre une telle formation afin qu'ils puissent en retour aider à faire progresser le sport mauricien.