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Spéculations, perception et coïncidence !

Les questions sont légitimes, les doutes compréhensibles ! Parce que la liberté de la presse reste un important enjeu démocratique, parce qu’elle n’est pas une affaire des médias, mais relève du droit des citoyens. Si le licenciement d’un journaliste (Al Khiz Ramdin, Radio Plus) provoque autant d’émoi et de commentaires sur la toile, c’est parce qu’il survient dans un climat malsain où toutes les formes de répression sont habituellement utilisées par le pouvoir pour faire taire les voix indépendantes !

 

Opposants politiques, syndicats, médias, citoyens engagés… Les manoeuvres dictatoriales sont régulièrement utilisées pour museler les opinions contraires d’un gouvernement qui ne respecte pas les règles démocratiques incluant des relations presse-pouvoir conflictuelles ! Du coup, la mise à l’écart – à tort ou à raison – du populaire Al Khiz, connu pour ses directs passionnés, provoque des interrogations.

 

Même si un employeur a tous les droits et des raisons de se séparer d’un des siens au regard de fautes graves commises ou de contrat de travail non respecté, même si les journalistes ne sont pas au-dessus de tout soupçon, c’est le contexte d’une presse sous surveillance qui donne lieu à toutes sortes d’interprétations, fondées ou pas !

 

Sans communication officielle dans le cas de Ramdin, les citoyens ont noté celle du directeur de l’information de Radio Plus, Nawaz Noorbux, qui, en toute transparence, dans un poste sur Facebook, se dit «surpris» et «extrêmement peiné par cette décision prise» alors qu’il n’était pas au pays. Une position brave, démontrant son soutien à un ancien membre de son équipe qu’il n’a pu sauver malgré toutes ses démarches «en coulisses».

 

Si la sanction subie par le détenteur de la carte de presse est sans doute (aux yeux de sa direction) à la hauteur des bévues commises, le public, lui, ne regarde pas cet acte de manière isolée ! Toutes les spéculations sont permises, y compris la perception d’un rétrécissement de la démocratie ! La coïncidence veut que cette situation survient quelques semaines après les incidents inacceptables qu’a subis le journaliste Murvind Beetun, contraint à la démission.

 

Qu’a-t-on noté depuis ? Qu’une bande de voyous (incluant des policiers), qui s’est permis d’agresser et d’intimider un journaliste sur son lieu de travail, est toujours impunie, alors même qu’il y a eu des dépositions formelles et que des images vidéos montrent clairement l’identité des agresseurs ! Quand l’on sait qu’à la base, toutes ces perturbations avaient lieu parce que certains tentaient de prendre le contrôle d’une émission sur une radio privée, on peut comprendre une opinion publique qui craint des menaces sérieuses sur la liberté de la presse !

 

Certes, il n’y a pas que ce gouvernement qui choisit de voir les médias sous l’angle d’un adversaire, alors que c’est un pivot majeur dans un pays démocratique ! On se souvient des coups de sang de Ramgoolam, de ses discours virulents (parfois à la limite de l’insulte) contre certains journalistes et des médias indépendants au temps où il était Premier ministre. On se rappelle de ces têtes qu’il réclamait (de la MBC) s’il n’était pas satisfait de certaines couvertures de la télévision publique.

 

Aujourd’hui, il semble que le pouvoir politique, qui a la mainmise sur pratiquement toutes les institutions, ne veut plus se contenter, au niveau des médias, d’avoir uniquement la MBC sous sa coupe. Les sanctions sont connues : suspension de licence de radio, convocations de journalistes aux Casernes centrales, boycott des titres par la publicité gouvernementale…

 

À une année des élections, alors que l’on peut déjà ressentir la montée d’une certaine pression dans le paysage médiatique, l’on assiste parallèlement à un regroupement des journalistes à travers une nouvelle association (voir en page 12). Elle permettra aux membres d’adhérer à la charte d’Éthique Mondiale des Journalistes, dépassant ainsi le cadre de la Government Information Service (GIS), seule instance locale habilitée à délivrer les cartes de presse. Une passerelle salutaire, à un moment où les gens des médias doivent faire preuve de courage face à un pouvoir autoritaire qui ordonne de courber l’échine !

 

Pourtant, l’on sait tous que la presse reste un important enjeu démocratique et que les relations presse-pouvoir seront toujours difficiles, chacun défendant sa posture ! Il n’y a aucun mal à cela, tant que le respect est mutuel, tant que l’honnêteté prime de tous les côtés et tant que chaque partenaire reste à sa place ! Parce que la liberté de la presse n’est pas une affaire des médias, mais relève du droit des citoyens !

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