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David Aiello, journaliste sportif français : «Le Ballon d’Or reviendra à Messi»

Ce journaliste sportif de carrière, qui a un impressionnant Curriculum Vitae, était à Maurice pendant quelques jours pour animer une formation au Media Trust. Il revient sur les moments importants de sa vie professionnelle. Il se confie également sur la santé des Bleus, à un an du mondial au Qatar, et nous donne son favori pour le Ballon d’Or dont la cérémonie est dans quelques jours. 

Vous avez une riche expérience professionnelle. Pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs ?

 

Je suis journaliste depuis 22 ans. J’ai travaillé pour plusieurs supports,  internet, télé, radio et presse écrite. J’ai commencé en tant que rédacteur web en 1999 à Foot365.fr. J’ai aussi travaillé pour Orange Sport qui était diffuseur de la Série A. J’ai également commenté des matchs de boxe et d’autres compétitions dont la Coupe du monde, en Afrique du Sud, en 2010. Ensuite, j’ai travaillé pour la radio RTL et depuis peu pour l’Equipe et Amazon Prime Video, le diffuseur de la Ligue 1. Je suis pitch reporter cette saison. Je suis actuellement chroniqueur TV sur la chaîne l’Equipe.

 

Vous êtes également formateur au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes, à Paris. Vous venez, d’ailleurs, d’animer une formation sur les fake news au Media Trust. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet en tant que passionné du sport et des médias ?

 

Je suis effectivement venu assurer une formation sur les fake news au Media Trust avec bonheur. C’est un sujet très important pour l’avenir de la profession. C’est important que les journalistes soient formés pour débusquer les fake news qui sont partout, y compris dans le sport, où l’on voit des agents qui essaient de manipuler avec des transferts qu’ils sont sur le point de faire, alors que le but est de faire monter les enchères. C’est important d’apprendre à démasquer les fake news. Le sport n’échappe pas à cela où nous avons des fausses informations qui circulent sur ce sujet de la part des agents et des supporteurs. Les joueurs en sont victimes. C’est important de travailler sur le sujet.

 

Vous avez une très riche expérience professionnelle. Vous avez fait vos débuts en 1999 comme rédacteur web à Foot365.fr et vous êtes actuellement chroniqueur TV sur la chaîne L’Equipe avec deux émissions soit «L’Equipe du soir» et «La grande soirée». Dans le passé, vous avez également fait des reportages Facebook «en live» lors des matchs du  PSG et ceux de l’équipe de France. Vous avez également co-écrit le livre «OM-PSG, PSG-OM, les meilleurs ennemis» vendu à plus de 30 000 exemplaire. Quel est votre meilleur souvenir ?

 

C’est une question difficile. Je vais en citer trois. D’abord, il y a la Coupe du monde de 2006, en Allemagne, qui est un souvenir formidable car c’était la dernière compétition de Zinedine Zidane que j’avais eu la chance de côtoyer de près. On s’occupait, à l’époque de son site Zidane.fr par l’intermédiaire d’Orange pour qui je travaillais. J’étais parti chez lui, en avril 2006 pour l’annonce de la fin de sa carrière et de sa retraite internationale en tant que footballeur. Après on le suivait en Allemagne, avec cette formidable opportunité  de le suivre jusqu’à la fameuse finale France-Italie et le coup de boule de Zidane. Il nous avait promis que si la France gagnait la Coupe du monde, on allait avoir son entretien exclusif à son hôtel ce soir-là. J’étais à Berlin pour cette finale. Ce match a été un traumatisme. Voir la France perdre face aux Italiens alors qu’il y avait une interview de Zidane qui m’attendait dans son hôtel avec le trophée ! Quatre ans plus tard, il y a la Coupe du monde phénoménale en Afrique du Sud. Je suis resté sur place pendant six semaines pour suivre l’équipe de France, surtout le fiasco à Knysna. C’était professionnellement très intéressant. Mon dernier grand souvenir est la retransmission et la présentation du championnat du monde boxe des poids lourds de Jean-Marc Mormeck, à Düsseldorf, face à Vladimir Klitschko. C’était un grand souvenir puisqu’on l’avait accompagné pendant une bonne partie de sa carrière. On a diffusé plusieurs de ses combats sur Orange Sport. J’avais également commenté plusieurs de ses matchs. On s’est, surtout, retrouvé dans un stade avec une foule de 60 000 personnes favorables à Klitschko. Jean-Marc avait subi cette pression pour finalement gagner.

