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Du sparadrap sur la plaie du viol

L’acte antidémocratique a été savamment et tyranniquement calculé ! Une annonce dans le compte-rendu du Conseil des ministres portant le sceau d’un certificat d’urgence dont le public prend connaissance un vendredi soir. Une conférence de presse le lendemain permettant au ministre Teeluck de justifier l’injustifiable renvoi des élections municipales, une longue séance parlementaire mardi, au bout de laquelle, vers trois heures du matin, les amendements sur la loi régissant les collectivités locales sont votés.

 

En quatre jours, le Premier ministre a pu violer notre démocratie, par peur d’affronter l’électorat urbain, avec la complicité de toute une équipe à sa solde, sans que personne – encore moins ses partenaires d’alliance – n’ait osé se mettre debout pour défendre les lois de la République de notre pays ! Le MSM impose son agenda politique, choisit un timing lui permettant de voter une loi anticonstitutionnelle, prive l’opposition parlementaire d’un temps de réaction, ce avec la complicité du président de la République qui, en prolongeant le mandat des conseillers municipaux de deux ans supplémentaires, se substitue à l’électorat !

 

Pire, le gouvernement fait diversion, sous couvert de réformes, en faisant miroiter certaines grandes idées afin de provoquer des débats stériles, sachant que ces suggestions-là finiront dans un tiroir poussiéreux : parité homme-femme, organisation de plusieurs scrutins le même jour (générales, municipales, villageoises), consultation avec les partis de l’opposition parlementaire et extraparlementaire pour dégager un consensus. Un prétexte tout trouvé pour masquer les véritables intentions des dirigeants et totalement trompeur quand l’on sait – et Duval, leader de l’opposition, l’a rappelé – qu’il y a eu un comité interministériel mis sur pied en 2015, qui a déjà fait plusieurs recommandations sur les réformes électorales.

 

L’objectif n’échappe à personne : le gouvernement, entouré de ses communicants, veut à tout prix ramener l’attention sur de soi-disant mesures progressistes pour faire oublier la scandaleuse confiscation des droits des citoyens ! La stratégie, construite de manière machiavélique, comprend, aussi, le volet de l’annonce de la présentation du Budget le 2 juin. Les débats pré et post-budgétaires qui occuperont l’actualité, ont pour but de faire oublier le coup de poignard totalitaire planté dans le dos des citoyens. Dès lors, l’on peut s’attendre à ce que le Budget du vendredi 2 juin serve aussi les intérêts du gouvernement qui ne lésinera pas sur des mesures populistes pour jeter davantage de la poudre aux yeux (crédules ?) des citoyens.

 

D’où les spéculations sur le grand oral de Padayachy, celui qui a la charge de passer du sparadrap sur la plaie provoquée par le viol de la démocratie ! L’intention du ministre des Finances est de faire oublier l’essentiel : que nous avons affaire à une équipe dangereuse, qui ne manque jamais de se prendre pour les propriétaires du pays, ceux-là ne lésinant sur aucun moyen pour rester au pouvoir, sachant qu’ils gouvernent avec un faible taux électoral (37%), et que les échéances démocratiques repoussées leur donnent un sursis pour continuer à régner.

 

Parallèlement, la mainmise sur les institutions, que les débâcles n’arrêtent pas – on vient d’assister à une double claque envoyée par le judiciaire (les charges provisoires rayées contre Valayden, arrêté par la striking team il y a peu, et celles également rayées contre l’ancien principal pharmacist à qui on voulait faire porter le chapeau dans la révoltante affaire Molnupiravir) –, et l’instillation progressive d’un climat de frayeur font partie d’une stratégie élargie d’un gouvernement usant de tous ces leviers pour pervertir notre démocratie.

 

Pour toutes ces raisons, la vigilance doit être une obligation. L’initiative de Rezistans ek Alternativ, que ce soit l’action symbolique de la marche dans les rues de Port-Louis ou le «common call», se traduisant par une lettre signée de tous les partis de l’opposition, les partis de l’opposition extraparlementaires ou encore des citoyens engagés, est salutaire et saine dans la dénonciation d’une dérive dictatoriale. Tout comme le regroupement d’une partie de l’opposition, avec l’un des porte-parole (Valayden) annonçant pour bientôt une action en cour afin de contester le renvoi des municipales. Reste à observer la réaction de l’opposition traditionnelle qui, pour l’heure, à part la condamnation unanime – avec raison – ne fait aucun état d’action future concrète, si ce n’est que leurs équipes travaillent dessus, comme mentionné lors de la conférence commune du trio Ramgoolam-Bérenger-Duval ce samedi ! Est-ce que le leader du PMSD va céder à la demande pour que ses conseillers bleus municipaux démissionnent ou craint-il que ceux-là passent collectivement dans le camp MSM, en fragilisant du coup son parti et son leadership ?

 

En attendant toutes ces réponses, l’équipe gouvernementale respire, jubile et regarde le curseur s’éloigner de l’indigne décision du renvoi des municipales. L’acte antidémocratique a été savamment et tyranniquement calculé !

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