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Un dangereux précédent !

Sans limite ! Aucun respect des postes constitutionnels, de nos lois et institutions. Le communiqué émis par le commissaire de police traitant «d’evil precedent» la décision du DPP de ne pas s’opposer à la libération de Bruneau Laurette donne une indication du niveau atteint par ceux détenant le pouvoir ! L’indécence de Dip à s’ingérer dans une affaire judiciaire,  ses commentaires inacceptables sur la MBC, sa tentative de manipuler l’opinion publique, en se substituant à une cour de justice, tout en faisant des amalgames condamnables, ne font que prouver la perversion du système !

 

Et ce, à cause d’une classe politique qui se croit propriétaire du pays ! Et qui ne se prive jamais d’abuser sans pudeur d’une MBC dont l’interrogation dans le journal télévisé était de savoir qui a payé les Rs 2 millions de caution de Bruneau Laurette, en oubliant – dans un souci d’équilibre – d’interroger l’entourage de celui-ci ! La MBC n’a pas eu l’idée de demander à Dip ce qu’il en est des preuves – attendues par les citoyens – que la police dit détenir et qui n’ont pu être produites jusqu’ici ! Dip aurait pu également nous expliquer pour quelles raisons, l’enquête policière n’est toujours pas bouclée au bout de quatre mois, le DPP y faisant d’ailleurs référence dans son communiqué. «The DPP urges the police to complete the investigations within a reasonable time so that the case file could be sent to the DPP forthwith hereafter for a decision to be taken.»

 

Si cette déclaration de guerre qu’a lancée le commissaire de police est dangereuse, c’est parce qu’elle traduit une fois de plus la tentative de mainmise du pouvoir sur nos institutions, avec en ligne de mire le bureau du DPP, convoité par un MSM qui était prêt à tout pour satisfaire ses ambitions ! Il fut arrêté (heureusement) dans sa folie par un PMSD clairvoyant, dont la démission collective en 2016 a rendu service à notre démocratie !  C’est à postériori que nous pouvons réaliser tout le mal que cela aurait fait à notre pays si le MSM avait pu, comme il le voulait, mettre sous tutelle le DPP, qui, heureusement, de Boolell à Ahmine, nous donne foi dans l’indépendance de quelques rares esprits à la tête de nos institutions !

 

Ce n’est pas seulement le contenu de la déclaration du commissaire de police qui interpelle mais également le timing qui n’échappe pas à la troublante coïncidence d’avec les commentaires du Premier ministre, annonçant «l’influence de la mafia sur quelques institutions» ! Un discours, comme l’ont dénoncé plusieurs voix, renvoyant une mauvaise image de notre pays, le Premier ministre lui-même n’ayant pas confiance en nos institutions ! Quelles sont ces personnes et organisations auxquelles Jugnauth fait allusion ? Est-ce qu’il voit l’instillation de la mafia uniquement au sein des plateformes indépendantes qui échappent au contrôle de son gouvernement ?

 

Ce bras-de-fer auquel nous assistons mérite dénonciation et vigilance parce qu’il n’est pas un acte isolé. Il survient sur toile de fond d’un État policier dans lequel nous sommes atrocement embourbés à la veille des 55 ans de notre Indépendance : continuation des lâches convocations de journalistes et avocats aux Casernes centrales, arrestation des politiciens opposants qui osent manifester (à l’exemple des membres de LPM vendredi dernier) et apparition de vidéos hautement diffamatoires envers les professionnels  du judiciaire sans qu’aucune sanction ne soit prise, les lois de la cybercriminalité ne s’appliquant pas à tous !

 

Quand l’on ajoute la pratique de l’intense débauchage dans les partis de l'opposition pour rejoindre la majorité, quand nous assistons à toutes ces étincelles communales que l’on essaie d’allumer pour monter les uns contre les autres, il n’y a aucun doute : nous sommes en pleine dictature et le chemin semble être celui de non-retour. Car ceux qui détiennent le pouvoir ne reculeront devant rien.

 

Sans limite ! Aucun respect des postes constitutionnels, de nos lois et institutions…