 

Et le pire souvenir est ?

 

C’est également difficile de me prononcer à ce sujet, car sur les 22 ans de carrière, je me suis plutôt régalé. C’est un formidable métier mais je vais quand même sortir un. On est en 2004 à l’Euro. Je suis au Portugal en tant qu’envoyé spécial de la radio Sport FM. Je travaille beaucoup. J’envoyais cinq papiers par jour sur l’actualité de l’équipe de France et sur les autres équipes. Je travaillais du matin au soir. Je me déplaçais beaucoup. Je faisais 200 km entre les stades. Il faisait très chaud. Je suis tout seul pour travailler. Un jour, après un match de poule entre la France et l’Angleterre à Lisbonne, je venais d’envoyer quatre papiers, j’étais en train d'écrire un autre papier dans la salle de presse du stade, il est 2h du matin, je suis le dernier journaliste présent, je n’en pouvais plus. Je vais pour enregistrer mon papier et l’envoyer à la rédaction, à ce moment-là mon ordinateur plante et je perds tout mon travail alors que mes collègues m’attendaient pour rentrer à l’hôtel. Il y avait encore une heure de route. J’ai eu envie de pleurer tout simplement. J’ai dû refaire mon papier. On est parti à 3h30 du matin.

 

Vous êtes coach dans une équipe. Vous aimez aussi le tennis et la course à pied. Vous aimez également la guitare et les concerts. Que détestez-vous donc ?

 

J’aime effectivement beaucoup le sport, le tennis et le football que j’ai pratiqués pendant longtemps et que je continue toujours à pratiquer. J’aime beaucoup la guitare. J’aime aussi la gastronomie. J’aime beaucoup cuisiner. J’adore aller dans les bons restaurants. Je ne vois pas de chose que je déteste vraiment, à part les injustices.

 

On a cru comprendre que vous avez également une licence en anglais et que vous avez côtoyé Old Trafford pendant une certaine période de votre vie alors qu’enfant, vous étiez en admiration pour les Reds de Liverpool qui marchaient sur toute l’Europe avec leurs stars de l’époque. Les Mauriciens sont très fans des équipes du pays de sa Majesté. Avez-vous des anecdotes sur le foot anglais à partager avec nous ?

 

La plus marquante c’est la visite de sir Bobby Charlton, l’une des plus grandes légendes du football mondial. Il a réalisé le grand chelem après avoir remporté la C1, la Coupe du monde et le Ballon d’Or. Il n’y a pas beaucoup de joueurs qui ont ce palmarès. Sir Bobby Charlton, qui représentait l’institution de Manchester United, venait rendre visite à la Manchester United Soccer School où je travaillais entre 1999 et 2002. Je m’occupais des footballeurs francophones là-bas. Il venait tous les étés nous rendre visite pour partager la dimension de l’institution Manchester United auprès des jeunes. Il venait à chaque fois avec sa médaille de champion du monde 1966. Il en est était très fier. On pouvait le comprendre. Il ne ratait jamais une occasion de raconter ses années de gloire et aussi la glorieuse et tragique histoire du club. C’était un grand souvenir de rencontrer ce grand monsieur du football mondial et du football anglais.

 

Le PSG a également des fans à Maurice. L’arrivée de Messi et consorts lors du dernier Mercato est très appréciée. Les équipes françaises n’arrivent toujours pas à remporter le graal sur le plan européen. Selon vous, pourquoi aucune n’a pu soulever la Ligue des Champions depuis l’exploit des Marseillais, en 1993 ?

