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Agaléga dans les pas des Chagos ?

Amère ironie ! C’est en Inde que le Premier ministre parle Chagos et discute du droit de souveraineté de Maurice sur cet archipel avec son homologue britannique Rishi Sunak. En Inde toujours, Pravind Jugnauth exprime sa gratitude à Modi qui soutient notre pays dans sa bataille pour la récupération du territoire des Chagos. Est-ce que dans les années futures, on assistera au même exercice de la part d’un Premier ministre mauricien qui va devoir alors négocier la souveraineté sur Agaléga ?

 

C’est l’opposition parlementaire, qui, par la voix de Bérenger, revient à la charge cette semaine en réclamant «qu’une délégation de l’opposition puisse faire le déplacement à Agaléga pour en finir une fois pour toutes avec cette affaire de base militaire», tandis que Boolell rappelle que le chef du gouvernement a l’obligation de dire toute la vérité sur ces accords Jugnauth-Modi tenus secrets jusqu’ici !

 

Invité privilégié du G20, Jugnauth, dans les communiqués officiels, se précipite pour annoncer la poursuite des discussions sur les Chagos, alors que son nouveau ministre des Affaires étrangères, le controversé Gobin, faisait comprendre qu’il y a eu plusieurs rounds d’échanges à ce sujet. 

 

Si le Premier ministre est prompt à faire état de ses négociations sur les Chagos, en revanche, il continue d’entretenir des suspicions autour des travaux à Agaléga, lieu qui, pour lui, n’est pas devenu une base militaire si on en croit sa réponse à la dernière PNQ. Doit-on rappeler que la presse indienne ne s’est jamais embarrassée de délicatesse sémantique et a depuis longtemps identifié Agaléga comme étant une base militaire indienne ?

 

Pendant que Jugnauth continue de nier ce qui semble être une évidence, pendant qu’il évite d’utiliser le terme approprié et préfère mettre ces nouveaux développements sur le dos d’une meilleure sécurité maritime dans l’océan Indien, les Agaléens, eux, découvrent progressivement une similitude entre leur histoire et celle des Chagossiens.

 

Plusieurs familles venues à Maurice pour des soins de santé, des femmes s’étant déplacées pour accoucher peinent à retourner dans leur île. Alors que quelques Agaléens ont pu trouver une place à bord du dernier trajet du Trochetia, d’autres, restés à terre, vivent dans des conditions déplorables, à huit dans une chambre, quand ce ne sont pas 15 personnes qui partagent les mêmes cuisine et toilettes, comme on pu le découvrir dans le reportage de l’express dimanche en date du 10 septembre. Dans ce même article, on apprend, à travers un témoignage, que lors de la dernière traversée retour, des Indiens et des officiels auraient, eux, trouvé de la place au détriment des Agaléens, forcés de continuer leur vie précaire à Maurice.

 

Interrogé ce vendredi par la presse sur les difficultés de ces natifs qui n’arrivent pas à regagner leur demeure, le Premier ministre a lancé un laconique «bizin atan», «pa ti ena plas». Jugnauth a aussi répondu sur la demande des membres de l’opposition souhaitant faire le déplacement à Agaléga en les invitant à faire leur réservation en marge du prochain trajet du bateau. Le chef du gouvernement veut ainsi faire croire qu’il suffit de faire un booking pour que le voyage puisse se faire. Alors que tous ceux qui ont déjà tenté d’aller à Agaléga savent que c’est un véritable parcours du combattant auprès de l’OIDC avant d'obtenir les autorisations nécessaires.

 

En attendant, les opérations se poursuivent à la vitesse grand V dans l’archipel et on annonce la fin des grands travaux pour bientôt. Port pouvant contenir frégates et destroyers, piste d’atterrissage de trois kilomètres, construction d’immenses hangars pour accueillir avions de chasse et avions de surveillance navale : les nouvelles infrastructures stratégiques sont prêtes ! Et le chef du gouvernement nie toujours le terme de base militaire, en continuant de regarder ailleurs, préférant celle de la direction des cadeaux et du soutien généreux de Modi, dont la dernière aide est l’acquisition de 200 autobus électriques.

 

Pour ne pas répondre aux interrogations de l’opinion publique, la défense de Jugnauth est connue : faire croire que les questions légitimes visent à critiquer la Grande Péninsule alors qu’il s’agit des demandes d’éclaircissements et d’explications sur une partie de notre territoire et du sort des Agaléens qui y vivent, ceux-là craignant des restrictions de leur liberté de mouvement par rapport à la présence indienne ! Mais ne voilà-t-il pas que Jugnauth préfère parler uniquement des Chagos tout en faisant état des discussions dont l'objectif est la restitution de notre territoire ! Est-ce que dans des années futures, un Premier ministre va devoir faire le même exercice pour réclamer, cette fois, le droit de souveraineté sur Agaléga ?