 

Tout simplement parce que pendant très longtemps, les clubs français n’ont pas eu les moyens de monter des effectifs dignes de ce nom. Il faut remonter à 2011 avec l’arrivée des Qataris au PSG pour retrouver un club français avec un budget qui fait partie du top 4 européen. Cela a pris du temps aux Qataris de reconstruire une équipe car lorsqu’ils sont arrivés, le PSG végétait au milieu du tableau. Pendant ce temps-là, l’OM avait sombré. L’équipe avait été rétrogradée à un certain moment. Il y a aussi eu l’Olympique Lyonnais qui s’était rapproché des demi-finales mais à qui il manquait un petit quelque chose, soit ces grands joueurs qui coûtent cher et qui font la différence. Vous n’avez qu’à regarder le palmarès de la Ligue des Champions, les Cristiano Ronaldo, Messi et Lewandoski ne sont pas loin. Le PSG, en 2017, a fait venir des grands joueurs comme Neymar et Mbappé. Cela ne fait que 4 ans. Il y a Messi cette année. Les Parisiens ne sont pas passés loin, avec une demi-finale et une finale sur les deux dernières années. Ils se rapprochent. C’est également une compétition qui est compliquée à remporter.

La France est actuellement championne du monde. Pensez-vous que les Bleus vont pouvoir rééditer l’exploit au Quatar l’année prochaine ?

 

Il est encore trop tôt pour le dire. La France va faire partie des favoris en tant que championne du monde en titre, en tant que vainqueur de la Ligue des Nations. Les Bleus ont, aussi, fait une belle série de qualifications, même si c’était assez aisé pour une équipe qui compte des joueurs comme Mbappé, Benzema, Griezmann, Varane et Kante dans ses rangs. Ce sont de très bons joueurs. Les Français font partie des favoris. Est-ce qu’ils vont être capables de conserver leur titre ? C’est quand même difficile de se prononcer un an avant. La Coupe du monde se déroule au Qatar en novembre-décembre 2022. D’ici là, il peut se passer beaucoup de choses. Il y aussi beaucoup d’inconnus, notamment les conditions dans lesquelles se dérouleront cette compétition. Il va faire très chaud. Les joueurs français en novembre, ils seront pris avec des températures entre 5 à 10 degrés. Ils vont se retrouver dans un environnement où il en fera 40. Comment vont-ils réagir à cela ?   Je trouve que c’est assez difficile de se prononcer, et même juste avant on ne pourra pas le faire. Les conditions feront qu’il y aura des surprises.

 

Pouvons-nous connaître votre favori pour le Ballon d’Or ?

 

Mon favori est Lionel Messi. Il récupérera le Ballon d’Or, le 29 novembre. Tout simplement parce que même si ce n’est pas la meilleure saison de sa carrière, elle est symboliquement forte avec la Copa America qui lui permet enfin de remporter un titre majeur avec la sélection argentine. Ce qu’il n’avait pas encore fait jusqu’à présent. Et puis, je pense que lorsqu’on regarde les critères c’est lui qui coche le plus de cases. Je vous rappelle les critères. Le premier ce sont les performances individuelles et collectives. Individuellement, il termine meilleur buteur du championnat d’Espagne et il remporte la Copa America collectivement avec l’Argentine. Le deuxième critère c’est le talent sur et en dehors des terrains. Messi reste un des trois meilleurs joueurs du monde à coup sûr. Il n’y a pas de doute là-dessus. En dehors du terrain, il ne fait pas trop parler de lui. Le troisième critère c’est la carrière. La sienne est déjà bien remplie. Il a déjà six Ballons d’Or, une Copa America désormais, une finale de Coupe du monde, des Ligues des Champions. Sa carrière est exceptionnelle. Aucun autre joueur ne peut rivaliser avec Messi. L’Italien Jorginho est certes plus performant que lui sur le premier critère, mais Messi le surclasse au niveau de la carrière et du talent. Lewandoski a laissé passer sa chance l’année dernière, même s’il a la Ligue des Champions à son actif. Neymar, Mbappé et Benzema seront dans le top 10 mais le Ballon d’Or reviendra à Messi.